Un ancien sanatorium, tombé dans l'oubli depuis sa fermeture en 2008, revient sur le devant de la scène. En Saône-et-Loire, c'est le colosse de béton de Bergesserin que le Loto du patrimoine a choisi de sauver.
Le Loto du patrimoine dévoile sa sélection 2026. En Saône-et-Loire, la mission patrimoine portée par Stéphane Bern, a retenu l'ancien sanatorium de Bergesserin, un imposant édifice du XXe siècle niché au cœur du Clunisois, dont la réhabilitation doit en faire un pôle d'activité économique artisanale et culturelle.
Construit entre 1919 et 1952, le sanatorium de Bergesserin a longtemps accueilli des patients atteints de tuberculose, offrant un cadre de soin et de convalescence à des milliers de malades pendant plus de cinquante ans. Après sa fermeture en 2008, le site s'était peu à peu dégradé jusqu'à devenir, selon la Fondation du patrimoine, un lieu de "non-droit".
Depuis 2021, des chantiers participatifs menés avec des bénévoles ont permis de nettoyer et de sécuriser les lieux et d'y installer plus d'une vingtaine de structures économiques, artisanales et artistiques. La toiture a également été refaite en 2024-2025.



Portée par la Communauté de communes du Clunisois, en lien avec la commune de Bergesserin, la Fondation du patrimoine et l'association InCluniso, la suite du projet doit transformer le bâtiment en "Maison de la Transmission du Geste", dans une logique d'économie circulaire et de valorisation des savoir-faire.
L'argent récolté grâce au Loto du patrimoine doit financer une première tranche de travaux, à savoir le remplacement des fenêtres de l'ensemble de la façade principale dans le respect de l'architecture caractéristique du début du XXe siècle.
L'objectif de collecte a été fixé à 80 000 euros, tandis que le montant total des travaux est évalué à plus de 260 000 euros (hors taxes). Comme pour chaque projet lauréat, la Fondation du patrimoine apportera un financement complémentaire proportionnel au montant des dons.
La Saône-et-Loire n'en est pas à sa première sélection. En 2025, c'est le tinailler du château de Berzé-la-Ville, ancien chai abritant un pressoir du XVIIe siècle, et jouxtant la célèbre Chapelle des Moines, qui avait été désigné lauréat départemental. Ce bâtiment, autrefois lié au doyenné de l'Abbaye de Cluny, doit à terme être transformé en salle de réception et d'événements avant une ouverture au public.
Avec Bergesserin, c'est donc un tout autre visage du patrimoine local qui est mis à l'honneur cette année : non plus un édifice religieux ou castral, mais un ancien lieu de soin du XXe siècle symbole d'une histoire sociale plus récente du département.
Pour en savoir plus sur l'ancien sanatorium de Bergesserin, en Saône-et-Loire
Qu'est-ce que le Loto du patrimoine et à quoi sert-il ?
Lancée en 2018 à l'initiative d'Emmanuel Macron, la "Mission Patrimoine" a été confiée à Stéphane Bern, nommé quelques années plus tôt "Monsieur Patrimoine" par l'Élysée. Le principe, une partie des sommes misées sur des jeux dédiés de la Française des jeux (aujourd'hui FDJ United), jeux à gratter et tirages spéciaux, est reversée à la Fondation du patrimoine pour financer la restauration de monuments menacés de disparition partout en France.
Chaque année au tout début du mois de septembre, une sélection de sites est dévoilée, un "site emblématique" par région et, surtout, un projet par département choisi parmi les dossiers déposés par des collectivités des associations ou des propriétaires privés.
Pour l'édition 2026, une centaine de sites ont été retenus à l'échelle nationale, dont plus de la moitié appartiennent à des communes et plus d'un tiers concernent du patrimoine religieux.
Les jeux "Mission Patrimoine" sont mis en vente du 7 au 21 septembre, avec jusqu'à 1,5 million d'euros à gagner pour les joueurs. Le montant précis de la dotation accordée à chaque site lauréat n'est connu qu'en toute fin d'année, une fois les ventes de tickets comptabilisées. Les particuliers peuvent aussi tout au long de l'année faire un don directement sur la page de chaque projet ces dons étant déductibles des impôts.
Depuis sa création le dispositif a permis de collecter plus de 210 millions d'euros et de soutenir la restauration de plus de 1 080 sites à travers le pays.
Sollicité dans nos colonnes, Stéphane Bern avait résumé sa conception du patrimoine comme cause nationale : renoncer à protéger cet héritage serait selon lui "un hara-kiri culturel". Il rappelait aussi que plus de la moitié du patrimoine français se situe dans des communes de moins de 2 000 habitants en faisant selon lui l'un des rares facteurs d'égalité entre villes et campagnes.
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