Virginie Carton
Virginie Carton, directrice générale d’OnlyLyon Tourisme & Congrès

Tourisme à Lyon : "Nous enregistrons une baisse de 4 % des nuitées", alerte Virginie Carton

Virginie Carton, directrice générale d'OnlyLyon Tourisme et Congrès, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

L'année 2026 a débuté sous de moins bons auspices que 2025 pour le tourisme lyonnais. En cause notamment, l'absence du Sirha, le grand salon international de la restauration organisé tous les deux ans à Lyon. " Nous sommes en retrait sur les quatre premiers mois de l'année. Nous enregistrons une baisse de 4 % des nuitées et de 2,7 % du taux d'occupation ", explique Virginie Carton. La directrice générale d'OnlyLyon Tourisme et Congrès pointe également un ralentissement des séminaires et voyages d'affaires, conséquence selon elle d'un contexte économique et géopolitique qui pousse les entreprises à davantage de prudence. Une situation qui dépasse toutefois le seul cadre lyonnais : " C'est une tendance générale dans les grandes métropoles françaises ", souligne-t-elle.

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Un été porté par l'attractivité de la destination

Malgré ce recul, les indicateurs avancés restent encourageants pour les mois à venir. Les recherches en ligne concernant Lyon progressent sur plusieurs plateformes de réservation, tandis que les premières données disponibles montrent une stabilité, voire une légère hausse des réservations estivales. " Lyon a beaucoup à offrir : la gastronomie, la culture, la diversité de son offre hôtelière ", rappelle Virginie Carton. Dans un contexte où les voyageurs accordent une attention croissante au rapport qualité-prix, la métropole entend également mettre en avant des offres comme la Lyon City Card. L'office de tourisme poursuit par ailleurs ses campagnes de promotion en France, en Europe mais aussi en Amérique du Nord, tout en continuant à miser sur sa position stratégique au sein de la Vallée de la Gastronomie.

Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, nous allons parler de tourisme et de retombées économiques. Pour cela, nous recevons Virginie Carton, directrice générale d'OnlyLyon Tourisme et Congrès, l'office de tourisme de Lyon. Bonjour Virginie Carton, merci d'être venue sur notre plateau.

Nous allons rentrer dans le vif du sujet. D'abord, comment s'est passé ce début d'année 2026 du point de vue du tourisme et des congrès, puisque c'est aussi votre intitulé et c'est important de le rappeler ? On n'oublie pas que Lyon est également une ville de congrès. Comment s'est passée cette année ?

Alors, c'était un début d'année un peu en retrait par rapport à 2025 pour plusieurs raisons. D'abord parce que 2026 est une année sans Sirha. Vous savez, nous avons ce rythme tous les deux ans avec ce salon majeur à Lyon, un événement qui attire énormément de monde. Il y a aussi eu une actualité événementielle, concerts, etc., un peu moins dense. Clairement, nous observons aussi un attentisme, voire un retrait, de la part des entreprises sur tout ce qui concerne les séminaires et les voyages d'affaires. Or, c'est un pan d'activité important pour nos hôteliers.

Et les entreprises sont prudentes à cause de la conjoncture économique ? Je pense que cela fait déjà un an que les investissements sont un peu freinés.

Je vais aussi parler du contexte géopolitique international qui, forcément, pèse sur certaines entreprises et les conduit à gérer leurs priorités différemment. Je pense que cela peut également expliquer certains comportements des consommateurs. Dans ce contexte, nous sommes en retrait sur les quatre premiers mois de l'année.

Nous enregistrons une baisse de 4 % des nuitées et de 2,7 % du taux d'occupation. Cela résiste plutôt bien, mais nous sommes effectivement un peu en retrait.

Et est-ce propre à Lyon ou est-ce une tendance générale dans les grandes métropoles ?

C'est une tendance générale dans les grandes métropoles françaises. On peut mettre Paris et Nice un peu à part, car elles ont des caractéristiques particulières et notamment des aéroports internationaux qui les rendent un peu moins dépendantes de l'activité économique locale. Mais oui, nous échangeons beaucoup avec nos homologues et nous constatons les mêmes tendances.

Ça, c'est pour le bilan. Maintenant, parlons un peu des perspectives. Nous ne sommes pas encore en été au moment où nous enregistrons cette émission, même si les températures sont déjà là. Quelles sont les tendances qui se dessinent pour cet été ? Avez-vous déjà des taux de réservation intéressants ? Un profil de visiteurs qui se dessine ? Comme vous l'avez dit, il fait chaud. Lyon demeure-t-elle attractive pour le tourisme de loisirs, notamment pour les touristes régionaux, qui constituent souvent une part importante de la fréquentation ?

Je pense que, justement, dans un contexte qui reste incertain, la France et Lyon disposent d'une offre très intéressante. C'est à la fois une destination rassurante, où l'on se sent en sécurité par rapport à d'autres pays, notamment sur les questions de transport, et une destination qui reste séduisante

Lyon a beaucoup à offrir : la gastronomie, la culture, la diversité de son offre hôtelière. Ce sont des atouts très intéressants. En plus, nous savons que nos visiteurs sont satisfaits, donc nous avons une promesse forte à délivrer.

Du côté des prévisions, nous avons constaté, par exemple sur Hotels.com, qui appartient au groupe Expedia, une progression importante des recherches concernant Lyon depuis le début de l'année. Sur Booking également, nous faisons partie des villes françaises qui enregistrent les plus fortes progressions en matière de recherches.

Il faut savoir qu'aujourd'hui les voyageurs effectuent énormément de recherches sur Internet. Ils peuvent passer entre une et trois heures à préparer leur voyage avant de réserver.

Nous avons donc un beau potentiel, car il y a beaucoup d'intérêt pour la destination. Concernant les réservations, nous disposons d'un observatoire cofinancé par la Chambre de commerce et d'industrie et la Métropole de Lyon, avec le cabinet MKG, qui est connecté aux outils de réservation d'un échantillon d'hôtels. À ce jour, nous observons une stabilité, avec une très légère progression sur la période estivale.

Cela représente quels taux de réservation ? Disposez-vous déjà de données précises ou est-ce encore trop tôt ?

Virginie Carton :
Ce sont des taux de réservation qui ne sont pas forcément très parlants à ce stade, car ils évoluent constamment. Comme je vous le disais, les recherches sont nombreuses. Le phénomène des réservations de dernière minute, que nous observions déjà beaucoup, s'est encore accentué. En fonction de l'événementiel, de la météo ou de l'actualité, les gens réservent ou non au dernier moment.

Vous avez évoqué la conjoncture internationale. Peut-être que le fait que les gens voyagent moins à l'étranger, notamment en raison de l'imprévisibilité du transport aérien et de l'augmentation des prix des billets d'avion, peut jouer. On a l'impression, au regard de ce que l'on voit dans les médias, que le contexte énergétique reste compliqué. Cela pourrait-il avoir un impact positif sur le tourisme de proximité ? Je ne sais pas si c'est le bon terme, mais en tout cas sur le tourisme dans les villes et territoires français ?

Pour nous, la proximité inclut aussi l'Europe. Nous bénéficions d'une excellente desserte ferroviaire, avec des tarifs qui restent relativement stables par rapport à d'autres moyens de transport. Nous faisons donc tout notre possible pour transformer cette situation en opportunité

Nous avons mené de nombreuses campagnes digitales depuis le début de l'année, notamment sur Meta, via Facebook et Instagram, sur nos marchés européens traditionnels. Nous avons également travaillé avec Hotels.com pour valoriser la destination.

C'est un peu le cœur de votre stratégie. Nous arrivons à la fin de l'émission, mais l'idée est donc surtout d'attirer des visiteurs qui ne viennent pas de trop loin ? Vous ne ciblez pas prioritairement les Chinois ou les Américains ?

Les Chinois, non. En revanche, les Américains, oui. Nous sommes présents aux États-Unis et au Canada. Nous menons d'ailleurs des campagnes digitales avec Expedia qui ciblent spécifiquement ces marchés.

Nous travaillons ces clientèles sur place, avec des opérations de relations médias, notamment aux côtés de l'agence régionale Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme.

Sous une marque qui s'appelle la Vallée de la Gastronomie, et dans laquelle Lyon est évidemment incontournable.

Absolument. Dans la Vallée de la Gastronomie, entre la Bourgogne et la Provence, Lyon occupe une place incontournable

Et il y a toujours cette volonté de séduire la majorité des visiteurs lyonnais, qui proviennent souvent de la région Auvergne-Rhône-Alpes ou des régions limitrophes ? Cette stratégie reste d'actualité ?

Oui, c'est une proposition très pertinente, notamment pendant l'été. Une étude Ipsos publiée récemment montre que 80 % des Français souhaitent partir en voyage. En revanche, la question du rapport qualité-prix devient de plus en plus importante.

Dans ce contexte, nous avons des offres intéressantes à proposer, notamment notre Lyon City Card, disponible pour un, deux, trois ou quatre jours. Lorsqu'on additionne le coût des musées, des transports et des différentes activités, elle permet parfois de réaliser jusqu'à 50 % d'économies. Nous essayons donc de développer des produits et des offres qui répondent à ces enjeux de priorisation budgétaire.

Très bien. Ce sera le mot de la fin. C'est toujours trop court, les 6 minutes chrono. Merci, Virginie Carton, d'être venue dans notre émission.

Merci beaucoup.

Quant à vous, si vous avez suivi cette émission, vous pouvez retrouver davantage d'informations sur l'activité économique et le tourisme sur le site de Lyon Capitale. Je vous dis à très bientôt.

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