La Fondation pour le logement publie son rapport annuel sur la situation du mal-logement en région AuRa, et plus largement en France. Focus sur le pouvoir d’action des élus locaux.
La Fondation pour le logement a échangé avec une douzaine d’élus régionaux engagés, dont le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, ainsi que Gaëtan Pauchet, adjoint au maire de Chambéry en charge du logement. La directrice régionale de la Fondation pour le logement, Vanessa Brossard, précise que "tout ne repose pas dans les mains des municipalités". Plus de 350 000 personnes ne possèdent pas de domicile fixe en France.
Des territoires engagés
La Fondation pour le logement rappelle que les villes de Lyon et Villeurbanne ont signé la Déclaration des droits des personnes sans-abri. "Deux territoires qui s'engagent", souligne Vanessa Brossard. "On est la ville qui ouvre le plus de domiciliations sur toute la métropole", rappelle de son côté le maire de Villeurbanne.
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"Ils sont la preuve que certaines mairies vont au-delà de leurs compétences. Il faut le faire, c’est en réalité incontournable", déclare la Fondation pour le logement. La mise à disposition de logements communaux est déjà un acte d’accompagnement. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, poursuit : "Certains vont jusqu’à financer un hébergement social puis se retournent vers l’État pour un remboursement, puisque cela relève de leurs compétences".

Un nombre de constructions historiquement bas
Le nombre de constructions neuves a atteint un niveau historiquement bas. En 2025, seuls 33 100 nouveaux logements ont été commencés dans la région AuRa, contre 50 600 en 2019. C’est le niveau le plus bas des 25 dernières années. Le nombre de demandeurs de logements sociaux a, quant à lui, augmenté de 36 % de 2019 à 2025 sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur cette même période, ce sont 12 % d’attributions de logements sociaux en moins qui ont été accordées. En 2025, pour une seule attribution, il y avait six demandeurs. Une tendance qui confirme les impression comme le souligne Cédric Van Styvendael : " Ça fait 20 ans que ça ne va pas mieux. C'est désespérant, mais il ne faut pas lâcher."
Les vieux logements sociaux, dont les loyers sont bas, sont démolis car ils sont souvent en mauvais état. Mais lorsqu’ils sont reconstruits, les loyers sont revus à la hausse en raison de l’amélioration des caractéristiques du logement. Cependant, "le prix devient bien trop élevé pour les anciens locataires", explique Vanessa Brossard.
Une offre qui ne répond pas à la demande
Seulement, 2/3 des demandes de logements sociaux sont des PLAI, autrement dit les logements sociaux les plus accessibles. Cependant, les logements PLAI ne représentent qu’1/3 des logements sociaux construits. Cela amène donc la création d’une importante file d’attente pour un accès aux logements. D’autres personnes sont donc amenées à vivre dans des logements au-dessus de leurs moyens.
David Charretton, bénévole à l'agence régionale a vécu 8 ans à la rue. "J'ai un appartement depuis 2 ans mais je n'y vais pas. C'est un non-sujet pour moi". "Les factures à payer en plus du loyer sont une charge supplémentaire auxquelles ne sont plus préparées les personnes qui ont vécu longtemps à la rue", confie l'un de ses proches. "Au final, dormir dans mon hamac c'est ma liberté", conclu-t-il.
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