Immersion au sein du foyer Notre-Dame des Sans-Abri, principal collecteur, trieur et revendeur de textile sur la métropole lyonnaise.
Au milieu des nombreux bacs et sacs de vêtements travaillent les 10 employés permanents de Notre Dame des Sans-Abri ainsi que les 35 à 40 personnes en contrat d’insertion. Ensemble, ils participent à la collecte, au tri et à la revente de ces textiles.
15 000 tonnes de textiles sont achetées chaque année par les Français. 33 % des textiles jetés sur la métropole sont collectés. Le foyer Notre Dame des Sans-Abri est le principal collecteur, trieur et revendeur de la métropole lyonnaise. "Le foyer reçoit entre 3 et 5 tonnes de textile par jour", assure Jean-Nicolas Carrelet, responsable collecte et tri du foyer.

Un tri méticuleux
Chaque vêtement est classé en catégories, selon son état. Les vêtements en mauvais état ou de mauvaises qualité sont appelés "écrémés". "La crème" désigne quant à elle les vêtements en bon état et "la crème de la crème" désigne les habits en très bon état, de marque, ou qui s’inscrivent dans une tendance actuelle.
Pour Léa, valoriste, la mécanique est rodée : fouiller dans les bacs à la recherche des "pépites". Elle connaît les attentes des magasins dans lesquels les vêtements sont revendus. Elle réalise alors des sélections personnalisées pour chacun d’entre eux. "En 10 minutes, j’ai identifié 9 pièces", déclare-t-elle. "La grande majorité des vêtements que l’on reçoit sont féminins. Les femmes changent plus souvent de vêtements, en suivant les tendances. Les quelques vêtements masculins que l’on reçoit sont souvent très abîmés", détaille-t-elle.

En moyenne, un vêtement fait le tour du circuit de tri en deux à trois jours. Suite à cela, ils sont soit placés sur des portants à destination des magasins, ou ils sont stockés en contre-saison. En effet, le nombre de vêtements récoltés est bien plus conséquent au printemps et à l’automne au moment des changements de garde-robe. Les vêtements collectés actuellement sont alors mis de côté pour l’hiver prochain.
Le "marché" caché du textile
Le Bric-à-Brac et les points d’apport volontaire (PAV) sont les principaux moyens de dépôt de vêtements. Le ramassage des 90 PAV est réalisé 1 à 2 fois par semaine. "Il est extrêmement rare que les bacs débordent. Souvent, lorsque c’est le cas, c’est qu’une personne s’est amusée à bloquer le tourniquet", déclare Jean-Nicolas Carrelet. "Le textile est un très bon marché pour les connaisseurs. 1 tonne de textile peut rapporter 3 000 à 4 000 €. Les gens attendent donc que des sacs soient déposés à côté des conteneurs pour les récupérer", dénonce-t-il.
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Une partie finira sur les marchés d'Afrique.