Rémi Zinck, maire Les Ecologistes du 4e arrondissement de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Le maire du 4e arrondissement de Lyon évoque les projets qui pourraient être remis en cause par la cohabitation entre une majorité municipale écologiste et une Métropole de Lyon Grand Coeur lyonnais. Il pointe notamment les sujets liés aux mobilités comme les Voies lyonnaises du boulevard des Canuts ou du cours d'Herbouville. L'élu écologiste évoque aussi le boulevard de la Croix-Rousse : "La prochaine étape devait concerner la surface : électrification du marché, plantation d’arbres, réaménagement des trottoirs, intégration d’une piste cyclable. Aujourd’hui, tout cela est en suspens. Des réunions sont prévues pour savoir si la métropole souhaite poursuivre le projet tel qu’il a été défini ou y mettre un terme".
Rémi Zinck enjoint aussi Véronique Sarselli à remettre en oeuvre la zone à faibles émissions (ZFE) maintenant que le Conseil constitutionnel a décidé de sa réintroduction : "J’ai été surpris, voire choqué, de voir Madame Sarselli se réjouir de la suppression temporaire de la ZFE. C’est une mesure qui vise à améliorer la santé des habitants. La ZFE n’est pas parfaite, mais elle constitue un levier important pour améliorer la qualité de l’air".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Rémi Zinck
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Rémi Zinck. Vous êtes maire écologiste du 4e arrondissement. Nous avons déjà reçu des maires d’arrondissement pour évoquer les projets en cours et ceux qui pourraient être compliqués à mener en raison du climat de cohabitation entre la ville et la métropole. Dans le 4e arrondissement, quels sont les projets aujourd’hui en suspens ou fragilisés par cette situation ?
Comme vous le soulignez, nous sommes en début de mandat et la métropole prend ses marques. Il y a un projet emblématique entamé lors du mandat précédent : la requalification du boulevard de la Croix-Rousse. Depuis plus de deux ans, un travail a été mené sur les réseaux souterrains : eau, électricité, gaz, télécommunications. La prochaine étape devait concerner la surface : électrification du marché, plantation d’arbres, réaménagement des trottoirs, intégration d’une piste cyclable. Aujourd’hui, tout cela est en suspens. Des réunions sont prévues pour savoir si la métropole souhaite poursuivre le projet tel qu’il a été défini ou y mettre un terme.
Les pistes cyclables semblent particulièrement visées par la nouvelle majorité métropolitaine. Or, le 4e arrondissement a longtemps été en retrait sur ces aménagements. Si ces projets ne se concrétisent pas, est-ce un problème majeur ? Certains ont aussi été reportés car jugés impopulaires.
Il y a plusieurs projets concernés. La voie lyonnaise vers le boulevard des Canuts et celle du cours d’Herbouville, attendue par les habitants, notamment en lien avec Caluire. Les discussions ont été difficiles et le projet, pourtant prêt à être mis en œuvre, a été stoppé juste avant les élections. Nous attendons désormais de savoir s’il sera relancé.
Des maires d’arrondissement d’opposition disaient souvent qu’ils avaient peu de marges de manœuvre. Vous êtes dans la majorité à la ville mais en opposition à la métropole. Avez-vous le sentiment que votre rôle sera moins influent ?
Nous verrons. Ce qui est certain, c’est que les arrondissements de la majorité ne sont pas seuls : ils s’appuient sur l’équipe municipale et le maire de Lyon. Lyon représente plus de 500 000 habitants, soit plus d’un tiers de la population de la métropole. J’espère que la métropole ne négligera pas ce poids. Cela concerne aussi d’autres communes comme Villeurbanne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin ou Saint-Fons, qui ne sont pas dirigées par la majorité métropolitaine mais représentent une part importante de la population.
Les premières décisions de la métropole donnent le sentiment d’un retour en arrière : remise en cause de rues aux enfants, arrêt de certains financements comme pour le festival du vélo. Avez-vous l’impression que la droite supprime ce qu’elle juge trop marqué à gauche ?
On peut le penser, et ce serait regrettable. La droite n’a pas été au pouvoir à la métropole depuis longtemps, et elle peut être tentée de marquer une rupture avec les politiques précédentes. Pourtant, il y a eu une forme de continuité ces dernières années, avec une accélération sur certains sujets comme le vélo. Supprimer ces politiques pour satisfaire un électorat plus radical serait, à mon sens, une erreur. Le vélo concerne aujourd’hui toutes les catégories de population, bien au-delà d’un électorat écologiste. Nous continuerons à tendre la main tout en rappelant le poids démographique de la ville.
Allez-vous demander à la métropole d’accélérer sur la zone à faibles émissions (ZFE) ? Elle avait été annulée avant d’être rétablie. Faut-il aller plus vite, notamment sur l’interdiction du diesel prévue en 2028 ?
J’ai été surpris, voire choqué, de voir Madame Sarselli se réjouir de la suppression temporaire de la ZFE. C’est une mesure qui vise à améliorer la santé des habitants. La ZFE n’est pas parfaite, mais elle constitue un levier important pour améliorer la qualité de l’air. Elle ne doit pas être perçue comme une punition, mais comme un outil de transformation. Il faut accompagner les personnes les plus modestes, qui dépendent de leur véhicule, dans leur transition. Mais il faut surtout accélérer le développement des transports en commun. C’est cela qui permet de rendre la métropole accessible à tous et de réduire durablement la pollution.

La ZFE n'ayant jamais généré de contrôle n'a jamais été une vraie contrainte.
Ceci à l'image de la voie de covoiturage sur la m6 m7 qui est saturée de véhicule avec un seul occupant
Décidément pas les mêmes visions des ZFE et par extension de la société...
Lire "Elle ne doit pas être perçue comme une punition, mais comme un outil de transformation. Il faut accompagner les personnes les plus modestes, qui dépendent de leur véhicule, dans leur transition", ce n'est pas prendre en compte les difficultés des plus modestes voire ceux qui sont classés comme "pauvre" !
Une analyse juste et sincère de la situation serait bienvenue. Comment les "travailleurs" - pour reprendre une expression venant de gauche - peuvent-ils investir dans l'achat d'un véhicule électrique ? Les aides sont bien trop faibles pour leur permettre cette mutation. On peut imaginer que les transports en communs seraient suffisamment diversifiés, fréquents et fiables pour pallier cette difficulté. Est-ce le cas ? Certainement pas...
Alors ces "pauvres" doivent habiter dans Lyon et la métropole. C'est une bonne idée. Mais peuvent-ils assumer le coût du logement dans Lyon et sa périphérie ? Là encore, certainement pas !
Conséquence : une segmentation sociale des individus dans notre ville. Ceux qui sont les plus aisés ou aidés peuvent revendiquer de rester au coeur de la métropole, les autres s'expatrient vers les banlieues souvent lointaines.
Bien jouer l'autoritarisme a vertu gauchisante !!
Les autorités dites compétentes auraient-elles réfléchies aux conséquences financières et pratiques de l'interdiction de circuler des véhicules à partir du critère 3 dans nos rues à partir de cet été ? A croire que non ! La vente ou la mise à la casse de ces véhicules fera plonger leur valeur vers les abîmes appauvrissant encore plus leur propriétaire. Comment peut-on réfléchir de la sorte et avec autant de directivisme ?
La vérité viendrait elle d'une raison budgétaire ? A croire que oui ! En cas de refus de la mise en place des ZFE par "notre" gouvernement, son administration, la Commission Européenne nous appliquera une amende de 4 milliards d'Euros. Etant donné la décrépitude de la France, adieu la souveraineté... et baissons la tête vers ces décisions peu réaliste.
Bien entendu, la contre vérité vient de la lutte antipollution et pour l'écologie. Là encore regardons les faits. Les voitures anciennes ont été homologuées à un instant "t" qui les autorisent à circuler. Les refuser sur nos routes aujourd'hui ressemble à un abus de pouvoir. Ces véhicules n'ont pas été remplacés par des véhicules plus acceptables pour ceux qui sont soit disant compétents. Produire des voitures répondant aux critères de ZFE polluent également voilà un fait.
Enfin, les véhicules électriques polluent aussi : plus lourds, plus grands et plus gros pour encaisser le poids des batteries, ils émettent plus de particules fines au freinage même avec si certains ont des freins dits ''régénératifs'. Tandis que leurs pneus plus gros produisent plus de poussières et déchets que pour des véhicules caractérisés d'"historiques" et dont l'espérance de "vie" est réduite ! Un exemple factuel : à Paris les analyses font été d'un pic de pollution à proximité des stations de métro. Pourquoi alors que les rames fonctionnent à l'électricité ? Tout simplement parce que les métro reposent sur des pneus et freinent fort ! Ce qui entraîne une dernière question tout aussi essentielle : comment lutter contre cette nouvelle pollution de particules ? Merci par avance pour votre réponse...