SDMIS sapeurs-pompiers
Le sous-préfet du Rhône s’est rendu à la caserne de Saint-Priest pour féliciter les équipes de sapeurs-pompiers mobilisés. Crédit : Loane Carpano

Sécheresse dans le Rhône : les pompiers renforcent leur dispositif face au risque d'incendie

Représentant de l'Etat, sapeurs-pompiers et membre de l'ONF étaient réunis à Saint-Priest, ce vendredi 9 juillet, pour évoquer la situation de sécheresse particulièrement tendue dans le département.

Après une semaine mobilisés sur l'incendie de Die, dans le Drôme, ils étaient une vingtaine de sapeurs-pompiers à sortir du bus pour rejoindre la caserne du  Service Départemental-Métropolitain d'Incendie de Secours (SDMIS) de Saint-Priest ce vendredi 10 juillet au matin. L'équipe rhodanienne s'est mobilisée jour et nuit pour aider ses collègues drômois à maîtriser l'incendie de végétation en cours, ayant déjà brûlé plus de 3 700 hectares. Une opération éprouvante, où deux pompiers ont été légèrement blessés.

Dans le Rhône, les incendies de végétation se succèdent également. Des phénomènes en lien avec l'épisode de fortes chaleurs et de sécheresse en cours, entraînant une mobilisation massive des sapeurs-pompiers. "Nous sommes dans une situation opérationnelle qui est particulièrement dense, puisque la période de canicule a amené à ce qu'on ait un secours à la personne assez important. En en même temps, il faut que nous puissions être capable de mobiliser nos moyens, à la fois pour nos propres besoins sur le territoire, mais aussi en renfort sur les autres territoires", indique Stéphane Gouazec, directeur du SDMIS.

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Une stratégie en lien étroit avec l'ONF

Face à cette situation exceptionnelle, et alors que la surface brûlée est déjà deux fois plus importante que ce celle constatée l'été dernier à la même période, le SDMIS renforce sa stratégie d'action. Pour cela, les sapeurs-pompiers du Rhône travaillent en lien étroit avec l'office national des forêts (ONF). "Nous agissons sur le suivi de la végétation et nous communiquons avec le SDMIS et la préfecture pour indiquer à quel moment nous basculons sous les 30 % d'humidité dans les végétaux", explique Dominique Deniau, référent défense des forêts contre les incendies à l'ONF.

En lien avec cette analyse de l'ONF, le SDMIS déploit des moyens dans les zones les plus sensibles. "Nous positionnons nos moyens pour avoir une force de frappe instantanée et rapide (...). Nous sommes complètement dans l'analyse et une posture de réactivité incessante", indique le colonel Lionel Chabert, directeur des groupements territoriaux. Sur ce modèle, une dizaine de sapeurs-pompiers ont été envoyés dans la zone particulièrement sensible de Givors, par mesure de prévention. "Nous prépositionnons des équipes formées avec des moyens dédiés, prêts et engagés dès que le centre d'appel est contacté", précise le colonel.

Les équipes de l'ONF mobilisées, attestent d'un état de la végétation fortement dégradé au cours de la semaine dernière. "Pour l'instant, à l'intérieur des forêts, on reste sur des arbres qui sont encore verts, mais on a une situation que nous rencontrons normalement début août", alerte Dominique Deniau. La plupart des végétaux vivants ne contiennent quant à eux plus que 2 à 10 % d'humidité. Une situation jugée d'"inquiétante" et "sévère" par l'ONF.

Neuf incendies sur dix sont d'origine humaine

Afin de faire face à ces périodes de plus en plus récurrentes et éprouvantes pour les sapeurs-pompiers, le SDMIS prévoit de déployer plusieurs mesures de sécurité. "Il fait très chaud et nous travaillons dans des conditions qui sont extrêmes, donc nous sommes en train de faire grandir notre capacité à faire du soutien opérationnel, en amenant notamment, des infirmiers et des médecins sur les interventions", explique le colonel. En parallèle, le SDMIS affirme qu'il aura besoin d'avoir plus de personnels disponibles sur la période estivale, mais aussi des actions de formation et une augmentation de moyens.

En déplacement à la caserne de Saint-Priest pour remercier et échanger avec les sapeurs-pompiers mobilisés, le sous-préfet du Rhône, Lucas Turgis, à quant à lui tenu à rappeler la marche à suivre : " La période de sécheresse et de canicule qui favorise un certain nombre d'autres facteurs, entraîne des risques d'éclosion maximum pour les jours à venir." Avant de poursuivre : "J'appelle à l'attention du grand public sur la nécessité d'être vigilant, de respecter les conseils de prudence, notamment autour des espaces naturels et agricoles et forestiers qui sont particulièrement vulnérables et susceptibles de s'embraser rapidement." Des recommandations d'autant plus nécessaires que neuf incendies sur dix sont d'origines humaines.

Un constat ayant conduit le préfet du Rhône à prendre un arrêté, interdisant les feux d'artifice dans les communes où les feux d'artifice seraient tirés à moins de 500 mètres d'espaces naturels, agricoles, ou forestiers. La ville de Lyon n'est pas concernée.

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