François-Noël Buffet, sénateur LR et président du groupe Grands Coeurs lyonnais à la Métropole de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Candidat malheureux à la présidence de la Métropole de Lyon à quatre reprises, François-Noël Buffet, sénateur LR, joue désormais un rôle de fédérateur auprès de Véronique Sarselli. Il a été élu président du groupe Grands Coeurs lyonnais qui regroupe 90 élus des LR aux centristes. "Ce groupe est de représentation diverse. C’est celui qui a permis de gagner l’élection métropolitaine. Il faut maintenant le faire vivre. Faire vivre un groupe de plus de 90 personnes dans une collectivité comme la métropole, c’est une première. Nous sommes dans la majorité, donc nous devons soutenir l’exécutif, mais aussi jouer notre propre rôle. Il faut entendre tout le monde, écouter chacun et avoir une ligne directrice commune, qui, jusqu’à présent, me paraît assez bien déterminée", précise-t-il.
Le sénateur LR du Rhône évoque aussi le rôle que doit avoir la Métropole de Lyon et notamment dans son rapport aux communes : "la métropole de Lyon s’est construite sur les communes pendant quarante ans. En 2020, celles-ci ont été un peu mises de côté au profit d’une logique de collectivité unique. La loi le permettait, mais la gouvernance était plus verticale. Aujourd’hui, l’équipe en place est dans une logique de rupture. L’idée est de redonner de la considération aux territoires, aux maires et aux conférences territoriales, afin de mieux contractualiser et écouter. Cela n’empêche pas l’existence de projets et de stratégies métropolitaines, qui devront être déclinés sur chaque territoire. Il s’agit de faire coexister ces deux dimensions".
La retranscription intégrale de l'entretien avec François-Noël Buffet
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons François-Noël Buffet. Bonjour. Vous êtes sénateur Les Républicains du Rhône et président du groupe Grand Cœur Lyonnais à la métropole de Lyon. C’est une collectivité avec laquelle vous avez un rapport particulier : vous avez longtemps été candidat à la présidence. Vous êtes aujourd’hui président du groupe de la majorité de Véronique Sarselli. Ce groupe est constitué de républicains, mais aussi d’élus issus de la société civile et de différents mouvements centristes. Fallait-il un sénateur habitué aux compromis pour occuper ce poste ?
Peut-être. On ne m’a pas fait cette confidence. Dans tous les cas, ce groupe est de représentation diverse. C’est celui qui a permis de gagner l’élection métropolitaine. Il faut maintenant le faire vivre. Faire vivre un groupe de plus de 90 personnes dans une collectivité comme la métropole, c’est une première. Nous sommes dans la majorité, donc nous devons soutenir l’exécutif, mais aussi jouer notre propre rôle. Il faut entendre tout le monde, écouter chacun et avoir une ligne directrice commune, qui, jusqu’à présent, me paraît assez bien déterminée.
Vous mettez votre expérience de cette collectivité au service de cette majorité. Est-ce un rôle de sage ?
J’ai toujours dit que je ne voulais pas être candidat à la présidence de la métropole. En revanche, j’étais disposé à rendre service. On m’a demandé de présider ce groupe, et je le fais volontiers, avec enthousiasme et avec la conscience que c’est un travail important.
Les premiers pas de Véronique Sarselli donnent le sentiment d’un retour vers le passé dans le fonctionnement de la métropole, avec un modèle proche du Grand Lyon, au service des communes. Certains évoquent aussi une volonté de tourner la page des écologistes. Partagez-vous cette analyse ?
Je ne la conteste pas dans son principe. On peut le voir ainsi, mais on peut aussi y voir un retour à un équilibre souhaitable. La métropole de Lyon s’est construite sur les communes pendant quarante ans. En 2020, celles-ci ont été un peu mises de côté au profit d’une logique de collectivité unique. La loi le permettait, mais la gouvernance était plus verticale. Aujourd’hui, l’équipe en place est dans une logique de rupture. L’idée est de redonner de la considération aux territoires, aux maires et aux conférences territoriales, afin de mieux contractualiser et écouter. Cela n’empêche pas l’existence de projets et de stratégies métropolitaines, qui devront être déclinés sur chaque territoire. Il s’agit de faire coexister ces deux dimensions. La métropole est une collectivité puissante, avec des moyens et des compétences importants. Mais elle ne doit pas se construire au détriment des territoires. Il existe une histoire avec les communes, qu’il ne faut pas négliger. Il faut en tenir compte tout en poursuivant le développement de cette collectivité.
Les relations entre la métropole et la ville de Lyon ont pu vous être défavorables par le passé. Comment doivent-elles fonctionner aujourd’hui ?
Les relations avec la ville centre, qui compte 500 000 habitants, doivent être contractualisées et ouvertes à la discussion. Il ne peut pas y avoir de conflit permanent entre la métropole et la ville de Lyon. Il y aura des sujets clivants, mais il faut trouver des solutions. Il y aura des désaccords, mais il est possible de construire davantage d’accords. Il en va de même avec les autres grandes villes de la métropole, comme Villeurbanne, Caluire, Oullins-Pierre-Bénite ou Saint-Priest. Il faut prendre en compte les particularités de chaque territoire pour construire une stratégie métropolitaine cohérente. Cette stratégie dépasse d’ailleurs le territoire local. La métropole de Lyon doit aussi être pensée à l’échelle régionale et nationale. C’est la première métropole française après l’Île-de-France, avec un rôle important.
Cela implique-t-il des compromis, notamment sur des projets comme la rive droite du Rhône ?
C’est ce qu’il faut rechercher. Les questions de mobilité sont centrales. L’aménagement de la rive droite du Rhône a des conséquences en matière de circulation. Il faut donc réfléchir à une organisation globale des mobilités à l’échelle de l’agglomération. Chaque projet doit s’inscrire dans une vision cohérente afin d’éviter les polémiques et de construire des solutions durables.
Des polémiques ont émergé dès le premier conseil métropolitain, notamment sur les indemnités ou les moyens accordés à l’exécutif. La rigueur budgétaire est-elle remise en cause ?
Ces débats existent dans toutes les collectivités. Il a fallu ajuster certaines décisions en fonction de l’évolution des indices de la fonction publique. Concernant les véhicules, il ne s’agit pas de voitures de fonction individuelles, mais d’un parc mutualisé utilisé selon les besoins liés aux fonctions. Il peut y avoir des économies à réaliser, mais ce n’est pas le principal enjeu. Les responsabilités à la métropole nécessitent un engagement à temps plein. Les ajustements réalisés tiennent compte de cette réalité. Par ailleurs, la métropole a ouvert davantage de participation à l’opposition dans certaines instances, ce qui n’était pas toujours le cas ailleurs.

N'empeche que ce khmer à 50% avec son budget 4 fois inferieur à ceux de la métropole et de la région, va être obligé de tendre la main pour chaque décision importante. Un comble pour un arrogant !