Le projet de réforme des groupes politique, concernant une augmentation du seuil minimal d'élus dans un groupe, a été adopté en conseil métropolitain.
Comme prévu, la nouvelle présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a présenté son projet de réforme des groupes politiques lors du conseil métropolitain tenu ce mercredi 22 avril. Malgré un amendement déposé et de larges contestations de la gauche, le seuil nécessaire pour constituer un groupe politique à la Métropole de Lyon s'établit désormais à cinq élus.
Le projet a été voté par une majorité de conseillers métropolitains, privant LFI et le PCF de disposer d'un groupe à la Métropole. Pour rappel, Gérard Collomb, David Kimelfeld et Bruno Bernard avaient tous fixé le seuil à deux élus. Véronique Sarselli avait néanmoins estimé "qu'à deux on ne faisait pas un groupe". "Pour moi deux élus c'est une expression individuelle un peu élargie ce n'est pas un vrai groupe et si ça ne vous plait pas peu importe" a d'ailleurs réitérée, assez séchement, la présidente lors du conseil.
Un amendement de la gauche retoqué
Largement contesté par les partis de gauche, qui dénonçaient alors "un déni de démocratie", le projet de réforme a été soumis à un amendement porté par la gauche, dont les Ecologistes, le PCF ou encore LFI. Cet amendement visait à diminuer le seuil de cinq, à trois élus minimum par groupe. Un chiffre qui aurait suffi aux Insoumis et aux Communistes pour constituer leur groupe : "Il nous parait nécessaire que l'ensemble des sensibilités politiques désignées par les électeurs puissent participer de façon pleine et entière au débat et aux décisions en disposant des moyens d'un groupe politique", a justifié Léna Arthaud, élue communiste.
Voté à bulletin secret, l'amendement n'a néanmoins pas obtenu assez de voix pour être adopté. Les groupes politiques de moins de cinq élus, à savoir le PCF et LFI, ne pourront donc pas se former. En conséquence, ils ne disposeront pas des moyens d'un groupe politique, à savoir, l'enveloppe de fonctionnement permettant à chaque groupe d'embaucher une personne pour l'assister, de louer du matériel ou des locaux.
"Vous ne voulez pas vous réunir"
Face aux critiques de la gauche, la nouvelle présidente n'a pas hésité à rejeter la faute sur les élus concernés : "Vous avez tout à fait le droit de vous réunir comme vous l'étiez avant sous l'ancien conseil métropolitain, où ça ne vous a pas gêné, maintenant vous ne voulez pas vous réunir c'est comme ça", a-t-elle lancé avant d'ajouter : "Moi ce qui m'étonne c'est que sous l'ancien mandat il y a eu des regroupements politiques avec des groupes, il y a eu une campagne électorale avec un grand groupe qui s'appelait "Avançons Ensemble", et vous décidez de vous séparer au conseil métropolitain."
Si les trois groupes de gauche ne disposent pas d'assez d'élus pour former un groupe, Véronique Sarselli rappelle que "chaque élu métropolitain garde ses droits" et notamment celui "de faire des propositions". Sans groupe, les conseillers métropolitains seront néanmoins considérés comme non-inscrits lors des commissions.
Groupes de moins de cinq élus :
PCF : trois élus : Michèle Picard, Léna Artaud et Aline Guitard
LFI : trois élus : Idir Boumertit, Fatiha Didaoui et Gabriel Amard
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