La CGT agroalimentaire estime que la mort du jeune homme de 22 ans survenue sur le site Lustucru à Saint-Genis-Laval (Rhône) est "une des conséquences directes de la gestion imposée par le patronat."
La colère et la tristesse sont toujours vives. Après la mort d’un jeune homme intérimaire de 22 ans, happé par un laminoir à pâtes dans la nuit du 17 au 18 avril sur le site Lustucru Frais à Saint-Genis-Laval, la Fédération nationale de la CGT agroalimentaire estime dans un communiqué diffusé ce mardi qu’il s’agit "d’une des conséquences de la gestion imposée par le patronat aux travailleurs" et adresse ses "pensées" à la famille et aux collègues de la victime.
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Le PDG de Lustucru "n’a pas daigné se déplacer" au CSE ce lundi
Un "drame de l’exploitation capitaliste", souligne encore le syndicat, alors que "pour maintenir et augmenter leur taux de profit, les patrons de l’agroalimentaire n’ont que faire de la réglementation, de leurs obligations envers les salariés et sont prêts à tout." Sur le site installé au sud de Lyon, la direction "multiplie en permanence les entraves à l’activité syndicale et au déroulement du mandat des élus CGT au comité social et économique (CSE), qui n’ont de cesse de pointer les problématiques de sécurité dans l’usine", écrit-il toujours. Et d’ajouter : "Le dernier courrier de notre union syndicale régionale agroalimentaire et forestière du 20 mars 2026 pour des faits de discriminations syndicales et d’entraves graves au déroulement du mandat de notre délégué syndical est toujours sans réponse."
Un manque de considération de la part de la direction qui se traduirait par "des conditions de travail dégradées, des cadences infernales, des salaires bas, le travail de nuit, des accidents du travail, un non-accès à une formation professionnelle qualifiante reconnue dans les classifications et le salaire", tance toujours la CGT agroalimentaire. Qui précise par ailleurs que le PDG de Lustucru n’aurait participé qu’à "5 minutes en visio" et n’a pas "daigné se déplacer" lors du CSE qui s’est tenu lundi. "Mépris patronal sans borne !", lance l’organisation syndicale.
"Il doit être fait immédiatement la mise en conformité de toutes les machines"
Avant la reprise de l’activité sur le site, la CGT demande "immédiatement la mise en conformité de toutes les machines" ainsi que "les réparations de toutes les non-conformités présentes dans l’usine" et "des moyens et le respect des droits des élus pour effectuer leur mandat dans de bonnes conditions." Elle conclut : "La direction doit être mise devant ses responsabilités accablantes et notamment répondre à la question : pourquoi une usine de fabrication de pâtes devrait-elle tourner la nuit alors que ce n’est pas une activité essentielle, si ce n’est pour faire du profit ?"
Lundi, la direction de Lustucru assurait à nos confrères du Progrès que "la sécurité" de ses collaborateurs "a toujours été et demeure une priorité absolue de l’entreprise" et ajoutait qu’il "faudra donc comprendre comment un tel drame a été rendu possible."
Le site est toujours fermé ce mercredi et les 150 employés restent au chômage technique.
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