Gautier Chapuis
Gautier Chapuis

"Une victoire ne tient pas à la notoriété d’un homme", savoure Gautier Chapuis

Gautier Chapuis, adjoint écologiste à la Ville de Lyon, réélu ce dimanche soir, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

En janvier, quand les sondages étaient mauvais pour les écologistes, Gautier Chapuis, adjoint à la Ville de Lyon, affichait une confiance qui pouvait alors passer pour de la méthode Coué. Trois mois plus tard, Grégory Doucet a été réélu, de justesse, maire de Lyon. "Une victoire ne tient pas à la notoriété d’un homme, elle tient à une dynamique, elle tient à une équipe, elle tient à un projet qui est solide et qui répond aux attentes des habitants et des habitantes. C’est ce que nous avons prouvé dans cette campagne. Le jour où Grégory Doucet est entré en campagne, nous avons pu faire du terrain, aller à la rencontre des habitants et des habitantes et montrer que notre projet répondait à leurs attentes, à savoir le logement, la sécurité, la santé, l’adaptation de notre ville au réchauffement climatique. C’est cela, finalement, qui fait qu’au bout du compte nous gagnons", analyse Gautier Chapuis.

Coprésident du groupe Les Ecologistes au conseil municipal, il se projette sur un second mandat bien différent, dans une cohabitation avec la Métropole de Lyon : "On ne peut que déplorer que les divisions à gauche aient conduit à cette bascule. Maintenant, il y a des communes importantes comme Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Vénissieux et Lyon. Lyon est le centre de cette métropole. Ces communes devront être écoutées dans le projet qui sera mené très probablement par Véronique Sarselli. On ne pourra pas faire sans elles. Il faudra un exécutif à l’écoute et il faudra avancer projet par projet".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Gautier Chapuis

Bonjour à tous et bienvenue, vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction Lyon Capitale, et aujourd’hui nous sommes avec Gautier Chapuis. Vous êtes adjoint à la ville de Lyon, réélu conseiller municipal ce dimanche soir, en attente peut-être de redevenir adjoint ce vendredi. Cette victoire de Grégory Doucet, vous l’aviez annoncée sur ce plateau en janvier à une époque où personne ne pouvait vraiment vous croire, les sondages, la dynamique ne donnaient pas du tout à voir ce résultat. Comment expliquez-vous cette remontée surprise ? Est-ce qu’il y a eu une remontée ou, pour vous, vous avez toujours été mal positionnés dans les sondages ?

Pour moi, il n’y a pas de surprise à cette victoire. C’est vrai que je le disais sur votre plateau : une victoire ne tient pas à la notoriété d’un homme, elle tient à une dynamique, elle tient à une équipe, elle tient à un projet qui est solide et qui répond aux attentes des habitants et des habitantes. C’est ce que nous avons prouvé dans cette campagne. Le jour où Grégory Doucet est entré en campagne, nous avons pu faire du terrain, aller à la rencontre des habitants et des habitantes et montrer que notre projet répondait à leurs attentes, à savoir le logement, la sécurité, la santé, l’adaptation de notre ville au réchauffement climatique. C’est cela, finalement, qui fait qu’au bout du compte nous gagnons.

C’est vrai que vous aviez un programme lisible face à un candidat qui, dans les sondages, était très bon parce que c’était l’attrape-tout, mais finalement, quand les électeurs ont essayé de comprendre, le programme était moins clair.

Jean-Michel Aulas, c’est un écran de fumée. Derrière se cachent beaucoup de gens et beaucoup d’opportunistes, mais il n’y avait pas de projet, ou un projet très flou. On ne savait pas, par exemple, comment il allait financer son tunnel, on ne savait même pas combien il allait coûter ni s’il y avait des sorties dans Lyon. Tout cela compte ensuite dans l’échange avec les gens et dans les projets qui se font face. Il a aussi refusé les débats pour expliquer et exprimer sa vision de Lyon, alors que la nôtre a toujours été très claire. Elle repose sur une vision qui fait partie des valeurs de la ville de Lyon, humaniste, tournée vers l’avenir avec les progressistes. C’est cela qui fait que nous gagnons.

Pour vous, le jour où Jean-Michel Aulas présente son projet de tunnel, est-ce le début de votre remontée ? Est-ce qu’il ouvre une porte qui vous permet d’installer une campagne entre, comme vous l’avez dit, des projets d’un autre siècle, le béton, la voiture, face à vous ? Là, vous étiez sur un terrain favorable ?

Surtout, il ne répondait pas aux enjeux de notre temps et à ce qu’exprimaient les Lyonnais et les Lyonnaises, à savoir aller de l’avant sur une meilleure qualité de l’air. Avec un méga tunnel, on ne répond pas à cela. Mais cela n’a pas été le seul exemple. Il y a eu la gratuité des transports, la question des cantines : on ne savait plus qui allait payer quoi. Ce flou a finalement joué en notre faveur, avec un projet qui était sérieux : des maisons de santé, des cantines de quartier, une police de proximité. C’est cela que nous allons mettre en œuvre dès aujourd’hui.

Malgré tout, la victoire se joue à peu de choses : 2 800 voix d’écart. Jean-Michel Aulas opère lui aussi une remontée spectaculaire dans l’entre-deux-tours, il gagne 25 000 voix, soit 35 % de plus qu’au premier tour. Cet entre-deux-tours n’aurait-il pas fallu qu’il dure quelques jours de plus ? Y a-t-il eu une alliance de trop ?

Non, pas du tout. Il y a eu un rassemblement derrière des projets. Le projet du premier tour était le projet du second tour pour nous. En revanche, cette campagne ne devait pas durer davantage, car elle tombait dans l’outrance. Nous avons vu les affiches distribuées vendredi, qui font écho aux affiches rouges et qui sont une honte pour notre ville, capitale de la Résistance. Il fallait que cette campagne s’arrête. Elle s’est arrêtée de la meilleure des manières puisque nous avons gagné. Maintenant, il faut mettre le projet en place pour celles et ceux qui nous ont élus, mais aussi pour celles et ceux qui n’ont pas voté pour nous. Il faut les entendre et travailler dès aujourd’hui pour l’intérêt général de la ville.

Pendant six ans, Grégory Doucet a été au cœur de procès en illégitimité liés à l’élection de 2020 sur fond de Covid. Il a été taxé d’être un maire impopulaire. En campagne, on a vu un candidat avec une forme de fraîcheur, comme en 2020, qui a réussi à fendre l’armure. Pensez-vous que cette fois-ci il va éviter de revivre cinq années de communication difficile ? Comment créer ce lien avec les Lyonnais qui s’est fait pendant la campagne mais qui a été plus compliqué entre-temps ?

Il a endossé le rôle de maire et les responsabilités qui vont avec. Il a traversé cela avec une équipe. Nous étions tous derrière lui, mais il a dû faire face à des crises multiples : le Covid, l’inflation, la guerre en Ukraine, la crise démocratique avec les changements de gouvernement. Il a tenu. Aujourd’hui, ce que je remarque, c’est que l’homme qu’il est, avec ses valeurs issues de son passé humanitaire, est désormais perçu comme maire de Lyon. C’est heureux, car c’est ce qu’il est : un homme profondément progressiste qui aime sa ville. C’est pour cela que nous nous engageons derrière lui.

La métropole, en revanche, a basculé à droite, avec dix circonscriptions sur quatorze. Comment vous projetez-vous sur le prochain mandat à la ville de Lyon, sachant que la métropole ne sera plus là pour appuyer vos propositions ? Votre grand projet rive droite est probablement compromis. Qu’est-ce que vous allez pouvoir faire ? Est-ce que Grégory Doucet ne va pas devenir un maire sans pouvoir ?

D’abord, j’ai une pensée pour Bruno Bernard, qui a été un grand président de la métropole. On ne peut que déplorer que les divisions à gauche aient conduit à cette bascule. Maintenant, il y a des communes importantes comme Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Vénissieux et Lyon. Lyon est le centre de cette métropole. Ces communes devront être écoutées dans le projet qui sera mené très probablement par Véronique Sarselli. On ne pourra pas faire sans elles. Il faudra un exécutif à l’écoute et il faudra avancer projet par projet. Ce sera notre rôle dès jeudi et vendredi prochains.

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