Le maire de Givors interpellé à propos des vitraux du père Louis Ribes. Capture d’écran (vidéo transmise)

Le maire de Givors accusé d'avoir intimidé une victime du prête pédocriminel Louis Ribes

Luc Gemet, victime du père pédocriminel Louis Ribes, a interpellé le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, ce dimanche à propos des vitraux du prête toujours visibles dans l’église désacralisée Saint-Martin de Cornas.

Depuis 2022, le collectif des victimes du père Ribes, reconnu coupable de pédocriminalité par le Diocèse de Lyon, demande le retrait des vitraux du prête installés dans différentes communes du Rhône. C’est le cas notamment à Givors, où les vitraux sont toujours visibles dans l’église désacralisée Saint-Martin de Cornas, après que le maire a assuré en 2023 qu’il condamnait "très fermement le comportement de ce monsieur. Pour autant, est-ce qu’il faut tout enlever, tout supprimer ?", déclarait-il dans nos colonnes.

"Pourquoi vous soutenez un pédocriminel ?"

Ce dimanche 1er mars, Luc Gemet, l’une des victimes du père Louis Ribes, s’est rendu sur le marché de la commune du sud lyonnais aux côtés de sa femme et de sa fille pour l’interroger à ce sujet. Mais l’échange entre l’élu et sa famille s’est envenimé, comme en atteste une vidéo filmée par un témoin et transmise à notre rédaction. Dans celle-ci, on peut voir deux femmes interpeller vivement le maire de la commune : "Pourquoi vous soutenez un pédocriminel ?", clame l’une d’elles, tandis que le maire lui répond : "Je ne soutiens rien et des vitraux ont été enlevés". "Un seul ! Enlevez les vitraux du pédocriminel", rétorque la femme.

À ce moment-là, les deux femmes et Mohamed Boudjellaba réalisent qu’ils sont filmés. Le maire s’approche alors de l’homme, l’animateur du compte Tik Tok 100 % Givors, et lui demande d’arrêter. "Tu filmes pas", peut-on entendre. "Ce sont des menaces ?", lui lance l’homme, avant que le maire ne confirme : "Oui, ce sont des menaces". S’en suivent alors plusieurs secondes confuses où les propos du maire sont couverts par les mots de l’une des femmes aperçue plus tôt. "Assumez", crie-t-elle, tandis que le maire répète : "On ne me filme pas. Je vous le dis très clairement. Point barre". L’homme derrière la caméra s’indigne alors : "Mais qu’est-ce qui m’arrive, ce n'est pas possible ? C’est incroyable. Je me fais menacer en plein public".

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"L’intimidation d’aujourd’hui vient raviver cette violence"

Un échange dénoncé par le président de Mouv’enfants, Arnaud Gallais, ce dimanche. "Les conséquences psychotraumatiques des violences subies par Luc ont un impact sur toute sa famille. Cette souffrance ne relève pas du passé : elle est actuelle, quotidienne, imposée. L’intimidation d’aujourd’hui vient raviver cette violence", souligne-t-il. Il rappelle par ailleurs que "filmer un élu n’est pas un crime".

L’auteur de la vidéo assure, quant à lui, "avoir peur. Peur pour lui. Peur pour ses enfants". Il a porté plainte. "Dans une démocratie, filmer un élu dans l’espace public relève de la liberté d’informer. Menacer un citoyen parce qu’il tient une caméra est inacceptable", déplore encore Arnaud Gallais.

Pour rappel, une pétition lancée en 2023 pour exiger le retrait des vitraux récolte aujourd’hui plus de 15 000 signatures. Le père Louis Ribes "utilisait son art — séances de dessin, photographie — comme outil d’emprise et de viol sur des enfants entre les années 1960 et 1990. À ce jour, la mairie de Givors est la seule, sur onze communes, à s’opposer au retrait des productions de Louis Ribes, au nom d’un argument devenu insoutenable : la distinction entre l’homme et l’artiste. Mais ici, l’art était l’instrument du crime. On ne peut pas dissocier l’œuvre de l’emprise quand l’œuvre servait à violer", conclut le président de Mouv’enfants.

Lire aussi : Affaire Louis Ribes à Lyon : les témoignages affluent contre l'ancien prêtre

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