Présent à Lyon pour la première fois, le chorégraphe iranien Armin Hokmi nous plonge dans une danse hypnotique qui célèbre les arts vivants.
Ce mois de mars sera l’occasion de découvrir un artiste iranien jamais venu à Lyon, associé au festival international Montpellier Danse où il fut la révélation de l’édition 2024 avec Shiraz, la pièce qu’il présente à la Maison de la danse.
Exilé entre Oslo et Berlin depuis plusieurs années, il a d’abord été interprète dans un théâtre indépendant à Rasht en Iran, puis a développé au travers d’expériences multiples à l’étranger un travail sur la performance live entre théâtre et danse avec notamment l’objectif de créer des spectacles questionnant des notions préconçues de cultures et d’identités qui opposent par exemple l’Orient et l’Occident, la modernité et la tradition.
On retrouve cette préoccupation dans sa pièce inspirée du Shiraz Arts Festival qui s’est tenu de 1967 à 1977 dans la ville de Shiraz au sud de l’Iran, près des vestiges de Persépolis. Véritable lieu d’expérimentions artistiques, promouvant les arts aussi bien traditionnels qu’avant-gardistes, il a rassemblé des artistes du monde entier (Béjart, Cunningham, Xenakis, Wilson, Brook), avec également du théâtre nô et de la danse traditionnelle, prônant l’harmonie entre les nations et la liberté d’expression totale mais fut stoppé par la révolution islamiste de 1979.
Avec sept interprètes au plateau, le chorégraphe souhaite raviver le souvenir de ce festival oublié, imaginant sa renaissance sous la forme d’une performance dansée pour célébrer son attachement aux arts vivants et à leurs racines communes par-delà les frontières géographiques. Un travail, on s’en doute, pensé aussi comme une transposition politique dans un pays où la création artistique et la liberté d’expression sont violemment réprimées.
Une recherche collective et sensorielle
Le parti pris de l’écriture chorégraphique réside d’abord dans une expérience collective et sensorielle qui éprouve l’intériorité de chacun, sa capacité à rester à l’écoute de l’autre, qui permet aux danseurs et danseuses de tisser une trame de mouvements et de gestes d’une grande expressivité offrant une danse vibrante et hypnotique, empreinte de bonheur et de nostalgie qui se déploie et se replie au rythme d’une musique envoûtante faite d’electro beats et d’échos orientaux.
Les interprètes sont comme reliés à ce lieu du festival, sa terre, ils font surgir – à travers une gestuelle contemporaine et minimaliste mais traversée par l’histoire et les cultures d’Iran et toutes celles qui furent représentées lors de chaque festival – des mondes sensuels qui seraient capables de transformer notre rapport au spectacle vivant pour inventer à l’infini de nouveaux langages artistiques.
“Shiraz, dit le chorégraphe, se situe à la fois au cœur de formes connues et de gestes qui échappent à toute classification et reconnaissance, soulevant ainsi des questions d’authenticité et de représentation. Avec un attachement indéfectible aux impulsions indéterminées qui naissent de la rencontre entre les danseurs et les éléments de la pièce, elle met en lumière le travail collectif de mémoire et de danse partagée. Une pratique d’amour !”
Shiraz - Armin Hokmi – Les 17 et 18 mars à la Maison de la danse
