Dans une tribune et un post sur les réseaux-sociaux, le groupe du maire sortant "Vivre Lyon" démonte le programme de Jean-Michel Aulas jugé "infinançable".
Le maire sortant, Grégory Doucet et ses soutiens passent à l'attaque. Dans une longue tribune accordée à nos confrères d'Actu Lyon, suivie d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, les membres du groupe "Vivre Lyon" démontent un par un, les projets du candidat Jean-Michel Aulas. Gratuité des transports en commun, gratuité des cantines, recrutement de policiers municipaux... Des mesures "infinançables", selon Sandrine Runel, députée PS, Laurent Bosetti, adjoint au maire et Olivier Berzane, maire du 8e, signataires de la tribune.
Des projets "non financés, peu réalistes et non réalisables"
Selon les soutiens du maire écologiste, le programme du groupe Coeur Lyonnais, pour l'instant favori dans les sondages, ne serait pas réalisable au vu de son coût trop important pour la municipalité : "Les propositions de Jean-Michel Aulas et de Véronique Sarselli quittent le domaine du réalisme, du réalisable et du finançable", dénoncent-ils dans leur tribune. Pour cause, le groupe mené par Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli prévoit une liste de projets attrayants mais à très gros budget : "Entre le nouveau projet de méga-tunnel de 8 km sous Fourvière et Gerland à 4 milliards d’euros, le métro de Tassin à l’aéroport, ou encore l’Arena, à 6 milliards d’euros, la démesure est totale en matière d’investissements", alerte l'opposition, qui rappelle que ces projets "ne sont pas financés, peu réalistes et non réalisables."
A ces sommes déjà importantes, s'ajouteraient celles des coûts de fonctionnement annuels de la Ville, alourdis par les propositions de gratuité de Jean-Michel Aulas : "Gratuité des TCL (uniquement pour les Lyonnais) à 47 millions d'euros par an, gratuité de la cantine et du périscolaire à 30 millions d'euros par an, mesures sur la sécurité à 9 millions d'euros par an, et autres mesures pour plus de 24 millions d'euros par an", soit un total de 110 millions d'euros de dépenses supplémentaires par an, calcule le groupe "Vivre Lyon" qui martèle qu'une élection municipale "mérite du sérieux, de la transparence et de l’honnêteté."
"Une destruction massive des services publics de la Ville de Lyon"
Pour les soutiens de gauche, la conséquence de ces 110 millions d'euros supplémentaires par an seraient"soit une augmentation massive de la fiscalité locale, soit une destruction massive des services publics de la Ville de Lyon." Selon leurs calculs, 110 millions d'euros par an représenteraient la suppression de 2 200 agents publics, alors même que l'ancien président de l'OL annonce vouloir accélérer le recrutement de policiers municipaux.
Dans la suite de la tribune, les soutiens du maire sortant accusent leurs principaux adversaires de vouloir "supprimer des services publics". Le groupe "Vivre Lyon" en revanche, affirme vouloir"continuer à investir dans le service public" s'il est élu, sans toutefois donner plus de précision sur le sujet.
"Et au fait quand une ville est mal gérée, on ne peut pas la revendre"
En parallèle, Grégory Doucet a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux. Dans cette dernière, il répond au récent tacle de Jean-Michel Aulas, qui proposait à l'élu de"retourner à l'école", après qu'il ait jugé "d'abracadabrantesque" le projet de tunnel sous la ville de Lyon.
Assis dans une salle de classe, le maire écologiste calcule sur son ardoise les coûts du programme de l'ancien président de l'OL établis à 110 millions d'euros. "Pour trouver ces 110 millions d'euros, il faudrait supprimer les dépenses dans le sport, dans l'éducation, dans la petite enfance, dans l'éclairage urbain et dans les politiques séniors et solidarité", énumère Grégory Doucet, avant de lancer un dernier tacle à l'homme d'affaires : "Et au fait quand une ville est mal gérée, on ne peut pas la revendre".
Lire aussi :
- Municipales : statu quo entre Doucet et Aulas, l'ancien patron de l'OL largement en tête selon un nouveau sondage
- Lyon : "Ségrégation", "rente" pour les concessionnaires... Doucet fustige le méga-tunnel d'Aulas et Sarselli
- À Lyon, Jean-Michel Aulas tacle les propositions "hors sol" de Grégory Doucet
