Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas défendent, dans une lettre aux Grands Lyonnais, leurs projets très critiqués de métro E et de méga-tunnel sous Fourvière.
Vivement attaqués depuis plusieurs semaines, les deux projets phares de Jean-Michel Aulas et de Véronique Sarselli à la Ville et à la Métropole de Lyon ont eu le mérite de replacer la campagne sur le terrain des idées. Les candidats ont ainsi adressé un courrier aux Grands Lyonnais pour défendre leur vision des mobilités dans la métropole de Lyon.
Un péage pour les "non-métropolitains"
"Le coeur de notre ville demeure saturé par des flux routiers massifs, sources de pollution, de bruit, de congestion et de temps perdu", écrivent Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli. Ils défendent d'abord leur tunnel en posant un constat néanmoins erroné puisqu'ils assurent qu'une "bonne partie" des 110 000 véhicules qui traversent chaque jour le tunnel de Fourvière sont des flux "de transit régional et national".
Une idée répandue mais fausse, le trafic de transit ne représentant en moyenne qu'environ 15 % des flux traversant le tunnel. Dénonçant les "renoncement(s)" de Bruno Bernard, Aulas et Sarselli assurent que leur nouveau tunnel permettra de "sortir du centre-ville des flux qui n'ont rien à y faire". Au sujet du métro E, les deux candidats considèrent qu'il "offrirait enfin à l'ouest lyonnais une desserte rapide, et décarboné, donnant à des dizaines de milliers d'habitants une véritable alternative à la voiture".
"Ces infrastructures n'ont pas vocation à peser sur vos impôts ni sur l'endettement de la collectivité"
Le duo répond par ailleurs sur le financement des ces deux projets dont les coûts seront faramineux. Il estime le tunnel à environ deux milliards d'euros, là ou les spécialistes s'accordent plutôt sur quatre à huit milliards d'euros. Concernant le métro E, Véronique Sarselli estime sa première portion entre Tassin et Bellecour à 1,4 milliard d'euros. Sytral mobilités a estimé son coût à 1,5 milliard d'euros en 2022, chiffrage jamais réévalué depuis.
"Ces infrastructures n'ont pas vocation à peser sur vos impôts ni sur l'endettement de la collectivité. Les outils existent et sont éprouvés : des partenariats public-privé strictement encadrés, la mobilisation d'investisseurs de long terme, un péage modulable ciblé sur le trafic de transit - notamment les non-métropolitains - et l'appui des instruments publics dédiés aux grands projets d'intérêt général, au premier rang desquels la Caisse des dépôts, la Banque des Territoire et les financements européens", assurent Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli.
À noter qu'un péage ciblé sur le trafic de transit ne générerait que peu de recettes puisque le trafic de transit est largement minoritaire dans les flux que génèrera une nouvelle infrastructure routière. Et de conclure : "Ces projets s'inscrivent dans le temps long, celui des grandes viles qui pensent au-delà du mandat." Le binôme promet "une phase de réalisation conjointe au début des années 2030", un calendrier qu'il juge "exigent mais réaliste".
