Victor Gomez
Victor Gomez, directeur du concours international du gamay, dont la 16e édition se tient samedi 10 janvier 2026 à Lyon

"Un vin peut plaire aux professionnels, mais si le consommateur n’aime pas, cela ne fonctionne pas" soutient Victor Gomez

Victor Gomez, directeur du concours international du Gamay, qui se tient samedi 10 janvier à Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

150 dégustateurs. La moitié professionnels, l'autre moitié amateurs. Ils ont rendez-vous dans la matinée du samedi 10 janvier, à la Cité internationale, pour élire le meilleur gamay du monde.

Là est bien l'objectif de l'International du gamay, un concours qui en est à sa 16e édition. Après une première sélection, un "grand jury" re-dégustera les médaillés d’or les mieux notés afin d’élire le "Meilleur Gamay du Monde". En 2025, près de 730 échantillons - dont 228 vins récompensés d’une médaille d’or ou d’argent - en provenance de quatre pays (France, Suisse, Italie, Canada), ont été dégustés par 150 professionnels du vin et amateurs éclairés.

Cépage roi du beaujolais, au nord de Lyon et au sud de la Bourgogne, le gamay représentait en 2024 2,5% de la surface du vignoble français. On le trouve également en Suisse (cantons du Valais, de Vaud et de Genève), deuxième pays dans lequel il est le plus cultivé et troisième cépage rouge le plus courant. On le trouve aussi en Italie (Val d'Aoste), en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Bulgarie et en Australie.

Lire aussi : Vins médaillés : peut-on s'y fier ?

"Il faut savoir qu’en France, les concours sont réglementés par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, NdlR), explique Victor Gomez directeur du concours international du gamay. Il existe une liste officielle et des critères à respecter, comme le fait de ne médailler qu’un maximum d’un tiers des échantillons, de s’assurer que les vins ont bien l’appellation et que leur analyse est conforme. Les concours étrangers n’ont pas toujours ces règles, et certains médaillent effectivement beaucoup trop. En France, cette réglementation nous permet d’être vigilants. Quand un vin est médaillé, cela signifie que les deux tiers ne le sont pas : c’est donc le meilleur de sa catégorie. Un amateur de vin averti n’a pas forcément besoin d’un concours pour faire son choix, il se tournera vers des domaines qu’il connaît déjà. En revanche, une personne qui ne connaît pas utilisera la médaille comme repère pour son achat."

Le 16e concours international du gamay en chiffres
- Échantillons : 615 vins en provenance de 4 pays (France, Suisse, Italie, Brésil)
- Producteurs : 221 producteurs participants
- Dégustateurs : 150 jurés de 6 nationalités différentes (France, Suisse, Italie, US, Belgique, Pays-Bas)

Lire aussi : Un Beaujolais nommé meilleur gamay du monde lors d'un concours international


La retranscription intégrale de l'entretien avec Victor Gomez

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono 2026. Je me permets de vous souhaiter la bonne année à tous. Aujourd’hui, nous recevons Victor Gomez. Bonjour.

Bonjour Guillaume, merci beaucoup.

Victor Gomez, vous êtes directeur du Concours international du Gamay, qui se déroule samedi 10 janvier. C’est la 16ᵉ édition.

Exactement, cela fait déjà 16 lauréats, donc 16 lauréats du meilleur Gamay du monde.

Alors ce concours, il y a une question que l’on se pose tous : les vins médaillés, de manière générale, est-ce qu’on peut s’y fier ? Cela va être un peu la question sous-jacente à ce 6 minutes chrono. Déjà, est-ce que vous pouvez nous détailler la composition du jury du Concours international du Gamay ?

Il faut savoir que les vins sont dégustés à chaque table par quatre jurés. Il y a deux professionnels et un amateur. Le professionnel est surtout là pour garantir la conformité du vin, et l’amateur pour garantir le goût du consommateur. C’est ce qui est intéressant : avoir ces deux avis à chaque table.

Oui, parce qu’effectivement le goût du consommateur lambda, Monsieur et Madame Tout-le-Monde, c’est finalement un peu le goût de chacun.

Un vin peut plaire aux professionnels parce qu’il est conforme à l’appellation, mais si le consommateur n’aime pas, cela ne fonctionne pas. Nous voulons un vin qui plaise à tout le monde.

Qui plaise à tout le monde. Sur le protocole de dégustation et les notations, comment se déroule concrètement la dégustation ? Cette année, il y a 615 échantillons, comment cela se passe-t-il ?

Les vins sont classés par cépage, donc uniquement du Gamay. Les jurés ne savent pas ce qu’ils dégustent : ils ne savent pas s’il s’agit d’un Beaujolais-Villages ou d’un vin suisse. Ensuite, nous reclassons les vins par millésime et par terroir. Ce qui est intéressant, c’est qu’à table, le juré est là pour goûter du Gamay et vérifier si le vin correspond bien à ce cépage. Aujourd’hui, c’est un cépage dans l’air du temps, facile à boire, fruité, gouleyant. On n’y était pas forcément habitués, mais on travaille beaucoup dessus avec le Beaujolais : ce sont des vins qui peuvent désormais se garder dans le temps. On commence à voir des Beaujolais avec plusieurs années, qui sont de vrais vins de garde. C’est ce qui est intéressant dans ce concours : on arrive à sortir des millésimes anciens de Gamay.

Et qu’est-ce que vous appelez des millésimes anciens ?

On peut retrouver aujourd’hui des millésimes de cinq ans qui sont très bons. On arrive même à garder des Gamay de dix ans, parfois, et c’est incroyable.

C’est important, parce que dans l’esprit des gens, le Gamay est un vin fruité, croquant, mais un vin très jeune qui ne se garde pas. Au final, on peut en faire des vins de garde et les boire cinq ou six ans facilement.

Aujourd’hui, les vins très alcoolisés plaisent moins. Les consommateurs recherchent des vins avec des arômes de fruits, des vins agréables à déguster. Contrairement à certains vins de la vallée du Rhône, par exemple, qui peuvent avoir trop de soleil et trop d’alcool, ce n’est pas ce que recherche le consommateur.

Quels sont finalement les critères d’évaluation utilisés pour décerner les médailles ? On a souvent l’impression que dans les concours de vins, tous les vins sont médaillés, ce qui amène à se demander à quoi sert le concours. Comment cela se passe-t-il pour le Concours international du Gamay ?

C’est une bonne remarque. Il faut savoir qu’en France, les concours sont réglementés par la DGCCRF. Il existe une liste officielle et des critères à respecter, comme le fait de ne médailler qu’un maximum d’un tiers des échantillons, de s’assurer que les vins ont bien l’appellation et que leur analyse est conforme. Les concours étrangers n’ont pas toujours ces règles, et certains médaillent effectivement beaucoup trop. En France, cette réglementation nous permet d’être vigilants. Quand un vin est médaillé, cela signifie que les deux tiers ne le sont pas : c’est donc le meilleur de sa catégorie. Un amateur de vin averti n’a pas forcément besoin d’un concours pour faire son choix, il se tournera vers des domaines qu’il connaît déjà. En revanche, une personne qui ne connaît pas utilisera la médaille comme repère pour son achat.

Une étude de 2016, menée en 2025 par la Sicarex Beaujolais lors des Trophées des Beaujolais, avait montré que les vins dégustés en fin de concours obtenaient les meilleures notes. Comment gérez-vous ce biais ?

Nous avons constaté que les dégustateurs, amateurs comme professionnels, notent de manière assez similaire. Les moyennes données à table sont généralement très proches d’un dégustateur à l’autre. Ce que nous recherchons, c’est une dégustation unanime, aussi bien chez les professionnels que chez les amateurs. Ce qui nous importe, c’est que les meilleurs vins soient médaillés.

En tout cas, samedi 10 janvier, vers midi, sur les réseaux sociaux, nous connaîtrons le lauréat, le meilleur Gamay du monde 2026. C’était donc la 16ᵉ édition du Concours international du Gamay. Ici, à Lyon Capitale, nous défendons le Gamay, parce que c’est notre vignoble, le Beaujolais, et il faut le défendre. Merci Victor Gomez d’être venu sur le plateau de 6 minutes chrono. Je vous souhaite une excellente année 2026. À très bientôt, au revoir.

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