Un week-end et sept rendez-vous ! Avec le mini-festival Chapelle minimaliste, la Trinité nous dresse un portrait assez exhaustif d’un courant musical de plus en plus à l’honneur à Lyon – grâce notamment au travail du collectif Superspectives, ici encore à la manœuvre.
Apparu dans les années 60 sous la houlette de compositeurs états-uniens tels que La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass ou John Adams, le courant minimaliste s’imposait par une approche de la composition singulière qui tranchait alors avec les canons de la musique savante.
Parfois qualifié de postmoderne, le minimalisme renoue avec la tonalité, la pulsation régulière en s’affranchissant du sérialisme et empruntant au jazz, au rock, aux musiques improvisées, extra-occidentales ou électroniques.
Malgré les critiques des milieux “autorisés” accusant le courant de produire une musique de consommation, superficielle et “facile”, le caractère plus accessible de ces œuvres séduit un public large et diversifié là où la musique contemporaine “académique” peine à se démocratiser.
Souvent répétitif, planant ou très rythmique, le minimalisme (dans toute sa diversité) s’impose notamment dans des contextes de musique à l’image, pour le cinéma ou la télévision.
Bien que né aux États-Unis, le minimalisme s’exporte en Europe donnant lieu à une variété de genres s’en revendiquant.
Doté d’une incroyable dynamique, le minimalisme, loin de disparaître, connaît cependant un essoufflement et une baisse d’engouement à la toute fin des années 70, ce qui ne l’empêche pas d’infuser à travers d’autres genres comme les musiques populaires.
À Lyon, le minimalisme connaît depuis quelques années un nouvel essor à travers le travail de promotion réalisé par Superspectives (aujourd’hui installé à la Trinité). Avec Chapelle minimaliste, c’est un panorama d’un genre toujours en hybridation et tourné vers le crossover qui nous est offert le temps d’un week-end pour le moins dense.
Miroirs et crossover
Si 13 Visions nous plongera dans l’univers de deux compositrices – l’une médiévale, Hildegard von Bingen, l’autre actuelle, Pauline Oliveros – dont les œuvres se répondront en miroir, un second rendez-vous tentera de créer des ponts entre le très ancien et l’actuel. En confrontant le contrepoint de J.-S. Bach et le minimalisme de Steve Reich, un duo composé d’Anne-Catherine Vinay (clavecin) et Gilles Dumoulin (marimba) nous baladera de L’Art de la fugue à Piano Phase.
On retrouvera bien entendu Philip Glass avec Glassworks, interprété pour l’occasion au piano et à l’orgue de Barbarie par François Mardirossian et Alexis Paul et mis en image grâce à la création vidéo de Lionel Palun.
Le saxophoniste Raphaël Imbert confrontera lui le contrepoint de Bach et… John Coltrane, un concept qui laissera une large place à l’improvisation et mobilisera également Steve Reich.
Le public aura aussi la possibilité de découvrir la transe lo-fi du compositeur Tristan Perich ou d’assister au spectacle Bach on the beat du Concert de l’Hostel Dieu, mêlant baroque, hip-hop et minimalisme et réunissant cordes et beatbox par l’entremise des compositions de Clément Walker-Viry et des arrangements de Franck-Emmanuel Comte.
Une conférence-session d’écoute assurée par Camille Rhonat nous proposera en outre quelques clés et éléments contextuels à propos de ce fameux minimalisme.
Chapelle minimaliste – Du 27 février au 1er mars à la chapelle de la Trinité
