C’est l’un des spectacles les plus attendus de ce début d’année, Christophe Honoré rassemble ses comédiens et comédiennes fidèles pour livrer une adaptation scénique personnelle, entre cirque et cinéma, du chef-d’œuvre de Gustave Flaubert, Madame Bovary, avec Ludivine Sagnier dans le rôle-titre.
En 1857, le gérant de la revue dans laquelle Madame Bovary était paru en feuilleton, Léon Laurent-Pichat, l’imprimeur Auguste-Alexis Pillet et l’auteur Gustave Flaubert sont jugés pour “outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs”. Au cours de ce procès retentissant, l’écrivain fut blâmé pour “le réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture des caractères” puis acquitté. Et le roman devint un monument de notre littérature sur lequel ont planché des générations de lycéens. Un chef-d’œuvre dans l’analyse psychologique et la précision des descriptions. Et une peinture du réel implacable, scandaleuse à son époque, et due sans doute au fait que Gustave Flaubert s’était inspiré d’un fait divers qui avait secoué la France du XIXe siècle, où se mélangeaient crime et adultère dans une province ordinaire.
“Madame Bovary, c’est moi !”, déclarait Flaubert, s’identifiant aux malheurs de son héroïne, victime de la lâcheté et la médiocrité des hommes. Le metteur en scène, également écrivain, Christophe Honoré, pourrait-il en dire autant ? En tout cas, pour sa nouvelle création théâtrale, Christophe Honoré rassemble sa troupe d’acteurs et d’actrices fidèles (ceux que l’on avait vus dans Ciel de Nantes en 2021, également aux Célestins) afin de revisiter cette œuvre immense aussi bien que la quête éperdue de liberté de son héroïne. Tout en reprenant la trame romanesque que l’on connaît. Coincée dans une petite ville de province et son mariage sans éclat, Emma Bovary ne renonce pas à ses aspirations romantiques. Ni à ses rêves – naïfs – de succès admirables. Sur les planches, Christophe Honoré mêle cirque et cinéma afin de représenter les mœurs provinciales étroites, si bien décrites par Flaubert.
Dans un premier mouvement, les hommes gravitent autour d’Emma dans une pantomime où se rejouent les principaux épisodes de sa trajectoire. L’ennui et les tromperies qui en découlent. Son mari Charles, ses amants Rodolphe et Léon, mais aussi le pharmacien Homais et le tentateur Lheureux, qui réduisent son existence à leurs désirs et leurs ambitions.
Puis la dynamique s’inverse : Emma reprend la parole, brise le cadre, affirme sa sensualité et sa liberté. C’est à la superbe Ludivine Sagnier que Christophe Honoré confie le rôle d’Emma, femme devenue icône, incarnation d’un désir d’émancipation toujours aussi scandaleux.
Bovary Madame –Du 7 au 15 janvier aux Célestins

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