Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont confirmé leur volonté d'abandonner le projet TEOL et de le remplacer par une ligne de métro qui relierait Tassin à Bellecour.
Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont tenu à le signaler, ce lundi matin, ils ont pris les transports en commun pour se rendre à Tassin-la-Demi-Lune. La commune de Pascal Charmot accueillait symboliquement une conférence de presse dédiée aux projets de mobilités portés par la candidate LR à la Métropole de Lyon et le candidat aux municipales à Lyon dans le cadre des élections métropolitaines. Sur la route, ils ont constaté que "trois escalators au moins" étaient en panne, mais aussi que les "problèmes de ponctualité" étaient fréquents. Et ils comptent bien tout changer.
"Les études sont faites et la concertation aussi, on ne perdra pas de temps sur ce projet"
Le patron de Coeur Lyonnais et la maire de Sainte-Foy-Lès-Lyon ont ainsi décliné leur plan "en trois temps". L'occasion de confirmer, à deux voix, l'abandon en cas de victoire du projet de Tramway express de l'ouest lyonnais (TEOL), et de ressortir du placard le projet de métro E qui relierait Alaï à Bellecour. "Le TEOL est un projet de court terme" a ainsi de nouveau déploré le maire LR de Tassin, saluant un métro E structurant et ambitieux.
"Les études sont faites et la concertation aussi, on ne perdra pas de temps sur ce projet", assure quant à elle Véronique Sarselli, qui s'appuie toujours sur un chiffrage à 1,4 milliard d'euros. En 2022, il avait pourtant été réévalué par Sytral mobilités à 1,5 milliard d'euros. Depuis, il n'a pas été chiffré. L'autorité environnementale jugeait déjà le TEOL surdimensionné et estimait que la densité des villes desservies était insuffisante au regard des coûts du projet. Elle appelait ainsi les communes desservies à "mettre en place toute mesure en matière d'aménagement urbain, telle que des dispositions en faveur de l'intensification urbaine le long du tracé".
Une densification que le maire de Tassin, Pascal Charmot risque d'avoir du mal à vendre à ses habitants dans le cadre des élections municipales. "Le projet serait accompagné d'une évolution de l'habitat", concède l'élu LR, "mais il n'est pas nécessaire qu'au jour de la mise en service du métro, la capacité maximale de la ligne soit atteinte, il y aura une évolution naturelle" promet-il. Côté financement, Aulas et Sarselli comptent récupérer environ 900 millions d'euros avec l'arrêt de TEOL. Le Sytral dispose par ailleurs d'une capacité d'investissement estimée autour de 400 millions d'euros à horizon 2030 selon son président Bruno Bernard. Reste donc au moins 200 millions d'euros à trouver.
Redéfinir le tracé du T8
Il en faudra même plus dans la mesure où le duo imagine retravailler le tracé du tramway T8 dans l'est lyonnais. "Le tracé proposé aujourd'hui longe des friches et ne dessert pas la zone d'activité économique", déplore le maire LR de Saint-Priest, Gilles Gascon. Une revendication de longue date pour l'édile qui aimerait que le tramway desserve notamment le quartier Berliet, obligeant à quelques détours néanmoins. Revendication rejetée par Bruno Bernard qui met en avant un tracé aux coûts réduits et à l'efficacité accrue. Enfin, pour relier l'ouest et l'est de l'agglomération, Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas imaginent la création d'une "grande dorsale" reliant Tassin à l'est lyonnais en direction de l'aéroport. Un projet à "horizon 2040" qui s'appuierait sur la création du métro E puis son prolongement dans l'est lyonnais et pour lequel des assises métropolitaines de la mobilités seront organisées en septembre 2026.
Sur le court terme, Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas promettent un "grand plan de fiabilité, de sécurité et de qualité de service". Ils prévoient la création d'un "plan express anti pannes métro-tram" avec le lancement immédiat d'un audit technique, le renforcement des exigences contractuelles vis-à-vis de l'opérateur ou encore la "réduction des délais d'intervention grâce à des équipes dédiées". Ils proposent également de créer une "réserve opérationnelle mobilisable en cas de crise". Enfin, le duo veut évidemment une "accélération massive" du plan de réparation et de rénovation des escalators, lancé par Sytral mobilités en novembre.
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