Collomb : "N'oubliez pas votre chèque !"

En septembre, j’avais en effet enregistré un repas du maire avec la presse (mon micro - un ipod - n’était d’ailleurs pas caché, mais devant son assiette). C’est ce qu’il y a de bien avec Collomb. On l’énerve, il nous boude quelque mois, puis reprend contact d’une boutade.

J’ai regretté de ne pas avoir eu une caméra cette fois, pour immortaliser Collomb imitant Perben : il se dresse raide comme un I, tire son costume, pince les lèvres... “Je veux bien qu’il soit comme ça. C’est la différence entre nous. Je ne pense pas que c’est ce qui fait le succès d’une ville ou d’un ministère." Très combatif, Collomb est tombé à bras raccourcis sur son rival : “Il ne connaît rien !" Mais annonce qu’il refusera de débattre en face à face avec lui avant le premier tour. “Il ne va pas lui faire ce cadeau" confiera après une de ses collaboratrices.

Pendant une heure, Collomb répond sans se dérober. Sur Tête, rétrogradé à une position très incertaine (4e dans le 5e arrondissement) : “Je joue la victoire. Les problèmes personnels - et patin couffin - je n’en ai rien à cirer. Tête à fait campagne contre une liste unique avec la gauche. Évidemment, ceux qui ont fait campagne pour l’union ont à mes yeux plus de force."

Sur le Modem : “La position du Modem, tout le monde la connaît. Mercier va aller avec Perben, et la jeune génération avec moi. Je préfère avoir les jeunes du Modem, que les archéos de l’UDF."

Sur Perben, dont il ne craint plus - comme en septembre, lors du dernier repas - “les coups tordus" : “Les dernières relations entretenues entre le pouvoir central et le monde judiciaire me font penser que les manipulations sont de plus en plus difficiles"... Même de la part du Préfet : “Il sait que les carrières préfectorales sont longues, et que les carrières politiques (sous-entendu celle de Perben) peuvent être courtes. Je lui avais dit à son arrivée : vous êtes l’ancien dir’ cab de Sarkozy, s’il y a un coup tordu, je saurai d’où ça vient..."

Pour le plaisir, le maire nous lâche un “scoopinet" : il va installer en Presqu’île “4 ou 5" répliques de la cabine téléphonique à poissons rouges, vedette de la dernière Fête des Lumières. Pour nourrir les poissons, il entend faire appel à des associations de riverains.

Sur ces bonnes paroles, le maire quitte la table en lançant : “N’oubliez pas votre chèque en partant !" Hein ? Mais non, j’ai rien compris me glisse une copine de Libé : “il a dit le “cheikh", celui qui est là pour l’histoire de Lyon à Dubaï". Ça ressemble aussi à un chèque avec plein de zéros.

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