Véronique Sarselli, maire Les Républicains de Sainte-Foy-lès-Lyon et candidate à la présidence de la Métropole de Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono.
Le tandem Sarselli-Aulas a commencé l'année 2026 en dégainant une mesure phare de leur programme commun pour ravir aux écologistes la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon en mars prochain : faire sauter le bouchon de Fourvière en créant un tunnel sous le tunnel. "C’est le projet historique qui permet enfin de faire sauter ce bouchon dont tout le monde parle depuis des dizaines d’années. C’est un projet qui prévoit d’enlever 40 millions de voitures par an d’une autoroute qui traverse un cœur de ville, le cœur de Lyon. C’est donc un projet structurant et nécessaire pour fluidifier la circulation", assure Véronique Sarselli, maire Les Républicains de Sainte-Foy-lès-Lyon, candidate à la présidence de la Métropole de Lyon pour le compte de Grand Cœur Lyonnais.
Pour le financement estimé à deux milliards d'euros, Véronique Sarselli compte sur des financements de l'Etat et de l'Union européenne tout en envisageant un péage. Le tunnel actuel serait en partie conservé pour capter une partie du trafic actuel à destination de l'hyper-centre de Lyon. "Notre volonté, avec Jean-Michel Aulas, est d’organiser les flux de circulation, de les fluidifier et de permettre aux Grands Lyonnais de se déplacer librement et facilement. L’avantage de ce type d’infrastructure est qu’elle permet d’organiser naturellement les flux. Tous ceux qui voudront traverser rapidement et de manière fluide emprunteront ce tunnel. Ceux qui auront pour destination l’ultra-local lyonnais passeront par la desserte, qui est moins rapide. Les personnes en transit recherchent toujours l’efficacité et la rapidité", poursuit la candidate à la présidence de la Métropole de Lyon
La retranscription intégrale de l'entretien avec Véronique Sarselli
Bonjour à tous et bonne année. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, en ce début d’année, nous sommes avec Véronique Sarselli. Vous êtes maire Les Républicains de Sainte-Foy-lès-Lyon, candidate à la présidence de la Métropole de Lyon pour le compte de Grand Cœur Lyonnais, un parti local qui regroupe Jean-Michel Aulas et ses soutiens, dont vous, Les Républicains. Il y a quelques semaines, vous étiez venue sur ce plateau pour assurer le service après-vente de cette alliance avec Jean-Michel Aulas et vous annonciez que des propositions allaient bientôt arriver. Nous y sommes. Vous avez annoncé une nouvelle traversée sous Fourvière, une manière, selon vous, de faire sauter le bouchon de Fourvière : un tunnel de 8 kilomètres pour 2 milliards d’euros. Pourquoi est-ce pour vous une priorité, alors que c’est un sujet qui avait déjà été abordé lors d’autres élections et que les électeurs avaient estimé que ce n’était finalement pas une priorité, notamment lors de la campagne de 2020 autour de l’Anneau des sciences ?
Ce n’est pas une manière de faire sauter le bouchon de Fourvière, c’est le projet historique qui permet enfin de faire sauter ce bouchon dont tout le monde parle depuis des dizaines d’années. C’est un projet qui prévoit d’enlever 40 millions de voitures par an d’une autoroute qui traverse un cœur de ville, le cœur de Lyon. C’est donc un projet structurant et nécessaire pour fluidifier la circulation.
Pour faire œuvre de pédagogie, comment définissez-vous votre projet ? Est-ce que vous doublez la traversée de Fourvière avec une partie en souterrain tout en conservant le tunnel actuel et les voies existantes, le tunnel ainsi que M6 et M7 ?
Ce projet, c’est tout d’abord un tunnel de 8 kilomètres qui partirait du nœud névralgique de Valvert jusqu’à Saint-Fons. Il permettrait de faire passer les 110 000 véhicules par jour qui traversent aujourd’hui le tunnel de Fourvière. Il permet de récupérer le tunnel de Fourvière actuel, avec un tube dédié aux modes doux et l’autre à ce que j’appelle la desserte ultra-locale. C’est aussi un projet qui permet de retrouver 45 hectares en surface pour pouvoir respirer.
Ces 45 hectares sont majoritairement situés à la Confluence ?
Ils sont situés sur Perrache. N’oublions pas non plus que c’est le moyen de créer un véritable boulevard urbain le long de M7, qui aujourd’hui n’a de boulevard urbain que le nom, puisqu’il a simplement été renommé M7 au lieu d’A7.
Pour bien comprendre, à la Confluence, le long du Rhône, on n’aurait donc plus une autoroute telle qu’elle existe aujourd’hui, mais un boulevard urbain. Avec quoi exactement ? Deux fois deux voies, deux fois une voie ?
Tout à fait, deux fois deux voies. Cela permettra réellement d’avoir un boulevard urbain avec un nombre de voitures correspondant à ce qu’est un boulevard urbain, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui, puisque nous faisons passer 110 000 véhicules par jour en surface. Ce projet ne remet pas en cause la circulation actuelle de surface, car il se fera en souterrain et ses travaux ne pénaliseront pas la circulation existante. Les Grands Lyonnais sont aujourd’hui très excédés par les projets bloquants et les travaux qui ont été menés ces six dernières années.
Ces deux milliards d’euros, la collectivité, la Métropole de Lyon, si vous la présidiez, ne les financerait pas seule. Vous évoquez un partenariat public-privé. Quelle serait la part de la collectivité dans ce projet ? Vous parlez de 2 milliards d’euros, ce qui peut aussi paraître sous-dimensionné par rapport à d’autres grands projets.
C’est l’estimation que nous avons aujourd’hui, entre 1,6 milliard et 2 milliards d’euros. Ces 2 milliards peuvent être financés de différentes manières, avec des concours publics. Il faudra étudier la capacité de la Métropole de Lyon à accompagner ce projet, mais aussi celle de l’État, ainsi que les financements européens, qu’il faudra aller chercher. Nous n’excluons pas non plus, comme vous l’avez dit, un partenariat public-privé avec une concession. Il ne faut rien s’interdire.
Y aura-t-il un péage pour ce tunnel ?
Nous travaillons de manière responsable à la possibilité d’un péage pour ce tunnel.
S’il devait y avoir un péage, on peut imaginer que certaines personnes n’emprunteraient pas le tunnel et choisiraient l’option gratuite. Aujourd’hui, c’est déjà le problème de la circulation dite de transit sous Fourvière : des automobilistes qui devraient emprunter le grand contournement de l’agglomération, mais qui ne le font pas parce qu’il est payant. Comment allez-vous garantir que les usagers ne chercheront pas à contourner le péage en empruntant l’itinéraire actuel ?
Notre volonté, avec Jean-Michel Aulas, est d’organiser les flux de circulation, de les fluidifier et de permettre aux Grands Lyonnais de se déplacer librement et facilement. L’avantage de ce type d’infrastructure est qu’elle permet d’organiser naturellement les flux. Tous ceux qui voudront traverser rapidement et de manière fluide emprunteront ce tunnel. Ceux qui auront pour destination l’ultra-local lyonnais passeront par la desserte, qui est moins rapide. Les personnes en transit recherchent toujours l’efficacité et la rapidité. C’est pour cela que ce projet permet enfin d’organiser les flux.
Vous évoquez la fluidité. Il y a eu de nombreux précédents où la construction de nouvelles infrastructures n’a pas permis de fluidifier la circulation. On l’a vu dans la Métropole de Lyon avec la rocade Est, qui devait désengorger le périphérique lyonnais et la circulation dans l’agglomération, mais qui est aujourd’hui régulièrement saturée. Vous allez passer de deux fois deux voies sous Fourvière à deux fois deux voies dans un nouveau tunnel. Globalement, la capacité reste la même. Qu’est-ce qui garantit que cette fois-ci, cela ne bouchonnera pas ?
L’essentiel de ce projet est d’enlever une autoroute urbaine en cœur de ville. C’est le cœur du projet.
Sur la fluidité, vous n’êtes donc pas totalement affirmative.
Cela permet bien sûr la fluidité et une meilleure organisation de la circulation.
Pourquoi ce serait plus fluide avec la même capacité ?
Parce qu’une partie de la desserte locale pourra emprunter le tunnel de Fourvière actuel. Il y aura aussi la possibilité d’améliorer les modes doux, puisqu’un deuxième tube pourra être dédié aux modes doux, au BHNS et aux pistes cyclables. Tous ceux qui voudront traverser rapidement Lyon passeront par le souterrain. On parle bien du bouchon de Fourvière, et ce n’est pas un hasard. Il existe réellement un bouchon à Fourvière, notamment au niveau du nœud névralgique de Valvert, que nous pourrons enfin libérer. C’est essentiel. C’est aussi ce que j’appelle une écologie des solutions. Nous nous voyons souvent, ce sont des mots que j’emploie régulièrement. Il faut arrêter avec une écologie dogmatique et anti-voiture. Nous défendons une écologie des solutions. C’en est une.

la metropole va financer ca comment? On sait que les partenariats public prives sont toujours au detriment du public!
« une écologie de solutions « selon Sarselli . Une autoroute souterraine ! De qui se moque-t-elle ?