Jérémie Bréaud, maire de Bron et président de la fédération LR du Rhône, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Maire de Bron et conseiller métropolitain élu dès le premier tour, Jérémie Bréaud estime que la large victoire des listes Grand Coeur lyonnais repose sur "un vrai ras-le-bol des Grands Lyonnais, notamment des habitants de la première et de la deuxième couronne. Circuler est devenu infernal. Il y a aussi un ras-le-bol lorsque les habitants ont vu que certaines décisions nous étaient imposées, que certains projets nous étaient imposés alors que nous y étions opposés".
Le président de la fédération LR du Rhône évoque aussi la future cohabitation entre une ville de Lyon écologiste et une Métropole dirigée par une majorité de droite et centriste : "les maires de droite et du centre, avons été tellement marqués par certaines décisions imposées que nous ne ferons pas la même chose. Véronique Sarselli sera à l’écoute de tous les maires de la métropole : Grégory Doucet, Cédric Van Styvendael à Villeurbanne, même s’ils ne sont pas de notre bord. Il y aura du dialogue, du consensus et des décisions prises ensemble. En revanche, Grégory Doucet ne pourra pas mettre en œuvre tout son programme".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Jérémie Bréaud
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Jérémie Bréaud. Vous avez été réélu maire de Bron, vous êtes aussi président de la fédération LR du Rhône. La droite, depuis 25 ans, n’arrivait pas à gagner la métropole de Lyon, soit en raison de divisions internes, soit parce que la gauche l’emportait largement. Vous avez enfin réussi à reprendre les manettes de cette collectivité. Comment expliquez-vous cette victoire large, avec dix circonscriptions sur quatorze ? Est-ce un rejet des écologistes ou un vote d’adhésion pour le programme que vous portiez avec Véronique Sarselli ?
Déjà, permettez-moi de dire que ce matin, c’est un vrai soulagement, une vraie satisfaction d’avoir gagné la métropole. Mais en même temps, c’est aussi une déception d’avoir perdu Lyon d’un rien. Et c’est également une alerte : le fait que La France insoumise soit entrée à la fois au conseil municipal de Lyon, mais aussi qu’elle ait gagné des villes comme Vaulx-en-Velin et Vénissieux.
Ces villes insoumises ont aussi fait en sorte qu’il n’y ait pas d’alliance. Elles ont rendu votre victoire possible. S’il y avait eu une alliance totale entre les écologistes et LFI à la métropole de Lyon, vous ne seriez probablement pas en train de commenter la victoire de votre camp.
C’est de la politique-fiction. Pour répondre concrètement à votre première question, il y a plusieurs raisons. La première, c’est qu’il y avait un vrai ras-le-bol des Grands Lyonnais, notamment des habitants de la première et de la deuxième couronne. Circuler est devenu infernal.
Il y a aussi un ras-le-bol lorsque les habitants ont vu que certaines décisions nous étaient imposées, que certains projets nous étaient imposés alors que nous y étions opposés, que ce soit Jérôme Moroge à Pierre-Bénite, Bastien Joint à Caluire ou moi-même à Bron. C’est pour cela qu’ils nous ont donné une majorité en disant : « On vous fait confiance à la ville et on va vous donner la majorité à la métropole. »
Si l’on se projette sur les six ou sept années à venir, qu’est-ce qui va changer concrètement dans la métropole de Lyon ? Quel sera le visage de la métropole à la fin du mandat de Grand Cœur Lyonnais et de Véronique Sarselli ?
Véronique Sarselli l’a dit : c’est une élue de terrain, maire depuis 2014. Sa grande différence avec Bruno Bernard, c’est qu’elle sera à l’écoute des maires et ne prendra aucune décision contre eux. Et pour nous, c’est essentiel.
Ce sera aussi une métropole beaucoup plus sécurisée, avec un vice-président en charge de la sécurité.
Mais avec peu de compétences en la matière, voire aucune.
La sécurité n’était pas une compétence de la région avant 2015. Laurent Wauquiez l’a prise et c’est devenu un marqueur fort. Ce n’est pas encore une compétence de la métropole, mais à nous de la prendre.
Ce sera aussi une métropole où il sera plus facile de circuler, avec de grands projets.
Vous avez dit tram, je pense que c’est un lapsus, vous parlez plutôt du métro.
Oui, du métro.
Et plutôt à l’horizon 2040.
Oui, mais 2040, cela se prépare maintenant. Aucune nouvelle ligne de métro n’a été lancée durant le mandat précédent.
Ce sera aussi une métropole avec un retour de la croissance. Bref, une métropole plus équilibrée et plus à l’écoute des maires.
Véronique Sarselli était votre candidate. Va-t-elle automatiquement devenir présidente de la métropole ? On sait qu’elle a pu être contestée en interne et que certains pourraient vouloir prendre sa place. Vous êtes le patron de la fédération LR : certains pourraient-ils hésiter au moment du troisième tour ?
C’est une drôle de question.
C’était sa réponse hier soir, c’est pour cela.
Exactement, c’est pour cela que je fais la même réponse. Ce dont je suis fier, c’est d’avoir organisé une primaire il y a un an. Véronique Sarselli en est sortie gagnante, ce qui a permis d’en faire notre candidate, avec les équipes de Jean-Michel Aulas.
La victoire d’hier est nette et sans appel. Véronique Sarselli est notre candidate et elle sera présidente d’ici jeudi.
La ville de Lyon, pour la première fois dans l’histoire de la métropole, n’est pas alignée avec l’intercommunalité. On est dans un scénario inédit de cohabitation. Comment l’imaginez-vous ? Vous avez expliqué que les maires auraient leur mot à dire. Est-ce que la ville de Lyon aura le même poids que les autres ou un peu plus ?
Nous, les maires de droite et du centre, avons été tellement marqués par certaines décisions imposées que nous ne ferons pas la même chose. Véronique Sarselli sera à l’écoute de tous les maires de la métropole : Grégory Doucet, Cédric Van Styvendael à Villeurbanne, même s’ils ne sont pas de notre bord.
Il y aura du dialogue, du consensus et des décisions prises ensemble. En revanche, Grégory Doucet ne pourra pas mettre en œuvre tout son programme avec La France insoumise.
Par exemple, son projet de rive droite du Rhône, auquel vous étiez opposés. Peut-on considérer qu’il ne verra jamais le jour ?
Je ne suis pas président de la métropole. Ce sera à Véronique Sarselli de prendre cette décision. C’est une femme pragmatique. Lors de sa première rencontre avec le maire de Lyon, ce sujet sera abordé et une décision sera prise.
