Kristian Vikernes, ce Norvégien proche de la mouvance néonazie, comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris ce mardi pour provocation à la haine et apologie de crimes de guerre, pour des billets sur son blog.
L'été dernier, ce Norvégien âgé de 40 ans est interpellé dans le cadre d'une enquête du renseignement intérieur. Habitant un village de Corrèze auprès de son épouse française depuis 2010, il est soupçonné de visées terroristes. 48 heures après sa garde à vue, il est libéré : les enquêteurs n'ont mis en évidence ni cible ni préparation de projet terroriste.
Un blog et des billets visant les juifs et les musulmans
Sous surveillance depuis plusieurs mois, cet homme proche de la mouvance néonazie faisait l'objet d'une surveillance. Alors que sa femme a fait légalement l'acquisition d'armes, la section antiterroriste du parquet de Paris avait décidé d'ouvrir une enquête préliminaire qui aboutit à son interpellation.
Cependant, l'homme est rattrapé par la justice française en raison de billets publiés sur son blog. Il doit répondre devant le tribunal correctionnel des délits de "provocation publique à la haine raciale" et "apologie de crime de guerre". Dix extraits sont en ligne de mire : il s'agit d'articles, parfois longs, publiés entre mars et juin 2013, selon une source judiciaire. Ces textes visent les juifs et les musulmans. L'homme encourt une peine maximale de cinq ans de prison et 45 000 euros d'amende.
Prévu en octobre dernier, le procès avait été renvoyé pour permettre à Me Freyssinet, son avocat, de préparer convenablement la défense et de prendre connaissance des nombreuses pièces du dossier, qui ne lui avaient été transmises que tardivement.
Condamné pour meurtre en Norvège
À l'époque, l'interpellation du couple avait été justifiée, selon le ministre de l'Intérieur d'alors, Manuel Valls, par la nécessité face au terrorisme d'"agir avant, et non pas après". Le ministère avait estimé que Vikernes, "proche de la mouvance néonazie", était "susceptible de préparer un acte terroriste d'envergure" et "constituait donc une menace potentielle".
Le Norvégien s'est rendu célèbre dans son pays comme musicien de black metal, pour ses opinions d'extrême droite, mais surtout par le meurtre sauvage d'un rival artistique, pour lequel il avait été condamné à 21 ans de prison, peine maximale en Norvège. Libre depuis 2009, il est arrivé en France en 2010.