Notre sélection dans les musées et les galeries lyonnaises

Avec Discover, Le Bleu du ciel propose une installation photographique et filmique exceptionnelle de François Daireaux qui documente des villes chinoises peu visitées par les photographes (entre 2004 et 2018, il en a traversé plus d’une centaine), le périple ayant commencé à Anshan dans le nord-est de la Chine jusqu’au Xinjiang, région où l’on ne peut plus faire d’images.
Sa démarche a été celle d’un solitaire, guidé par son intuition pour se laisser surprendre, allant jusqu’à se perdre, sillonnant les villes de leur centre à leur périphérie, saisissant les transformations d’un pays gigantesque avec son urbanisation effarante, ses tensions entre architectures mégalomanes et vies fragiles d’individus, où l’arrogance des plus forts signe l’exploitation des plus faibles. L’artiste arrive malgré tout à capter des empreintes de résistance dans la tradition, les étals, les objets, la rue (jusqu’au 30 mai).

En partenariat avec la galerie Semiose, Manifesta accueille Françoise Pétrovitch autour d’œuvres récentes et emblématiques. Explorant un monde transgressif et ambigu, rempli de tensions et de poésie, peuplé d’animaux, de fleurs et d’êtres humains, elle creuse les frontières entre l’enfance et l’âge adulte, entre l’humain et l’animal, façonne des univers traversés par la disparition, le double, la transition ou encore la cruauté.
L’exposition montre des lavis qui révèlent la subtilité de ses figures flottantes, des peintures aux atmosphères chromatiques profondes ainsi que des sculptures, reflet du monde fragile qui sous-tend son œuvre (jusqu’au 11 mai).

Discorded Love prend place à la maison/galerie de Françoise Besson pour nous faire découvrir la photographe et vidéaste Sylvie Benoit qui développe un travail autour de la brisure de vie, l’errance, le sentiment humain, les secrets en nous, la vie de femme.
Dans cette installation, elle explore l’espace latent entre l’amour et le désamour, un projet né d’un moment de rupture personnelle, d’un état de décalage entre soi et le monde où l’image n’est pas un récit mais le réceptacle d’émotions indicibles.
Trois volets complémentaires la structurent : des photographies transfigurées qui jouent sur la vibration et la disparition, des vidéos performatives qui interrogent des êtres traversés par l’amour et le désamour tandis que des portraits photographiques dévoilent un amour ayant résisté au temps (jusqu’au 9 mai).

Même s’ils ont fermé leur galerie Le Réverbère dédiée à la photographie contemporaine, Catherine Dérioz et Jacques Damez continuent d’exercer leur métier de manière nomade.
Les vacances d’avril sont ainsi l’occasion de faire un tour du côté de la scène nationale Le Lux à Valence pour découvrir les œuvres de sept artistes regroupées sous le titre de Se découvrir du corps… constituant une vision kaléidoscopique du corps qui tisse de multiples dialogues : corps (méta)physique, handicapé, bodybuildé, mystique, magnifié, sensuel.
Pour les commissaires, il s’agit d’un engagement plastique et politique dans une période où l’autocensure et le puritanisme bienséant évacuent les sujets qui dérangent (jusqu’au 25 avril).
