Thomas Rudigoz
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Vidéo-surveillance : "Doucet a complètement failli", accuse Thomas Rudigoz

Thomas Rudigoz, chef de file Renaissance et tête de liste Coeur lyonnais dans le 5e arrondissement, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Député de la 1re circonscription du Rhône de 2017 à 2024, Thomas Rudigoz s'était mobilisé pour la dissolution des groupuscules d'extrême-droite. Si pour lui la lutte contre les mouvements violents relève de l'Etat, il estime qu'une municipalité peut jouer un rôle : "Je me rappelle d’une période où cela fonctionnait bien : Jean-Yves Sécheresse travaillait de façon très étroite avec les services de la préfecture et avec le préfet délégué à la sécurité. Il avait mené un véritable combat contre la Traboule (...) Il y a un autre élément extrêmement important dans la lutte contre ces groupuscules et pour donner des éléments aux enquêtes : les caméras de vidéoprotection. C’est là que M. Doucet a complètement failli, puisqu’il n’a absolument pas progressé par rapport à ce qu’avait fait Gérard Collomb par le passé".

Thomas Rudigoz revient aussi sur la campagne municipale et se juge satisfait des listes de Jean-Michel Aulas comme de son programme : "j’ai obtenu ce que j’attendais. Si je prends deux éléments importants pour moi : je me suis beaucoup investi sur la question de la sécurité. Ce que nous avons prôné et mis en avant a été retenu : l’augmentation des effectifs, les caméras de vidéoprotection, mais aussi les boutons d’alerte pour les commerçants, comme cela existe dans d’autres villes comme Nice. L’autre point important pour moi est le métro E. Je ne souhaite pas le TEOL".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Thomas Rudigoz

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Thomas Rudigoz. Vous êtes tête de liste dans le 5ᵉ arrondissement pour les listes Cœur Lyonnais menées par Jean-Michel Aulas. Avant d’évoquer la campagne des municipales, je voulais que nous prenions un peu de temps pour évoquer le phénomène des groupuscules d’ultra-droite et d’ultra-gauche à Lyon, qui est forcément dans l’actualité de cette campagne municipale après la mort de Quentin Deranque. C’est un sujet que vous aviez beaucoup traité lorsque vous étiez député de la première circonscription du Rhône, qui englobe le 5ᵉ arrondissement, un lieu où étaient très présents et où restent très présents ces groupuscules. Est-ce que, dans cette campagne municipale, cela peut devenir un thème de campagne ? Et qu’est-ce que peut faire une collectivité comme une mairie dans la gestion de ces groupuscules ?

Il faut savoir qu’avant tout, les compétences, comme toutes les questions de sécurité, relèvent prioritairement de l’État, de la préfecture, des forces de l’ordre et de la police nationale. Néanmoins, la mairie peut agir en bon partenariat avec l’État. Je me rappelle d’une période où cela fonctionnait bien : Jean-Yves Sécheresse travaillait de façon très étroite avec les services de la préfecture et avec le préfet délégué à la sécurité. Il avait mené un véritable combat contre la Traboule. Pour des questions liées aux établissements recevant du public, qui relèvent des compétences de la ville, il avait pu obtenir pendant un certain temps la fermeture de la Traboule. Ensuite, la dissolution, que nous avons obtenue avec Gérald Darmanin en 2024, a permis la fermeture totale et définitive de la Traboule. Il ne faut donc pas croire qu’une municipalité peut tout faire, mais elle dispose de moyens réglementaires, comme je viens de vous le dire. Ensuite, il faut s’y employer et travailler en bonne relation avec les services de l’État.

Il y a un autre élément extrêmement important dans la lutte contre ces groupuscules et pour donner des éléments aux enquêtes : les caméras de vidéoprotection. C’est là que M. Doucet a complètement failli, puisqu’il n’a absolument pas progressé par rapport à ce qu’avait fait Gérard Collomb par le passé.

Très peu, quelques dizaines. Vous voulez vraiment doubler le nombre de caméras sur l’ensemble du mandat. Jean-Michel Aulas veut doubler le nombre de caméras ?

Oui.

Avec potentiellement des installations dans ces arrondissements, dans ces quartiers qui concentrent des poches de groupuscules militants, chaque camp ayant à peu près ses quartiers. L’objectif serait aussi de les surveiller de cette manière ?

Dans le Vieux-Lyon, Gérard Collomb avait déjà installé un certain nombre de caméras, car c’est un lieu où il y a beaucoup de monde et où il peut y avoir, en fin de nuit, un certain nombre d’incidents. Il y avait donc déjà des caméras. Ensuite, dans d’autres quartiers, je pense notamment aux pentes de la Croix-Rousse et à la Croix-Rousse, où ce sont plutôt les groupuscules d’ultra-gauche qui sont présents, il n’existe aucun moyen de pouvoir les filmer. Lors des émeutes urbaines de 2024, nous savons ce qui s’est passé, notamment les attaques contre la mairie du 4ᵉ arrondissement. Il n’y avait aucune image. Je pense donc que, dans les compétences de la ville, ce que veut faire Jean-Michel Aulas, c’est renforcer les caméras de vidéoprotection, qui permettent ensuite aux enquêteurs de retrouver les auteurs de ces faits, de ces crimes, comme cela a été le cas pour le jeune Quentin.

Mais pensez-vous que ces phénomènes, ces groupuscules ultras, le fait que Lyon soit une capitale des radicalités politiques et des extrémismes politiques, avec des affrontements violents, puissent être endigués, voire éradiqués ?

Il faut se battre. C’est un combat que je mène depuis quinze ans. Je l’ai mené même avant d’être maire d’arrondissement. Il ne faut jamais s’arrêter. Nous avons vu que cela a prospéré aussi à cause d’une forme de résignation : ils se battent tous les week-ends, on fait le compte à la fin, il y a match nul et personne ne s’en mêle vraiment. Nous avons eu cette impression. Cela faisait très longtemps que nous n’avions pas connu un tel niveau de violence entre ces deux groupuscules. Depuis que nous avons obtenu la dissolution de la Traboule de Génération identitaire dans le Vieux-Lyon, j’en parle souvent avec les commerçants et les habitants, les choses se sont vraiment calmées. Malheureusement, ces groupes existent dans d’autres quartiers, voire dans d’autres communes. Il y avait visiblement, au vu des images que nous avons vues, une véritable volonté d’en découdre. On ne peut pas, par la seule dissolution, éradiquer ces mouvements. Il faut se battre pied à pied, constamment. C’est ce que nous ferons avec Jean-Michel Aulas.

Jean-Michel Aulas a présenté ses listes pour les élections municipales. La promesse de 50 % de société civile n’est pas totalement honorée : il y a une légère surreprésentation des partis. Est-ce la faute des partis ? La faute de Jean-Michel Aulas ? Avez-vous trop bien défendu vos places ?

Je n’ai pas comptabilisé. Dans mon arrondissement, je vois bien qu’il y a 50 % de société civile. J’ai une policière municipale, des enseignants, des entrepreneurs, des cadres et, effectivement, des responsables politiques. À un moment donné, j’ai aussi négocié fermement parce que je voulais que ma famille politique, Renaissance, soit représentée dans l’arrondissement que je souhaite gérer dans les prochaines semaines. Jean-Michel Aulas a été très exigeant, et je suis bien placé pour le savoir en tant que chef de parti dans la négociation. Il tenait vraiment à ces 50 %. Il y a un débat, car certaines personnes sont présentées avec une étiquette politique alors qu’elles ont une véritable existence dans la société civile depuis de nombreuses années. Elles ont pu, à un moment donné, avoir une carte dans un parti. Ce qui est important, c’est de voir et de montrer. Je vais prochainement publier un document pour que les habitants connaissent les futurs élus du 5ᵉ arrondissement. Ils verront que ce sont véritablement des personnes issues de la société civile.

Si les partis ont été entendus sur les places, ils l’ont visiblement été moins sur le programme. Y a-t-il des mesures que vous n’auriez pas mises dans votre programme si vous aviez été candidat ? Y a-t-il des choses qui vous font tiquer ? On entend beaucoup, en interne, des critiques disant : je ne l’aurais pas fait comme cela ou je ne l’aurais pas fait du tout.

Je vais vous avouer que je suis plutôt satisfait de ce programme, parce que j’ai obtenu ce que j’attendais. Si je prends deux éléments importants pour moi : je me suis beaucoup investi sur la question de la sécurité. Jean-Michel Aulas m’avait confié cette responsabilité avec Pierre Oliver, le maire du 2ᵉ arrondissement. Ce que nous avons prôné et mis en avant a été retenu : l’augmentation des effectifs, les caméras de vidéoprotection, mais aussi les boutons d’alerte pour les commerçants, comme cela existe dans d’autres villes comme Nice.

L’autre point important pour moi est le métro E. Je ne souhaite pas le TEOL. Cela ne répond pas à la demande des habitants de Lyon 5ᵉ, de Tassin et au-delà. Si l’on veut un vrai projet d’envergure, c’est le métro E. Sur ce point, il m’a donné satisfaction.

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