Tramway ©Robin FAVIER 5

Transports en commun : un tramway à la place de la ligne C3 ?

Avec 55.000 utilisateurs quotidiens, la ligne de bus C3 est la plus fréquentée de Lyon. Victime de son succès, elle souffre de retards récurrents. La Ville lance le 15 avril prochain une concertation pour son aménagement en double site propre entre le pont Lafayette et Laurent-Bonnevay. Mais, pour relier le centre-ville à la Part-Dieu, nombreux sont les élus qui privilégieraient le tramway, voire pour certains, un métro.

Retards récurrents, bus bondés et piégés dans la circulation… voilà le quotidien des 55.000 Grands-Lyonnais qui empruntent quotidiennement la ligne C3 reliant la gare Saint-Paul à Vaulx-en-Velin, via le centre-ville et la Part-Dieu. La ligne de bus la plus empruntée du réseau est victime de son succès. Alors que la vitesse commerciale moyenne devrait se situer aux alentours de 18 km/h, elle atteint péniblement 12 km/h. "La vitesse d’une grand-mère à vélo", plaisante Fouziya Bouzerda, conseillère municipale centriste.

Le Sytral a déjà acté le principe de la création d’un double site propre du pont Lafayette jusqu’à Laurent-Bonnevay en empruntant le cours Lafayette et le cours Tolstoï, qui se retrouveraient alors amputés d’une voie sur 5,5 km dès 2018. Ce lundi, les conseillers municipaux devaient entériner le lancement d’une concertation publique de six semaines, qui débutera le 15 avril prochain. L’occasion pour chaque groupe de défendre sa vision du développement des transports en commun en direction de l’est de l’agglomération et les craintes et réserves sur le projet envisagé.

“Une demi-solution”

Au centre, Fouziya Bouzerda regrette surtout la mise en œuvre si tardive d’une réflexion sur la ligne C3 : "Ce diagnostic est connu depuis 2009. Il aura fallu 3 ans pour que soient lancées des études de maîtrise d’œuvre". "On se demande ce qui a empêché le Sytral de réagir un peu plus vite", s’interroge l’élue. Du côté de Lyon Divers Droite, on craint que le site propre ne soit qu’un "cautère sur une jambe de bois". Le groupe emmené par Denis Broliquier voit dans le projet proposé "une demi-solution". Il privilégierait une réflexion autour de la création d’un tramway reliant la Presqu’île à la Part-Dieu, "point noir du réseau des transports en commun lyonnais", selon eux.

Un tramway ? Cette proposition ne choque pas les écologistes et les communistes, qui abondent même dans ce sens, Pierre Hémon (EELV) demandant que "l’option du tramway soit étudiée dans le cadre de la concertation préalable". "Le seul moyen de déplacement moderne, confortable et non polluant pouvant répondre à nos exigences sera toujours le métro. Mais, dans le contexte actuel, nous serions satisfaits de l’arrivée du tramway", a indiqué de son côté l’élue communiste Katherine Legay.

Un métro de Saint-Paul à l’Est lyonnais

Le métro, une solution qu’Ensemble pour Lyon n’enterre pas si facilement. Le groupe, qui craint que la place de la voiture ne soit remise en cause avec des aménagements de surface, soutient toujours un projet de liaison souterraine entre Saint-Paul, la Presqu’ile, la Part-Dieu et l’Est lyonnais. Une proposition que Michel Havard a déjà évoquée à plusieurs reprises, estimant qu’elle est la seule adaptée aux enjeux de développement de l’agglomération. Mais son coût, dix fois supérieur à celui d’une voie de surface, reste un frein considérable.

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