Une jeune fille s'est violemment faite agressée par deux autres élèves devant le collège Jean Giono, à Saint-Genis-Laval.
La scène dure quatorze secondes. Quatorze secondes insoutenables. On voit une jeune fille allongée à terre, rouée de coups de pieds. La jeune fille se fait écraser la tête à six reprises par des coups extrêmement violents. En pleurs, gémissant, la jeune fille tente de se protéger autant que possible. Le déchaînement de violence est telle qu'à un moment, on se demande si elle n'a pas perdu connaissance. La tête rebondit sur le bitume. "Ça fait du bien sale tapin ?!" semble lancer la fille qui l'attaque. La victime reçoit alors un dernier coup de pied dans le visage. Selon une source de Lyon Capitale, la victime aurait effectivement perdu connaissance pendant quelques secondes, avant d'être prise en charge par les urgences.
L'agression a eu lieu il y a quelques jours, à l'entrée du collège Jean Giono, à Saint-Genis-Laval, près de Lyon.
"Ces faits constituent des violences volontaires d’une extrême gravité et relèvent de qualifications pénales lourdes",
Marylène Millet, maire de Saint-Genis-Laval
Jointe par Lyon Capitale, la direction de l'établissement n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire. La maire de Saint-Genis-Laval, Marylène Millet (UDI), a tenu, mardi 4 février, à apporter son soutien à la victime et à condamner l'agression. "Ces faits constituent des violences volontaires d’une extrême gravité et relèvent de qualifications pénales lourdes", dénonce un communiqué de presse. "Madame la maire rappelle avec la plus grande fermeté que la minorité pénale n’efface ni la gravité des actes, ni leurs conséquences. Toute violence volontaire engage la responsabilité de son auteur et appelle une sanction proportionnée."
L'enquête se poursuit
Selon les premières informations, les deux agresseuses seraient déjà connues des autorités pour des comportements violents répétés et des troubles à l'ordre publique. Une enquête judiciaire est en cours et un signalement circonstancié sera adressé au procureur de la République : "La municipalité coopérera pleinement avec les services de l’État afin que les responsabilités pénales soient établies et que les suites judiciaires appropriées soient engagées", affirme la maire de la commune.
Afin de garantir la sécurité des élèves et de prévenir tout risque de réitération, la présence de la police municipale sera renforcée aux abords des établissements scolaires : "Toute situation de menace, de violence ou de trouble fera l’objet d’un signalement systématique et d’une intervention immédiate", indique Marylène Millet.
"Ce ne sont pas des faits divers mais les symptômes d’un mode de relation où l’on refuse de se soumettre aux lois communes à tous. Pour la grande majorité des mineurs délinquants que je rencontre, les règles communes du vivre ensemble sont vécues comme une soumission insupportable. (...) Ces mineurs m’ont déclaré n’en avoir “rien à foutre” de l’état de la victime, . Ils n’éprouvent ni empathie ni culpabilité et n’ont aucune loi dans la tête sauf la loi du plus fort ou les codes de l’honneur du clan. Ils sont insensibles à la parole, leur fonctionnement étant 'je fais ce que je veux' .”
Maurice Berger est pédopsychiatre, ancien chef de service en psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Étienne.
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