Entre 500 et 1000 personnes se sont réunies place Bellecour, ce samedi 17 décembre, pour dénoncer les crimes perpétrés contre le peuple syrien. Une manifestation en présence du maire d'Alep-Est.
"Liberté et démocratie en Syrie", "Syriens, restez debout ! Le monde est fier de vous !". Les cris résonnent place Bellecour, ce samedi 17 décembre. Banderoles et drapeaux syriens à la main, entre 500 et 1000 personnes affichent leur solidarité avec le peuple d'Alep. Ils répondent ainsi à l'appel lancé par Brita Hagi Hasan, président du conseil de la ville d'Alep, plus communément désigné comme étant le maire d'Alep-Est.
Élu en 2013, ce dernier reste aujourd'hui impuissant face au conflit qui sévit depuis cinq ans. Il lui est même impossible de regagner sa ville assiégée depuis janvier. Celui qui se trouve donc "loin de [sa] ville et de [sa] famille" tente d'alerter la communauté internationale sur le sort de milliers de syriens piégés là-bas.
"Pourquoi sommes-nous si peu à être Alep ?"
"La communauté internationale reste impuissante, comme si ce qui se passe à Alep se passait sur une autre planète !", s'exclame Brita Hagi Hasan, qui réclame le retrait immédiat du président syrien Bachar al-Assad.
Dans la foule, ce sentiment d'inaction est largement partagé. "Nous étions Paris, nous étions Nice. Pourquoi sommes-nous si peu à être Alep ?", peut-on lire sur une pancarte. Cette dernière est portée par Iman, une étudiante de 20 ans. "En tant qu'êtres humains, nous ne pouvons pas accepter ce qui se passe actuellement en Syrie. Je suis ici pour dénoncer et condamner les actes criminels contre le peuple syrien", clame la jeune femme qui espère une mobilisation mondiale.
Pour certaines personnes présentes, cette manifestation a une résonance particulière. Bayan fait fièrement flotter son drapeau syrien dans les airs. Il y a trois mois, ce trentenaire quittait Sweida, sa ville natale située du sud de la Syrie. L'évolution du conflit a précipité son exil vers la France, "le pays des droits de l'Homme et des libertés".
C'est également le cas de Basil, un Syrien âgé de 40 ans. Il y a quatre ans, lui aussi a fait la route de Sweida jusqu'à la capitale des Gaules, où il s'est installé avec sa femme et sa fille, avec l'espoir d'une "vie meilleure". Mais il a tenu à venir, ce samedi, pour apporter son soutien à ses compatriotes et scander : "le peuple veut la chute du régime !"
Toujours cette rengaine de la culpabilisation. Mais où sont les peuples arabes et le silence assourdissant de leurs consciences éteintes !