Audrey Henocque, 1re adjointe de la Ville de Lyon en charge de la coopération territoriale, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
A situation inédite, délégation inédite pour Audrey Henocque. La première adjointe à la Ville de Lyon est en charge de la coopération territoriale, une mission qui intègre le mode de fonctionnement que devront trouver la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon. Elle préfère d'ailleurs ne pas utiliser le terme de cohabitation : "entre collectivités différentes avec des attributions différentes, on est en coopération. On a besoin de travailler ensemble et on a besoin les uns des autres d’être ensemble".
Plus que l'intervention musclée de Jean-Michel Aulas lors du conseil municipal de ce vendredi, Audrey Henocque retient les propos de Véronique Sarselli lors de son élection à la présidence de la Métropole de Lyon : "Je pense que l’exercice ne devait pas être facile pour lui, puisqu’il n’a pas été élu maire de Lyon et qu’il devait tout de même être dans le siège officiel du maire le temps de remettre l’écharpe à Grégory Doucet. Peut-être a-t-il voulu garder la face avec des propos un peu incisifs. Mais je préfère plutôt entendre Madame Sarselli, qui est la présidente de la métropole et qui a dit qu’elle serait à l’écoute des maires et qu’elle ne pourrait pas faire des choses sur leur territoire sans avoir leur accord, et donc l’accord de la population qu’ils représentent".
Audrey Henocque se dit prête à rediscuter du projet de réaménagement de la Rive droite du Rhône avec la nouvelle majorité métropolitaine : "J’espère qu’en effet, c’est simplement une pause. C’est sûr qu’elle n’allait pas reprendre exactement le projet de Bruno Bernard. Je souhaite que Madame Sarselli rencontre rapidement Grégory Doucet pour qu’ils puissent discuter de ce lieu. Les Lyonnais et les Lyonnaises n’ont plus envie d’avoir une six voies, si on ajoute les voies de stationnement, en plein centre-ville. Tout le monde reconnaît que c’est un endroit qui n’est pas agréable et qui n’est plus dans l’air du temps pour se promener. Il faut donc y travailler, pas forcément en restant strictement sur notre projet initial".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Audrey Henocque
Bonjour à tous et bienvenue, vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction Lyon Capitale, et aujourd’hui nous accueillons Audrey Henocque. Vous êtes première adjointe à la Ville de Lyon. C’était déjà le cas lors du mandat précédent. Votre délégation a changé, vous êtes passée des finances à la coopération territoriale. Première adjointe en charge de la coopération territoriale, c’est un intitulé, une fonction totalement inédite à la Ville de Lyon. Est-ce que c’est, j’imagine, en réponse aussi à une configuration politique inédite, cette cohabitation entre une métropole de Lyon dirigée plutôt par la droite et une Ville de Lyon dirigée par la gauche et les écologistes ? C’est finalement le fruit de cette réflexion, cette délégation ?
Alors en partie. Il y avait déjà un adjoint qui s’occupait des relations avec l’ensemble des mairies d’arrondissements. Donc ça, je le récupère parce qu’en effet, on a des arrondissements de couleurs différentes et avec lesquels la mairie centrale doit travailler. Et puis également les relations avec la métropole. Parce que nous sommes des collectivités avec des compétences et des attributions différentes. Et sur beaucoup de sujets, on est complémentaires et on a besoin de coopérer, de travailler ensemble pour que les projets sortent réellement.
Le terme de cohabitation, c’est un terme que vous emploieriez, vous ?
Non, pas du tout. La cohabitation, c’est au sein d’une même institution, comme on le voit souvent entre le président et le Premier ministre qui dirigent l’État.
Mais on ne peut pas imaginer la ville de Lyon et la métropole comme des poupées gigognes aujourd’hui ?
Non. La coopération, c’est plutôt cela pour moi. S’il y avait des dissensions, par exemple entre la présidente de la métropole et son premier vice-président, on pourrait parler de cohabitation. Là, entre collectivités différentes avec des attributions différentes, on est en coopération. On a besoin de travailler ensemble et on a besoin les uns des autres d’être ensemble.
Et puis vous savez, au-delà de la question des institutions, c’est la coopération au sens large pour rendre le service aux usagers. On peut parler aussi de coopération entre les habitants. Quand on pense à l’habitant d’une ville limitrophe de Lyon qui a fait le choix d’habiter dans un appartement plus grand parce que c’est moins cher en dehors de Lyon ou dans une maison, et qui vient à Lyon presque tous les jours pour bénéficier des services culturels, pour le travail, pour faire du shopping ou autre, il a besoin de venir facilement dans Lyon.
Mais le Lyonnais qui est resté dans le centre-ville, qui fait tout à pied ou en transport en commun avec ses enfants, il a aussi le droit de pouvoir se déplacer sans trop de pollution, sans trop de bruit et en étant en sécurité. On voit bien que les attentes sont différentes selon les territoires et les habitants. Et nous avons tous vocation à vivre ensemble. C’est pourquoi nous devons coopérer.
Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli se sont exprimés sur ce nouveau mode de fonctionnement entre la ville de Lyon et la métropole de Lyon. Jean-Michel Aulas a parlé d’une tutelle démocratique et d’une mairie de Lyon qui ne pourrait rien faire sans la métropole. Comment avez-vous pris son intervention de vendredi lors du conseil municipal ?
Je ne l’ai pas prise au pied de la lettre. Je pense que l’exercice ne devait pas être facile pour lui, puisqu’il n’a pas été élu maire de Lyon et qu’il devait tout de même être dans le siège officiel du maire le temps de remettre l’écharpe à Grégory Doucet. Peut-être a-t-il voulu garder la face avec des propos un peu incisifs.
Mais je préfère plutôt entendre Madame Sarselli, qui est la présidente de la métropole et qui a dit qu’elle serait à l’écoute des maires et qu’elle ne pourrait pas faire des choses sur leur territoire sans avoir leur accord, et donc l’accord de la population qu’ils représentent.
Est-ce que vous avez l’impression que cela se traduit dans la réalité de l’action ou des orientations politiques de la métropole de Lyon ?
Les mandats viennent juste de commencer. Je pense qu’il faut laisser retomber la pression de la campagne électorale pour recommencer à coopérer de manière plus classique et républicaine.
Je pense que c’est normal que Madame Sarselli soit attachée à des marqueurs forts de son projet politique pour lequel elle a été élue, mais que pour la plupart des sujets, peut-être un peu moins médiatisés, nous arriverons à bien coopérer.
Et puis même pour les sujets médiatiques comme la rive droite du Rhône…
J’allais y venir.
Voilà, elle a pour l’instant simplement dit qu’elle mettait ce projet de côté.
Oui, sa première décision, voire peut-être même sa première décision officielle de présidente de la métropole, est de reporter des travaux qui devaient intervenir sur les réseaux enfouis, notamment d’électricité, sur la rive droite du Rhône, au motif de ne pas embouteiller la circulation sur cet axe. Pour vous, ce n’est pas un mauvais signal dans la mesure où vous portez ce projet dans votre programme municipal ?
J’espère qu’en effet, c’est simplement une pause. C’est sûr qu’elle n’allait pas reprendre exactement le projet de Bruno Bernard. Je souhaite que Madame Sarselli rencontre rapidement Grégory Doucet pour qu’ils puissent discuter de ce lieu.
Les Lyonnais et les Lyonnaises n’ont plus envie d’avoir une six voies, si on ajoute les voies de stationnement, en plein centre-ville. Tout le monde reconnaît que c’est un endroit qui n’est pas agréable et qui n’est plus dans l’air du temps pour se promener. Il faut donc y travailler, pas forcément en restant strictement sur notre projet initial.
La coopération qui est votre délégation fait que vous allez peut-être revoir le projet, le redessiner, le redéfinir en accord avec la métropole ?
Oui, typiquement. C’est un projet qui repose essentiellement sur des compétences et des financements métropolitains. Il est donc normal de travailler ensemble.
Mais Madame Sarselli ne peut pas ne pas voir la majorité qui a été élue à la ville de Lyon. Et puis il y a également de nombreux conseillers métropolitains issus de l’union de la gauche et des écologistes.
Dernier sujet, la rue Grenette. Elle est intégrée dans la ZTL de Lyon, avec uniquement des bus qui circulent. La métropole souhaite la rouvrir à la circulation automobile. Est-ce que, quand vous entendez cela, vous avez l’impression d’être respectée en tant que municipalité ?
Je pense que nous sommes encore dans les suites de la campagne et qu’il faut vraiment se poser avec Madame Sarselli pour regarder cela de près.
Elle a dit sur de nombreux sujets qu’elle commencerait par une analyse, un audit, par étudier les choses avant de prendre des décisions.
Et quand on voit aujourd’hui la rue Grenette, il y a un flux de bus très important, qui garantit une grande rapidité et une bonne fréquence. Mélanger bus et voitures sur cet axe me semblerait vraiment problématique.

Il est vrai qu'avec un budget 4 fois inferieur à ceux de la métropole et de la région, le khmer a besoin des autres ! L'humilité comme fond de commerce politique, face à un conseil municipal à 1/2 en opposition !