Le barrage de Lavalette, sur le Lignon du Velay #Julien Bertrand

Pour l’eau des Stéphanois, un chantier à près de 10 millions d’euros

Le chantier de rénovation du barrage de Lavalette, en Haute-Loire, se poursuit. C’est aujourd’hui la principale réserve d’eau potable de l’agglomération stéphanoise. Près de 10 millions d’euros sont engagés pour sécuriser son fonctionnement et préparer l’avenir. Explications.

À première vue, le chantier paraît éloigné des Stéphanois. Le barrage de Lavalette (500 mètres de long et environ 60 mètres de haut) se trouve à Lapte, en Haute-Loire, à plusieurs dizaines de kilomètres de Saint-Étienne. Pourtant, son fonctionnement concerne directement les habitants de l’agglomération : Lavalette, mis en service en 1910, constitue la principale réserve d’eau potable du territoire stéphanois. Construite sur le Lignon du Velay, la retenue peut stocker jusqu’à 41 millions de m³ d’eau. Elle participe à l’alimentation en eau potable d’environ 430 000 personnes et joue également un rôle dans la production hydroélectrique. C’est donc un ouvrage stratégique pour le territoire. Les travaux se dérouleront jusqu’en janvier 2027.

Le chantier porte principalement sur le dispositif d’évacuation des crues. Quatre vannes équipent l’ouvrage. Trois d’entre elles, mises en service en 1950, doivent être remplacées après la découverte de signes de vieillissement et de fissures. La quatrième, installée en 1994, fait l’objet d’une rénovation. Les travaux portent également sur les locaux techniques des piles, les accès aux différents niveaux des vannes et certaines réparations localisées sur les piles de l’ouvrage.

La rénovation répond aussi à un enjeu de sécurité. Les services de l’État ont encadré les travaux par un arrêté préfectoral, après une révision de l’étude de dangers du barrage. Depuis janvier 2024, plusieurs vannes étaient maintenues dans des positions particulières afin de réduire les risques liés à leur état et de garantir une gestion adaptée de la retenue. Les travaux doivent permettre de revenir à un fonctionnement plus robuste de l’évacuateur de crues.

Près de 10 millions d’euros pour sécuriser l’ouvrage

Les travaux sont réalisés progressivement, avec une intervention sur une vanne à la fois. Cette organisation doit permettre de conserver les capacités nécessaires au fonctionnement du barrage pendant le chantier. Chaque vanne peut laisser passer jusqu’à 500 m³ d’eau par seconde. À elles quatre, elles constituent donc un dispositif capable d’évacuer jusqu’à 2 000 m³ d’eau par seconde. Pour permettre les interventions, le niveau de la retenue a notamment été abaissé d’environ 10 mètres sous les vannes.

L’investissement est conséquent : près de 10 millions d’euros hors taxes sont mobilisés par Saint-Étienne Métropole. Le marché consacré à la réhabilitation des vannes de crues a été attribué pour 8,74 millions d’euros HT au groupement Legendre Génie Civil et Idroweld, auxquels s’ajoutent les autres dépenses liées à l’opération. La rénovation intervient également dans un contexte où la disponibilité de la ressource reste un sujet de vigilance. À l’automne 2026, la retenue affichait environ 12 millions de m³, soit moins d’un tiers de sa capacité maximale, sur fond de déficit pluviométrique.

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