Au cours d'un déplacement à Bron, Véronique Sarselli a annoncé avoir trouvé une solution pour sauver la boulangerie Paneo, à Bron. Le commerce était menacé de démolition à cause des travaux du BHNS route de Genas.
C'est une visite, on ne peut plus symbolique. Alors que Véronique Sarselli s'était faite plutôt discrète ces derniers jours, la présidente de la Métropole de Lyon avait donné rendez-vous à la presse au 272 route de Genas, à Bron. Sans préciser à l'avance les raisons de ce déplacement, une rapide recherche sur Google Maps permettait de deviner que le sujet de la maison Paneo, boulangerie menacée, en partie, de démolition par le projet du BHNS route de Genas, allait être évoqué.
Un dossier de longue date qui s'était transformé en caillou dans la chaussure de Bruno Bernard et de sa majorité métropolitaine. Le projet de faire passer le Bus à Haut Niveau de Service, qui reliera dès 2027 la Part-Dieu aux 7 chemins à Bron, devant le commerce, allait contraindre la boulangerie à être amputée d'une partie de son parking et de sa boutique. Vent debout contre cette décision, le propriétaire des lieux avait, ces derniers mois, fortement médiatisé son combat face à une Métropole de Lyon écologiste accusée de vouloir détruire les commerces de proximité. Sur le plateau de 6 minutes chrono, Ali Harbaoui affirmait en février dernier avoir chiffré entre 50 et 65 % la perte du chiffre d'affaires de ce commerce si ce projet se faisait.
Ce jeudi matin, moins d'un mois après son élection à la tête de la collectivité, Véronique Sarselli est donc venue, symboliquement, annoncer que la boulangerie allait être sauvée. "On est venu leur dire qu'on ne les a pas laissés tomber et qu'on a tenu nos engagements" se félicite l'ancienne maire de Sainte-Foy-lès-Lyon. "On voit bien qu'en écoutant et dialoguant, on arrive à trouver des solutions. Ça semble pourtant être le b.a.-ba" complète la présidente LR, dans un tacle à peine masqué à son prédécesseur Bruno Bernard.
"Vous nous avez sorti des ténèbres"
Heureux et soulagé, Ali Harbaoui, co-gérant avec son frère de la boulangerie, avoue en "avoir eu les larmes aux yeux" quand il a appris que dans le nouveau projet porté par la Métropole, le bâtiment de son commerce ne serait pas impacté. "Avec le projet précédent, nous allions mourir. Vous nous avez sorti des ténèbres" affirme-t-il à l'adresse de Véronique Sarselli, Gilles Gascon et Jérémie Bréaud, présents tous les deux pour l'occasion. "On est avec vous et on continuera d'être avec vous" continue même le boulanger, heureux de pouvoir annoncer à ses clients que sa boutique restera ouverte malgré les travaux.
Mais alors, comment la Métropole de Lyon, dirigée par la droite depuis moins d'un mois, a-t-elle réussi là où les écologistes avouaient ne pas avoir de solution ? "Les techniciens du Sytral ont travaillé et ont réussi à conserver le volet technique du parcours, tout en maintenant le foncier de la boulangerie" détaille Gilles Gascon, vice-président chargé des mobilités. "Le logiciel de notre majorité n'est pas le même que la précédente. Depuis le début il y avait de la place pour cette configuration" poursuit-il.
Une "vague" comme solution miracle ?
Autrement dit, devant la boulangerie Paneo, le BHNS conservera son site propre, les deux voies de circulation automobile seront maintenues et la Voie Lyonnaise sera également construite. "Les choses avaient été tracées de manière rectiligne. Avec une forme de vague devant la boulangerie, on parvient à faire passer tout ça. Quand on pose tout sur le papier, et avec de la volonté on y arrive" complète Véronique Sarselli. Une simple vague comme solution à un problème qui semblait inextricable il y a encore quelques semaines seulement. Et un projet qui ne touchera donc pas le bâti de la boulangerie mais qui viendra préempter 120 m2 du parking du commerçant, supprimant seulement deux places de stationnement.
"Le premier projet prévoyait de me prendre 40 % de la surface totale du parking et on aurait eu la boutique coupée en deux" affirme Ali Harbaoui. Des propos que dément auprès de Lyon Capitale Vincent Monot, élu écologiste chargé de suivre ce dossier au Sytral durant le précédent mandat. "Je sais que les équipes avaient proposé au propriétaire de la boulangerie un plan pour simplement mieux organiser son parking et ainsi conserver un nombre de places équivalent ou quasi équivalent" affirme l'élu qui estime que dans ce dossier "il n'y avait pas de solution magique".
L'ancienne majorité se défend
Une proposition donc quasi équivalente, au moins en ce qui concerne le parking, à ce qui est apporté par la nouvelle majorité mais qui aurait été à plusieurs reprises repoussée par les gérants de la boulangerie ? "Des mensonges" répond Ali Harbaoui. "Il faut arrêter de raconter des salades. Quand vous passez votre temps à raconter des mensonges, on voit bien ce que ça donne dans les urnes" ironise-t-il. "La vérité c'est que la précédente majorité s'est dit qu'on était des petits boulangers et qu'ils allaient réussir à nous endormir sur ce dossier".
Fabien Bagnon, également contacté par Lyon Capitale, dément lui aussi qu'une solution technique existait pour maintenir à la fois le BHNS en site propre, les voies de circulation et la piste cyclable. "Aucun scénario permettant de ne pas toucher à la boulangerie n'avait été présenté aux élus" avoue l'ancien vice-président chargé des mobilités. Un scénario finalement mis sur pied en moins de deux semaines par la nouvelle équipe aux manettes.
"On quitte l'Absurdistan et on revient à la vie réelle" image Jérémie Bréaud, maire de Bron et également vice-président à la métropole chargé de la sécurité. "On s'est battu depuis cinq ans pour trouver une solution. Mais on était confronté à un mur. Pourtant, la solution existait et on se rend compte que le bon sens finit par l'emporter". "Je ne sais pas comment vous remercier" lance Ali Harbaoui. "Des croissants et des cafés à volonté, ce sera un bon début" conclut, en souriant, les élus présents.
Les propriétaires de la boulangerie "en négociation" pour se mettre en conformité
Ali Harbaoui explique être actuellement en négociation avec la copropriété mitoyenne à son commerce pour lui racheter une partie du terrain sur lequel il avait fait construire, illégalement, une extension de son commerce, sans être officiellement propriétaire du terrain. "Notre but c'est de garder notre commerce et rien d'autre. On veut conserver de bonnes relations avec nos voisins et une bonne image, c'est le plus important" conclut le propriétaire.

En jouant avec les fusions de liste, Greg a sacrifié son binôme Bernard à la métropole, en charge des stransports urbains, et dont le budget est 4 fois supérieur à celui da la ville !