Quelque part en Californie, des ingénieurs entraînent en ce moment même un modèle d’intelligence artificielle sur des milliards de données, avec une puissance de calcul équivalente à celle de plusieurs centrales nucléaires. À Lyon, des chercheurs se posent une question radicalement différente : et si on pouvait faire presque autant avec cent fois moins ?
Depuis 2022 et l’irruption de ChatGPT dans le quotidien de centaines de millions de personnes, la planète IA s’est embrasée. Derrière ces outils conversationnels se cachent des LLM (Large Language Models, ou grands modèles de langage), des systèmes entraînés sur des quantités astronomiques de données, capables de générer du texte, du code, des images et de raisonner sur des problèmes complexes. OpenAI, Google DeepMind, Meta, Anthropic, les acteurs qui mènent cette course sont américains et capitalisés à des niveaux qui dépassent l’entendement. Construire un LLM compétitif nécessite des dizaines de milliers de puces graphiques spécialisées, des mois de calcul intensif, des investissements en milliards de dollars. Et l’escalade ne ralentit pas. Chaque nouveau modèle est plus grand, plus cher, plus énergivore. La France n’est pas totalement absente. Mistral AI a réussi à s’imposer comme un acteur crédible à l’échelle européenne. Mais même cette pépite tricolore reste un outsider. Quant à Lyon, dans cette course, la ville n’existe tout simplement pas.
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“Nous ne cessons d’inventer la civilisation qui décivilise”