Au cours de la commission sur les violences sexistes et sexuelles organisée par la Ville de Lyon ce jeudi 17 septembre, Jean-Michel Aulas a reconnu à demi-mots n’avoir pas su correctement accueillir la parole de la jeune femme ayant déposé plainte pour viol contre Roman Abreu, son ancien directeur de campagne, et a appelé à un travail collectif.
Sa présence était scrutée. Jean-Michel Aulas a bien participé à la commission sur les violences sexistes et sexuelles organisée par la Ville de Lyon ce jeudi 17 septembre. L’occasion pour lui de s’exprimer pour la première fois, sans la nommer directement, au sein de l’hémicycle municipal sur l’affaire Roman Abreu, du nom de son ancien conseiller durant la campagne des municipales visé depuis mai par une plainte pour viol par soumission chimique pour des faits remontant en janvier, et à l’origine de cette commission. L’ancien président de l’Olympique lyonnais était aux côtés de Laure Cédat, tous les deux s’étant depuis mis en retrait de leur fonction de président et vice-président du groupe Cœur Lyonnais.
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"Ne pas connaître ce qui s’est passé peut conduire à des erreurs"
Une prise de parole assez brève, de quelques minutes, au cours de laquelle le candidat malheureux aux municipales a affirmé qu’il ne pouvait y avoir "ni hésitation, ni calcul politique" dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et que le sujet "n'appartient à personne et nous oblige tous." Jean-Michel Aulas et son groupe participeront par ailleurs "pleinement" au groupe de travail que la municipalité lancera d’ici quelques semaines. "Il prolongera cette commission avec une conviction : être capables, sur ces sujets, de travailler ensemble, dans la durée", a-t-il ajouté
L'affaire Abreu n'aura finalement jamais été évoquée directement. "Nous sommes tous, femmes et hommes, le produit d’une éducation, d’une histoire et d’une culture collective. C’est précisément parce que certains comportements ont longtemps été banalisés, tus ou excusés que nous devons aujourd’hui apprendre à mieux les identifier pour mieux y répondre. Ne pas connaître ce qui s’est passé peut conduire à des erreurs", a-t-il estimé. Pour rappel, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat avaient lourdement été critiqués pour ne pas avoir mis Roman Abreu en retrait, ces derniers ayant été tenus au courant des faits qui lui étaient reprochés en février, avant la plainte déposée le 13 mai.
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Éviter de laisser chacun répondre "selon son intuition ou son expérience"
Alors, sans jamais réellement faire son mea-culpa, l’ancien président de l’Olympique lyonnais s'est interrogé : "Lorsqu’une prise de parole surgit, particulièrement lorsqu’elle révèle des faits relativement graves, notre responsabilité est de savoir l’entendre. Mais écouter ne suffit pas. Il faut savoir protéger, savoir accompagner, savoir orienter et il faut aussi savoir comment agir : comment agir sans se subsister à la justice, comment respecter la volonté de la personne qui parle tout en assumant ses responsabilités, comment protéger les personnes tout en garantissant les principes fondamentaux de notre état de droit, notamment la présomption d’innocence."
Jean-Michel Aulas a finalement plaidé pour mettre à disposition des élus des dispositifs "très concrets" et ainsi éviter de laisser chacun "répondre seul à ces questions selon son intuition ou son expérience". Et de conclure : "La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être seulement une affaire de femmes (…). Notre ambition doit être celle de construire une société où nos filles sont plus libres, moins exposées aux violences. Dans laquelle nos fils ne sont ni agresseurs, ni complices, ni silencieux, ni spectateurs."
Des propos et une remise en question qui peuvent interroger. Interrogée à ce sujet à la sortie de la commission, Sylvie Tomic, adjointe au maire déléguée aux Droits et à l'Égalité, a estimé que Jean-Michel Aulas avait eu "des propos consensuels". "Je lui laisse ses propos. Ce que je souhaitais, c'est que l'on discute en profondeur des sujets. C'est ce que je retiens de cette matinée."
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