Dimanche 26 avril, Poleymieux-au-Mont-d'Or accueille son tout premier trail. Une naissance modeste, mais qui s'inscrit dans un mouvement de fond : le trail comme outil de rayonnement des territoires.
Il y a quelque chose d'un peu fou dans l'organisation d'un trail. Des mois de préparation bénévole, des équilibres financiers serrés, 80 personnes mobilisées un dimanche matin pour baliser des sentiers, ravitailler des coureurs et accueillir des inconnus venus transpirer dans leur village. Et pourtant, partout en France, des collectifs se lancent. Parce que le trail n'est plus seulement une discipline sportive : c'est devenu une vitrine pour les territoires.
Lyon Capitale l'avait documenté en analysant le modèle de l'UTMB : les retombées économiques de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc ont été estimées à plus de 23 millions d'euros. Un chiffre stratosphérique, évidemment hors de portée d'un premier trail villageois. Mais le principe, lui, est le même. Beaucoup de territoires profitent de l'explosion du trail pour dynamiser leur commune et diversifier leur activité. Et comme le souligne un élu lyonnais cité dans cette enquête, ces trails sont des outils de promotion touristique évidents.

Deux parcours, une seul philosophie
800 coureurs sont attendus ce 26 avril dans les Monts d'Or. 350 sur le 10 km, 450 sur le 19 km. Derrière ces chiffres, une logistique impressionnante pour une première édition : 80 bénévoles mobilisés, quatre partenaires engagés, des commerces et acteurs locaux du territoire présents à chaque étape du parcours. Le trail, déjà, crée du lien.
Le 10 km traverse l'âme du village : cabornes discrètes, monuments emblématiques, points de vue qui récompensent l'effort, avant une belle descente finale dans les rues de Poleymieux. Le 19 km pousse plus haut, plus loin, sentiers "engagés", crêtes, longues ascensions vers les sommets, avec un ravitaillement solide pour tenir jusqu'à une arrivée décrite comme "rapide, nerveuse, grisante". Deux formats pensés pour deux types de coureurs, mais une même promesse : découvrir un massif sans filtre, et repartir avec le sentiment d'avoir vraiment accompli quelque chose.

La ligne de crête financière
Soyons honnêtes, un premier trail, c'est aussi une prise de risque. Pas de subventions publiques cette année, le budget de 5 000 euros repose entièrement sur les inscriptions et l'engagement de partenaires privés qui ont choisi de croire au projet : Terre de Running, le Groupe Lépine, Bureau Sully pour les partenaires principaux ; V&B Limonest, le Jardin des Monts d'Or, Au Paradis des Fleurs à Neuville et Sanytol pour les dotations podium ; Leclerc Genay et Intermarché Neuville pour le ravitaillement. Sans oublier le soutien de la mairie de Poleymieux, et les équipes engagées par Navya et l'Amicale des Pompiers via leurs CSE. Et bien sûr, les 80 bénévoles qui donnent de leur temps sans compter, la colonne vertébrale de toute la machine.
C'est précisément pour ça que ce genre d'initiative mérite d'être encouragé et soutenu. Le trail représente aujourd'hui entre 1,4 million et 2,6 millions de pratiquants selon les méthodes de comptage (pratique occasionnelle vs régulière). Le trail est aujourd’hui l’une des formes dominantes du running avec environ 4 000 courses de trail organisées chaque année, en croissance continue (+11 % entre 2023 et 2025).

Auvergne-Rhône-Alpes : un cœur du trail français
Même si les chiffres précis "officiels" sont moins consolidés qu’au niveau national, plusieurs éléments montrent que la région Auvergne-Rhône-Alpes est l’un des épicentres du trail en France. Région de montagne majeure (Alpes et Massif central), territoire très équipé en itinéraires nature (38 000 kilomètres de sentiers balisés) et forte culture outdoor (randonnée, ski, VTT…)en font le principal bassin d’organisation de trails en France
Derrière chaque course, il y a des gens qui y croient assez pour consacrer leur énergie à faire exister quelque chose de beau dans leur territoire. Le Mont d'Or Trail en est à sa première édition. Peut-être le début d'une belle histoire.
