L’ancien directeur des Chartreux, qui a quitté ses fonctions début juillet, Jean-Bernard Plessy est désormais visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles aggravées, après avoir entretenu une "relation" avec une étudiante majeure.
L’étau se resserre autour de Jean-Bernard Plessy L’ancien directeur de l’institution des Chartreux, située dans le 1er arrondissement de Lyon, est désormais visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles aggravées. Pour rappel, Jean-Bernard Plessy, qui lors de son départ le 9 juillet assurait ne plus avoir "l’énergie nécessaire pour mener à bien [sa] mission", aurait entretenu une "relation" avec une élève majeure placée sous son autorité. Selon les informations du Progrès, la plainte a été déposée ce jeudi 10 septembre. Jean-Bernard Plessy reste, à ce jour, présumé innocent.
Informé des faits au mois de juin, l’archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay, avait immédiatement demandé l’ouverture d’une enquête canonique, avant de demander la mise en retrait du père Plessy. "Ma main n’a pas tremblé. On a pris des mesures qui s’imposaient pour protéger cette jeune femme. Maintenant, les choses vont se poursuivre. Il appartient à la justice de qualifier les faits", expliquait-il le 8 septembre en marge du Vœu des Échevins.
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Des "pressions" exercées sur la victime
Dans un communiqué, transmis à notre rédaction, Me Nadia Debbache, avocate au barreau de Lyon, révèle que les violences seraient survenues alors que la jeune femme, sa cliente, était "tout juste majeure" et auraient "persisté durant plusieurs mois jusqu’en juillet 2026". Elle précise par ailleurs que l’enquête judiciaire porte explicitement sur des viols et agressions sexuelles aggravées en raison des fonctions d’autorité exercées par Jean-Bernard Plessy et "des éléments de vulnérabilité tenant à la victime."
L’avocate ajoute par ailleurs que l’enquête porte sur une "possible tentative d’entrave à la justice, suite à des pressions exercées sur la plaisante pour falsifier son récit et lui imposer le silence." Pour rappel, le diocèse de Lyon a indiqué le 2 septembre avoir gardé le silence sur cette affaire "par respect pour la demande de confidentialité de la jeune femme", mais qu’en cette rentrée scolaire, "il est apparu indispensable que la communauté éducative soit informée et qu’une enquête interne puisse être diligentée."
La communication du Diocèse Lyon, qui interroge, aurait été un "second traumatisme" pour la plaignante. "Les choix sémantiques de l’archevêché dans son communiqué du 2 septembre ont été un véritable choc psychologique. Réduire des violences sexuelles au terme de "relation" minimise la gravité des faits", déplore encore Me Nadia Debbache. Qui note également qu’"aucune ligne" du communiqué "n’adresse de soutien à la victime ou à l’enseignante qui a pris la responsabilité de donner l’alerte." L’impact sur la santé psychologique de la jeune fille serait attesté par des constatations médicales, révèle son avocate.
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Une mesure d’éloignement qui "pose question"
Lors de sa mise en retrait, Jean-Bernard Plessy avait également été interdit d’entrer en contact avec la victime présumée, de se rendre sur les sites de l’Institution des Chartreux et d’exercer tout ministère dans le diocèse de Lyon. Ce dernier aurait alors été "accueilli au sein d’une communauté religieuse", assure l’avocate, qui demande des explications au Diocèse de Lyon. "Une mesure de précaution a pour objet de protéger les tiers pendant l’enquête, et non d’offrir un abri à celui qu’elle vise. On ne conçoit pas qu’un homme mis en cause pour des violences sexuelles soit éloigné en étant placé au milieu de femmes — dont on ignore, à ce stade, si elles ont été informées de la nature exacte des faits reprochés et mises en mesure d’y consentir", poursuit-elle.
Me Nadia Debbache enjoint donc le Diocèse de Lyon a précisé publiquement "l’autorité qui a décidé de cette affectation et la date de cette décision", "si la communauté d’accueil a été informée de la nature des faits ayant conduit à l’ouverture de l’enquête" et "quelle évaluation du risque a précédé cette décision, et selon quelle procédure."
Alors, face aux "défaillances" qui ont été mises en lumière par ce signalement, la plaignante fait deux requêtes. La première, celle de l’ouverture "immédiate" d’un audit indépendant pour évaluer la cellule d’écoute du Diocèse de Lyon. Et la deuxième, celle du transfert "complet" de l’accueil des victimes à des organismes extérieurs et neutres. "Le Diocèse ne peut cumuler les rôles de lieu de recueil de la parole, d’employeur du suspect et de juge. La question de l’aptitude réelle des bénévoles à traiter des traumatismes lourds reste entière", écrit enfin Me Nadia Debbache.
