Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne. @Alex MARTIN / AFP)

Législatives à Lyon : le gendre de Mélenchon parachuté à Villeurbanne, le maire PS vent debout

Socialistes, écologistes, Insoumis et communistes multiplient les tentatives afin de trouver un accord pour les législatives en juin. Jeudi 28 avril, le maire socialiste Cédric Van Styvendael de Villeurbanne, dans la Métropole de Lyon, s'inquiète dans Lyon Capitale du probable parachutage du conseiller régional LFI, Gabriel Amard, sur la 6e circonscription du Rhône.

Les discussions pour les législatives battent leur plein et certains commencent déjà à s'agacer. Alors qu'Insoumis, écologistes, communistes et socialistes tentent de sceller un accord en vue du prochain scrutin prévu en juin, cette potentielle union des forces de gauche devrait se faire avec son lot de crispations. À commencer par la 6e circonscription du Rhône, correspondant à Villeurbanne dans la Métropole de Lyon, où Jean-Luc Mélenchon a engrangé près de 38 % des voix au premier tour de la présidentielle, devançant ainsi Emmanuel Macron et ses 25,8 %.


"On ne peut pas faire n'importe quoi à Villeurbanne, même au nom de l'union que je prône et que j'ai mis en œuvre depuis 2 ans. À cet égard, on nous doit quelques formes de politesses", 

Cédric Van Styvendael, maire PS de Villeurbanne


Gabriel Amard, actuellement conseiller régional LFI d'Auvergne-Rhône-Alpes, est fortement pressenti pour être parachuté dans cette circonscription. Seulement, le maire socialiste Cédric Van Styvendael ne l'entend pas de cette oreille.  "On ne peut pas faire n'importe quoi à Villeurbanne, même au nom de l'union que je prône et que j'ai mis en œuvre depuis 2 ans. À cet égard, on nous doit quelques formes de politesses", confie ce jeudi 28 avril le chef de l'exécutif villeurbannais à Lyon Capitale. En effet, le gendre de Jean-Luc Mélenchon, s'il est officiellement investi par les Insoumis, pourrait s'opposer à Cristina Martineau, adjointe à la petite enfance et aux personnes âgées à la mairie de Villeurbanne, déjà engagée en tant que candidate pour les législatives sur cette circonscription.

Villeurbanne, 100 ans de socialisme

"On ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas de candidate PS, moi je la soutiendrai, lance l'édile socialiste. Villeurbanne c'est 100 ans de socialisme municipal, une équipe plurielle, et donc je demande la formulation d'une attente particulière sur cette circonscription" poursuit-il. En d'autres termes, le maire socialiste considère que la méthode employée par les Insoumis lorgnant sur la circonscription villeurbannaise n'est pas la bonne. "Parachuter un candidat à Villeurbanne alors que l'accord avec LFI existe depuis les élections municipales il y a deux ans, et que ça marche, c'est une erreur. Dans ces conditions-là, je ne vois pas comment nous pourrions arriver à un accord. Et j'en suis meurtri, car personne ne pourra dire que je ne suis pas un partisan de l'union de la gauche" avoue Van Styvendael.


"Avoir un candidat Insoumis qui est également membre de l'exécutif villeurbannais aurait eu plus de légitimité dans les discussions à mener"Cédric Van Styvendael


"Avoir un candidat Insoumis qui est également membre de l'exécutif villeurbannais aurait eu plus de légitimité dans les discussions à mener", regrette celui qui a tendu la main aux Insoumis lors du premier tour des municipales en 2020. D'autant que la 6e circonscription du Rhône n'étant détenue ni par LFI, ni par le PS, mais bien par le député sortant Bruno Bonnell (LREM), le contexte aurait pu laisser place à de plus amples discussions. "Au regard de l'histoire socialiste de Villeurbanne, nous pourrions avoir une candidate socialiste. Je suis prêt à prendre mes responsabilités de maire socialiste en disant que ce qui importe c'est la France et l'union des gauches pour une majorité à l'assemblée. Et je pense que tous les militants socialistes sont prêts à l'entendre également. Mais leur demander ça, en plus de se ranger derrière quelqu'un qui ne vient pas du territoire et qui n'a pas de racines sur ce territoire, c'est une erreur qui fragilisera le travail construit pour une alliance" soutient-il.


"En appelant au ralliement, j'ai pris mes responsabilités, Grégory Doucet aussi. À la France Insoumise d'en faire de même", Cédric Van Styvendael

En attendant, la candidature PS sur cette circonscription est toujours d'actualité et  les investitures insoumises ne seront officialisées que le 7 mai prochain. Reste alors la question de l'union des gauches. "Elle se fera au niveau national, répond l'élu socialiste. Et si sa position montre bel et bien que la 6e circonscription sera difficile à négocier, il plaide pour que les Insoumis trouvent une alternative plus satisfaisante. "LFI est déjà dans nos exécutifs et cela mérite des égards à notre encontre. Si on veut parvenir à un accord, il ne faut pas parachuter des gens venus de nulle part. En appelant au ralliement, j'ai pris mes responsabilités, Grégory Doucet aussi. À la France Insoumise d'en faire de même".

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