Cette année la production de Beaujolais serait en baisse de 20% par rapport aux 5 dernières années en raison de la sécheresse. @Etienne Ramousse / Inter Beaujolais

Le Beaujolais nouveau 2022 impacté par la sécheresse et la crise énergétique

Véritable tradition dans le Rhône, le Beaujolais nouveau coulera à flots à partir du 16 novembre à minuit à Lyon. Un cru 2022 marqué par la sécheresse qui a fait baisser la production de 20% et la crise énergétique qui pèse lourd sur les exports. 

Honni par certains, véritable tradition pour d’autres, recherché par les étrangers, le Beaujolais nouveau ne laisse personne indifférent. Lors de la sortie d’un nouveau cru, chacun y va de son commentaire plus ou moins salé en fonction de ses goûts. Un cru 2022 au goût quelque peu amer pour les viticulteurs du Beaujolais après un été marqué par la sécheresse, qui a impacté la production, et une fin d’année sur laquelle pèse la crise énergétique. 

Cette année, la production des vignes du Beaujolais a souffert de la sécheresse. (Photo de Olivier CHASSIGNOLE / AFP)

20% de production en moins

"En termes, de quantité si on prend la moyenne des cinq dernières années on est à peu près 20% en dessous de la moyenne en raison de la sécheresse. C’est assez hétérogène en fonction des secteurs", confie à Lyon Capitale Daniel Bulliat. "L’année dernière, on avait fait 18 millions de bouteilles cette année on sera un peu en dessous", ajoute le président de l’Inter Beaujolais, qui préfère voir le verre bien rempli en insistant sur la qualité de ce millésime.


"On a eu des quantités un peu faibles par rapport à la sécheresse, mais en termes de qualité c’est une super belle année, c’est très concentré", Daniel Bulliat président de l’Inter Beaujolais


"C’est une super belle année, c’est très concentré. C’est un millésime solaire. On a des Beaujolais nouveaux qui sont suffisamment riches et puissants donc c’est un bon millésime. En 2021, les vins étaient plutôt légers et fruités, cette année ils sont plus consistants, ronds avec de jolies couleurs. Ce millésime 2022 ressemble beaucoup à 2020 et à tous les millésimes solaires que l’on a de plus en plus souvent maintenant", décrit Daniel Bulliat. 

Le tonneau symbolique descendra à vélo depuis le Beaujolais jusqu'au quai Romain-Rolland, avant d'être roulé jusqu'à la place Saint-Jean mercredi 16 novembre. (Photo de JEFF PACHOUD / AFP)

Les Lyonnais pourront se faire leur avis dès ce mercredi soir dans les bars de la ville et place Saint-Jean, dans le 5e arrondissement, où le premier tonneau de Beaujolais nouveau sera mis en perce à minuit après son arrivée à vélo depuis Perréon. Les autres et notamment les étrangers où le primeur est exporté devront attendre le 17 novembre pour y tremper les lèvres. 

Lire aussi : Le Beaujolais nouveau fera son arrivée à Lyon en vélo

Le coût de l'exportation vers le Japon double

Des exportations qui cette année ont subi de plein fouet les conséquences de la crise énergétique. À en croire Daniel Bulliat "un grand nombre" d’importateurs japonais, où le Beaujolais est très apprécié, ont fait le choix de ne pas importer en raison de coûts trop élevés par avion qui ont été multipliés par deux. "Quand il fallait 3 euros pour exporter une bouteille au Japon, il en faut maintenant 5 ou 6 euros", déplore le président de l’Inter Beaujolais. Concrètement, cela représenterait une perte de 1 million de bouteilles. 


"Le coût du transport va devenir un handicap pour exporter dans des pays lointains comme ça où l’utilisation du bateau n’est pas envisageable", Daniel Bulliat président de l’Inter Beaujolais


Plus économique, le transport par bateau ne serait pas envisageable pour rallier des destinations aussi lointaines selon l’Inter Beaujolais. Tout simplement en raison du temps de trajet, qui serait d’environ 1 mois et demi, et des délais très courts entre la mise en bouteille et la commercialisation. Cette nouvelle réalité économique impose donc au secteur de repenser sa stratégie, ce qu'il fait depuis près de 5 ans en revoyant sa production de Beaujolais nouveau, mais l’inquiétude reste très mesurée pour le moment. 

Au Japon, certains fêtent l'arrivée du Beaujolais nouveau en se baignant dedans. Une véritable pour tradition pour certains Japonais. (Photo de TOSHIFUMI KITAMURA / AFP)

"Cela nous aurait plus inquiétés à l’époque des grandes années avec le Japon où on leur vendait 10 millions de bouteilles. Maintenant qu’on leur vend 3 ou 4 millions de bouteilles, c’est moins important", explique Daniel Bulliat. Cette année c’est peut-être même un mal pour un bien étant donné les plus faibles quantités récoltées. "Si on doit perdre 10 000 hectolitres, c’est particulièrement sur le marché japonais. Ça n’aura finalement que peu de conséquences, car suite à la petite récolte je ne suis pas certain que nous étions en capacité d’approvisionner tout le monde", admet le représentant des vignerons du Beaujolais. 

Désormais, les crus de ces derniers sont majoritairement exportés en direction des États-Unis, mais aussi du Canada, du Royaume-Uni et de l’Europe du Nord, "ce sont des marchés qui fonctionnent très très bien", assure Daniel Bulliat. Alors que la côte Est est facilement accessible par bateau, les importateurs américains ne seraient finalement que peu impactés par l’évolution des frais de port qui touchent principalement l’aviation ces derniers mois. Une aubaine à l’heure où plus de 10% de la production de Beaujolais est envoyée outre-Atlantique aux États-Unis.

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