Grégory Doucet est venu visiter le centre horticole de Cibeins à Misérieux (Ain), accompagnée de son adjointe à la biodiversité Sophia Popoff @RB

"Ici se prépare la ville de demain" : au centre horticole de Cibeins, Grégory Doucet veut continuer à "débitumer" Lyon

À Misérieux, le centre horticole de Cibeins fournit 98 % des besoins de Lyon en végétaux. Arbres, vivaces et arbustes y sont produits pour végétaliser la ville. Grégory Doucet s'est rendu sur place ce jeudi.

D'où proviennent les végétaux plantés à Lyon ? Pour le savoir, direction le centre de production horticole de Cibeins, situé à Misérieux (Ain). C'est sur ce domaine de 210 hectares, dont 19,5 sont exploités par la Ville de Lyon, que poussent diverses essences de plantes. Pour l'entretenir, une quinzaine d'agents sont mobilisés sur le terrain.

Créé en 1918 par Edouard Herriot, ce site fournit 98 % des besoins des services de la Direction Biodiversité et Nature en Ville. Un réservoir indispensable à la collectivité, d'autant plus que Grégory Doucet, maire de Lyon, a fait de la végétalisation l'une des pierres angulaires de son mandat. C'est dans cette optique qu'il s'est rendu sur le site pour la deuxième fois ce jeudi 27 août, accompagné de Sophia Popoff, son adjointe à la biodiversité.

Le budget de fonctionnement du centre horticole s'élève à 200 000 euros annuels. Et pour cause, l'édile assure avoir "intensifié la nature en ville" en l'augmentant de 30 hectares sur le premier mandat. Et ce par l'intermédiaire de 360 projets. Une hausse qui se traduit directement sur la production du centre. "Nous avons constaté une augmentation de 500 % de la production d'arbres sur les cinq dernières années", explique Sébastien Patural, responsable du site. Le centre horticole a livré 230 000 végétaux en 2025-2026 pour la ville de Lyon, de quoi faire du local une piste prioritaire.

Le centre horticole de Cibeins à Misérieux @RB

"C'est un peu une nurserie"

Dans les différentes serres, les trois strates sont représentées, des arbres aux plantes basses, en passant par les arbustes. "Nous sommes aussi capables de faire de la multiplication, de passer d'une graine à un plant entier. C'est un peu une nurserie ici", ajoute Sébastien Patural. S'il y a bien un type de plante qui semble tirer son épingle du jeu, ce sont les vivaces. Ces végétaux résistent aux fortes chaleurs comme aux gels et sont donc à privilégier dans un objectif de pérennisation de la flore municipale. Sébastien Patural l'a bien compris : "en 2026, nous avons 156 000 vivaces pour près de 500 variétés. L'avantage, c'est qu'elles ont besoin d'une culture courte, seulement entre 4 et 6 mois."

Sur ce site ô combien important pour Lyon, la culture de ces plantes se fait sans produits phytosanitaires, mais par l'intermédiaire de la protection biologique intégrée (PBI), qui consiste à faire appel au vivant contre les parasites. Pas de produit, mais… des coccinelles, par exemple. Cette technique s'inscrit dans une volonté plus large : celle d'adapter ses pratiques dans un monde qui change face au réchauffement climatique.

L'équipe du centre horticole fait également attention à renouveler les essences pour privilégier les plus robustes. Parmi les arbustes, le néflier du Japon, ou encore le grenadier ont fait leur entrée dans la gamme du Centre horticole. Plus largement, cette démarche d'adaptation a permis, la suppression des traitements phytosanitaires en pleine terre, la fertilisation 100% organique, l'arrosage en goutte à goutte, ou encore le recyclage des déchets plastiques de production.

Les serres accueillent de multiplient essences @RB

"L'arbre est le meilleur climatiseur"

Après cette longue visite du site, Grégory Doucet s'est enthousiasmé devant ce laboratoire végétal. "Ici se prépare la ville de demain. Nous avons notre capacité propre à produire les strates qui, demain, nous permettront de mieux supporter les épisodes de fortes chaleurs. Il y a une nécessité de transformer la ville pour qu’elle soit vivable, et cela implique de planter plus d’arbres", avance l'élu avant de poursuivre : "L’arbre est le meilleur climatiseur. Nous devons changer de pratique, développer une nouvelle palette de végétaux, et aller chercher de nouvelles essences d’arbustes plus résistants."

L'élu écologiste s'est ensuite tourné vers l'avenir. "Nous allons continuer à débitumer. De nombreux projets vont voir le jour avec des montants d'investissements ambitieux pour poursuivre cet effort". Il cite notamment le parc des Balançoires à Gerland, mais aussi un projet qui ne verra sans doute jamais le jour : la requalification de la rive droite. Grégory Doucet a qualifié la décision de Véronique Sarselli de "catastrophe". Prévu par l'ancien président écologiste de la Métropole Bruno Bernard, ce projet devait ajouter "1 200 arbres, ainsi que trois hectares de nature en ville", selon le maire de Lyon. Ce dernier a d'ailleurs appelé l'actuelle présidente de la collectivité à revenir sur sa décision. "Tout le monde a le droit de changer d'avis", a-t-il déclaré.

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