Gérard Collomb à Lyon Capitale : "j’ai "creusé ma tombe" en modernisant Lyon"

Dans un entretien accordé à Lyon Capitale, Gérard Collomb revient, librement, sur les raisons de sa défaite aux municipales. Il cite notamment une transformation de la ville qui s’est retournée contre lui.

Un peu plus d’un an après les élections municipales et métropolitaines, Gérard Collomb revient, dans le dernier numéro de Lyon Capitale, sur les raisons de sa défaite. Il place ses 18 mois place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, en haut de la liste : “Quand j’étais ministre, des gens, qui ne me voulaient pas que du bien, expliquaient que j’avais les yeux toujours rivés sur Lyon. C’était évidemment faux. Pendant 18 mois, je n’ai même pas ouvert la presse lyonnaise car au ministère de l’Intérieur, les journées commençaient à 8 h et se finissaient à 23 h. Tous les dossiers étaient plus importants les uns que les autres et c’est à eux que je me consacrais entièrement. Quand je revenais le week-end, je passais du temps avec ma famille. Je n’étais pas dans les dossiers locaux. Mais la ville continuait à changer à une vitesse incroyable. Quand je suis parti à Paris, les chantiers venaient d’être lancés à Gerland, à la Confluence sur sa partie est. À mon retour, j’ai dû, d’une certaine manière, me réapproprier la ville. Et davantage le reste de l’agglomération. Puis comme je ne présidais plus la Métropole, je n’avais pas accès, comme avant, à toutes les informations”. Gérard Collomb pointe aussi son bilan au ministère de l’Intérieur comme un élément qui a pu jouer en sa défaveur : “J’ai effectivement pu payer ce que j’ai fait en matière de politique migratoire. Car quand vous êtes ministre de l’Intérieur, votre discours est forcément moins dans la bienveillance qu’au ministère de la Culture. Mais si vous ne réglez pas ces problèmes, qui le fera ?”

“Si la ville était restée repliée sur elle-même…”

Il met aussi et paradoxalement la victoire des écologistes à son crédit : “en France, on a donc quelquefois considéré que l’offre politique pour le changement climatique ne pouvait venir que des Verts. Ce vote correspondait aussi au rajeunissement et à l’internationalisation de notre agglomération. D’une certaine manière, j’ai “creusé ma tombe” en modernisant Lyon. Si la ville était restée repliée sur elle-même, comme elle avait pu l’être par le passé, je serais peut-être encore président de la Métropole”.

Dissidences

L’ancien maire de Lyon cite finalement assez peu les divisions internes qu’il avait pourtant pointées du doigt en mars 2020 : “Quand j’ai mis en place mon successeur à la Métropole, je savais que ce serait difficile d’en redevenir président parce qu’il n’y a pas une majorité assurée. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est la petite musique instillée à la Métropole dès que je suis arrivé à Paris “Gérard Collomb était autoritaire, on est plus dans le dialogue aujourd’hui”. Ce type de comportement peut certes faire partie de la nature humaine, mais quand vous confiez ce que vous avez de plus précieux, vous ne vous attendez pas à ce qu’on dise du mal de vous immédiatement après. Peut-être suis-je trop philanthrope”.

L'entretien complet de Gérard Collomb est à retrouver ci-dessous :

 

Gérard Collomb  : "J’aime que l’on m’aime"

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