Le domaine des Grands Montets renaît de ses cendres. Un chantier titanesque pour ces gares en bois et verre signées Renzo Piano : un défi extrême attendu pour 2027, pensé pour une exploitation quatre saisons.
Huit ans après l'incendie qui a détruit sa gare intermédiaire, le domaine des Grands Montets vit un moment charnière. Cet été, le site de Lognan (2 000 m) et la télécabine de Plan Joran restent exceptionnellement fermés. Il s'agit d'une étape nécessaire d'un chantier titanesque porté par la Compagnie du Mont-Blanc (CMB), exploitant du domaine. Un projet à 155 millions d'euros, présenté par Mathieu Dechavanne, son PDG, comme « la Notre-Dame de Chamonix ».
Pour concevoir les quatre nouvelles gares réparties entre 1 200 et 3 300 mètres d'altitude, la CMB a fait appel à l'atelier RPBW du célèbre italien Renzo Piano. Architecte du Centre Pompidou et de l’aéroport du Kansai à Osaka. Sa signature emblématique culminera au sommet, avec un cube de verre de 20 mètres de côté rappelant les cristaux de pyrite abondants sur le site. L'ensemble sera assemblé à partir d'un peu plus de 300 modules, formant une charpente métallique complexe appelée « la dentelle ».

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Un chantier d'altitude parmi les plus élevés d'Europe
L'ampleur du projet dépasse tout ce que la CMB a piloté jusqu'à présent. « Il est cinq ou six fois plus gros que le plus gros que nous avons conduit par le passé, tant en termes de montant que de complexité », souligne Olivier Vezinhet, directeur technique du groupe. À 3 300 mètres d'altitude, sur un terrain glaciaire, les défis logistiques et techniques s'accumulent. Pour acheminer les matériaux, la CMB a installé des blondins capables de porter 10 tonnes par rotation, doublés d'un téléphérique dédié au transport des 150 ouvriers mobilisés au pic du chantier.
Contrairement aux chantiers urbains classiques, la logistique de levage s'appuie fortement sur des hélicoptères et des câbles aériens, bien qu'une grue à montage par éléments ait été héliportée et assemblée sur place pour l'édification de la gare sommitale. Au sommet, 20 000 m³ de roches ont été décaissés. Le chantier mobilise également 40 entreprises régionales, jusqu'à la livraison finale. À terre, une galerie souterraine de 65 mètres a été percée pour relier la future gare sommitale au col des Grands Montets, apprécié des skieurs confirmés.

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Un pari de tourisme quatre saisons
Au-delà de la prouesse technique, la Compagnie du Mont-Blanc joue sur ce dossier une stratégie de plus long terme. Le domaine reconstruit sera accessible de neuf à dix mois par an, contre cinq auparavant, ouvrant la porte à un modèle de tourisme quatre saisons. Un enjeu stratégique alors qu'à Chamonix, la fréquentation est colossale avec des millions de visites annuelles sur les sites d'altitude. Ainsi, face au réchauffement climatique et à la diminution de l'enneigement naturel en basse altitude, l'exploitant historique cherche à réinventer son modèle économique, un défi de taille pour le secteur.
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