Suite à l'incendie survenu dans un bar de Crans-Montana le 1er janvier dernier, la Ville de Lyon annonce une série de mesures, visant à garantir la sécurité de ses établissements festifs.
Suite au tragique incendie, ayant entraîné la mort de 40 personnes dans un bar de Crans Montana (Suisse) le soir du nouvel an, la municipalité et l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) prennent des mesures pour éviter qu'un tel drame se produise à Lyon. "Comme à chaque fois qu'il y a ce type de tragédie, on en tire des leçons", débute le maire de Lyon, Grégory Doucet, aux côtés du président de l'UMIH du Rhône Thierry Fontaine, ce vendredi 9 janvier au matin.
Renforcement des contrôles, interdiction d'artifice... l'élu écologiste a annoncé une série de mesures pour que les professionnels puissent "garantir une sécurité totale" aux usagers fréquentant leurs établissements : "L'idée n'est pas de punir mais d'avoir une approche pédagogique, pour faire en sorte que chaque professionnel puisse se prendre en main", a tenu à rassurer Grégory Doucet.
Contrôles renforcés et fin des artifices
En ce sens, le maire de Lyon annonce "renforcer les contrôles pour les établissements qui ne font pas l'objet d'une obligation de contrôle à priori", c'est-à-dire, de contrôle avant leur première ouverture. L'objectif ? "Faire en sorte que ces établissements puissent tous être au courant de la réglementation", explique Grégory Doucet.
Par arrêté municipal, l'usage d'artifice type f1, à l'origine de l'incendie de Crans-Montana, sera désormais interdit dans tous les établissements. Enfin, l'élu s'engage à renforcer les contrôles auprès des établissements de catégorie 5, ne faisant actuellement pas l'objet de contrôles obligatoires : "La catégorie 5 représente les petits établissements qui ne disposent pas de sous-sol et qui ne "font pas danser"", précise le président de l'UMIH.
"Un glissement dangereux"
Car si Thierry Fontaine tient à rassurer, en affirmant que les niveaux de sécurité des établissements rhodaniens sont "excellents", certains manquent parfois à la loi, faute de connaissances : "Nous avons des bars qui font danser une fois ou deux, pour un anniversaire ou une fête, et petit à petit il y a un glissement, et malheureusement ce glissement peut-être dangereux", affirme le président de l'UMIH. Il explique : "Danser peut paraître anodin, mais les établissements qui "font danser" ont des routines spéciales pensées par des prévisionnistes et des pompiers. "
Obligatoire à tous les bars, restaurants et hôtels qui "font danser" (catégories 1, 2, 3 et 4), cette routine comprend, l'arrêt total de la musique, l'allumage des lumières et l'activation d'un message d'évacuation en cas d'incendie : "Cette routine permet aux usagers d'avoir le temps d'évacuer", souligne Thierry Fontaine, avant d'ajouter : "Quand on est plongé dans le noir, avec de la musique, comme à Crans-Montana, on met du temps à comprendre ce qu'il se passe, on est déconnecté."
Une centaine de contrôles à venir
Si une formation du personnel est également nécessaire pour évacuer les fêtards en cas de problèmes, certains dérogent à la règle, faute de moyens : "Cette formation est coûteuse et c'est pourquoi nous avons demandé à Akto (opérateur de compétence) de la financer, pour que chacun puisse la passer", indique le président de l'UMIH.
L'adjoint au maire délégué à la Sécurité, Mohamed Chihi, indique qu'une centaine de contrôles seront effectués dans les prochaines semaines. Ceux-ci viendront s'additionner aux 630 visites d'ores et déjà effectuées chaque année dans la ville de Lyon. A noter que 72 établissements avaient été épinglés sur l'année 2025.
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