A quelques jours seulement du premier tour des municipales 2026, Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas ont rendez-vous ce mardi soir pour la première fois au cours d'un débat télévisuel organisé par nos confrères de BFM.
Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet se retrouve mardi pour la première fois face à son principal rival Jean-Michel Aulas, et aux candidats RN et LFI, pour un débat télévisé qui relance une campagne occultée par la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque.
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L'ancien patron de l'Olympique Lyonnais, soutenu par la droite et le centre-droit, fait figure de grand favori dans la course à la mairie de la troisième ville de France, avec 43% des intentions de vote au premier tour et une large victoire au second, selon un sondage Elabe publié lundi. Mais à 76 ans, l'homme d'affaires, novice en politique, ne s'est encore jamais livré à l'exercice du contradictoire et est celui qui a le plus à perdre à ce débat, prévu à partir de 21h sur le plateau de BFMTV.
Doucet "très content" de la tenu du débat
"Il a préparé sérieusement l'exercice car toutes les occasions de parler directement aux Lyonnais sont précieuses", souligne son entourage. "On a souvent beaucoup d'approximations, peu de maîtrise des sujets" de sa part, tacle pourtant Grégory Doucet, 52 ans, qui réclamait un tel débat depuis plusieurs semaines et dit à l'AFP être "très content qu'il ait enfin lieu".
Le maire sortant, élu à la faveur de la vague verte de 2020 et qui accuse un retard de 14 points dans la dernière enquête d'opinion, pourrait, pour sa part, être mis en difficulté sur sa stratégie d'alliance avec LFI au second tour.
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Depuis le décès de Quentin Deranque, battu à mort à Lyon le 12 février par des militants d'ultragauche, de nombreuses voix, du RN jusqu'à une partie des socialistes, appellent à isoler totalement les Insoumis. Jean-Michel Aulas a ainsi fustigé "ceux qui n'excluent aucune alliance électorale pour remporter quelques sièges".
Grégory Doucet, qui aura besoin de toutes les voix de la gauche, a joué la montre jusqu'ici. "Viendra le temps où nous pourrons tirer les conclusions sur la base de ce que la justice nous dira", a-t-il dit lors d'un meeting la semaine dernière, tout en refusant "l'amalgame systématique".
Réunion à l'Élysée
Même si elle dénonce aussi les amalgames, la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi sera sans doute interrogée sur les liens de LFI avec la Jeune Garde antifasciste, un groupe fondé en 2018 à Lyon et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences contre Quentin Deranque.
"Personne ne devrait mourir pour ses idées", a-t-elle redit à l'AFP en amont du débat. "Mais je resterai une militante antifasciste", a ajouté la députée qui, selon les sondages, flirte avec la barre de 10% des suffrages nécessaires pour se maintenir au second tour.
Bien qu'elle ait reçu des menaces ces derniers jours, elle a précisé à l'AFP qu'elle maintenait un meeting jeudi avec le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon. Dernier invité sur le plateau : le candidat UDR, soutenu par le RN, Alexandre Dupalais, pour l'instant crédité de moins de 10% des intentions de vote. D'autres prétendants, comme le centriste et ancien maire Georges Képénekian et plusieurs candidats de gauche ou d'extrême gauche, ne seront pas présents.
A l'Élysée aussi, la question des groupes violents sera au menu d'une réunion initiée par Emmanuel Macron après le décès de Quentin Deranque. Le président a convoqué le gouvernement à 10h pour "faire un point complet sur les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques".
Sur le plateau, les candidats échangeront aussi sur leurs programmes. Sécurité, transports, logement : ils ont déjà égrené des propositions dont certaines, comme un projet de tunnel de 8 km sous la colline de Fourvière porté par Jean-Michel Aulas, ont suscité de nombreuses interrogations sur leur financement.
