Bruno Bernard Fanny Dubot Renaud Payre
Le groupe écologiste a dressé un premier bilan devant la presse ce vendredi 19 juin.

Après "100 jours d'immobilisme" les écologistes dressent le bilan des premiers mois du nouvel exécutif à la Métropole de Lyon

Un peu moins de trois mois après les élections métropolitaines de Lyon, le groupe écologiste dénonce "l'immobilisme" du nouvel exécutif présidé par Véronique Sarselli.

Après un long silence, précédant la défaite des écologistes aux élections métropolitaines, l'ancien président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard a convié la presse ce vendredi 19 juin. 100 jours après l'élection de son adversaire de droite, Véronique Sarselli, l'écologiste a dressé le bilan de ce début de mandat, aux côtés de Fanny Dubot et de Renaud Payre.

L'occasion, notamment, de répondre aux pics lancés par le nouvel exécutif métropolitain concernant leurs prédécesseurs : "Nous avons le sentiment que depuis 100 jours, nous sommes dans une sorte de prolongement de la campagne électorale avec beaucoup de sorties publiques qui visent à critiquer les actions des écologistes", souligne Fanny Dubot, élue écologiste de la circonscription Lyon-Sud et maire du 7e arrondissement. Alors que les sorties publiques, sans réelles annonces se multiplient, Bruno Bernard appelle par ailleurs à plus de sérieux : "Ce serait bien que cette collectivité soit gérée et que les sujets très nombreux soient traités."

"On ne fait pas une politique en défaisant seulement ce qu'a fait l'exécutif précédent"

Le groupe écologiste pointe justement du doigt cet "immobilisme" du nouvel exécutif, en place depuis maintenant trois mois : "100 jours pour marquer la rupture, ça semble finalement être le seul élément à relever", ironise Renaud Payre, élu écologiste de la circonscription Lyon-Sud. Sécurité, hébergement d'urgence, logements étudiants... Les secteurs dans le besoin sont pourtant nombreux : "nous avons de grandes inquiétudes sur l'absence de réponses, notamment concernant le logement d'urgence. Sur ce plan là nous ne savons rien et les associations ne savent rien", alerte encore l'élu.

"Le sentiment que nous avons, c'est que la métropole est absente des sujets du quotidien des grands Lyonnais", ajoute Fanny Dubot. Elle poursuit : "L'exécutif parle beaucoup de sécurité mais dans les faits on ne voit rien venir, alors que depuis le début du mandat il y a beaucoup de sujets, notamment liés au narcotrafic." Même constat pour la vague de chaleur touchant actuellement la Métropole : "Aucune annonce n'est faite par la Métropole, mais par contre elle s'engage contre la création d'un lieu de baignade urbain dans la Darse de Confluence", s'agace Fanny Dubot, avant d'ajouter : "On ne fait pas une politique en défaisant seulement ce qu'a fait l'exécutif précédent".

"Il faut rester exemplaire dans la gestion de cette métropole"

Lors du prochain conseil métropolitain qui se tiendra lundi 22 juin, les élus devront voter le CFU (compte financier unique). Le nouvelle présidente de la Métropole de Lyon devrait alors dévoiler un audit indépendant des finances de la collectivité, visant à identifier d'éventuels gaspillages, doublons ou dettes cachées. Un audit que le groupe écologiste regrette de ne pas avoir consulté en amont : "nous avions posé des questions très simples : comment avait été choisi le prestataire ? Quel était la mission qui lui était demandée ? Et combien ça coûtait ? Nous n'avons eu de réponses à aucune question", déplore Bruno Bernard.

De son côté, l'ancien président de la Métropole défend son mandat. Les chiffres révèlent 139 millions d'euros d'excédent du CFU sur l'année 2025 et une diminution de la dette de près de 40 millions d'euros depuis 2020, et ce, "alors que les investissements ont été plus importants lors de ce mandat que lors du précédent", se félicité l'ancien élu. Il explique ces chiffres par des "dépenses maîtrisées" et des "efforts", notamment demandés aux services. "C'est pour ça que je pense qu'il faut rester exemplaire dans la gestion de cette métropole", indique-t-il, pointant les nouveaux avantages donnés à la direction générale, tels que des voitures de fonction : "C'est vraiment un message contre productif par rapport à tous ces efforts qui ont été fait", poursuit-il.

Pas de métro E, ni de méga-tunnel ?

Selon le groupe écologiste, la délibération mobilité, qui sera votée lundi, lors du conseil métropolitain, n'intègrerais ni le méga-tunnel, ni le métro E : "Ils ont arrêté le TEOL en faisant croire qu'il y aura un métro E (...) Si le métro E n'est pas installé il n'y aura pas de lignes fortes sur le territoire de l'Ouest lyonnais", explique Bruno Bernard. Cette délibération n'intégrerais pas non plus d'objectifs sur la baisse de la pollution, ni sur la sécurité routière : "Il y a beaucoup d'impensés dans ces politiques", souligne-t-il encore.

Le groupe écologiste demande ainsi au nouvel exécutif métropolitain, de poser ses objectifs : "C'est quoi leur vision en 2040 ? C'est quoi la part qu'ils veulent donner à la voiture, aux piétons, aux transports en commun ? Il faut le poser sinon nous ne pouvons pas faire de politique", termine l'ancien élu.

Lire aussi : Métropole de Lyon : Véronique Sarselli taclée sur ses premières mesures budgétaires

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut