Damien Abad a été nommé ministre des solidarités dans le nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne, malgré un signalement pour viol. © Tim Douet

Ain : le nouveau ministre Damien Abad accusé de deux viols dans une enquête de Médiapart

Près de Lyon, le nouveau ministre des solidarités, le député de l'Ain Damien Abad, fait l'objet de deux accusations de viols, selon les informations révélées par Médiapart.

Le site d'investigation Médiapart révèle que Damien Abad a été nommé ministre des solidarités, malgré un signalement pour des faits présumés de viols. L'ancien chef de file des députés Les Républicains est accusé par deux femmes pour des faits remontant à 2010 et 2011. Dans l'un des deux cas, une plainte a été déposée mais finalement classée sans suite. Le parti LR et La République en marche ont été alertés de ces faits en début de semaine par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, soit avant sa nomination dans le gouvernement d'Élisabeth Borne. L'élu, lui, nie en bloc toutes les accusations.

Deux accusations

Selon Mediapart, Damien Abad fait l'objet de deux accusations pour viols. La première remonte à des faits qui se seraient produits à l'automne 2010. Une femme accuse l'homme politique, qu'elle connaissait par des amis communs et avec qui un échange de sms était engagé depuis plusieurs mois, de l'avoir droguée puis violée. Évoquant un black-out après un verre de champagne, elle se serait réveillée le lendemain dans une chambre d'hôtel, en sous-vêtements, à côté du député, avec un sentiment de dégoût. Aucune plainte n'a été déposée dans le cas de cette femme, qui a raconté son histoire tout récemment à l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Interrogé par Médiapart, Damien Abad nie totalement et indique qu'en raison de son handicap, il n'aurait pas pu porter cette femme.

L'enquête de Médiapart dévoile également une seconde affaire, pour laquelle une plainte a été déposée en 2017, lors de la campagne pour l'élection présidentielle. Les faits dénoncés remonteraient à début 2011. La victime, une militante politique, en contact depuis plusieurs mois avec Damien Abad, dénonce une relation sexuelle consentie au départ puis des pratiques auxquelles elle a dit expressément "non", ce dont Damien Abad n'aurait pas tenu compte. Entendu par les enquêteurs, l'élu a nié toute contrainte physique ou morale, affirmant alors avoir toujours eu des relations dans un contexte de consentement. L'enquête a été classée sans suite faute d'une infraction suffisamment caractérisée.

Et maintenant ?

Outre ces deux accusations, il est fait état dans l'article de Médiapart de plusieurs comportements déplacés du député envers des femmes, ce dont le parti LR était au courant (l'enquête est à retrouver dans son intégralité sur le site de Médiapart). France Info confirme ce matin que l'Observatoire - qui a été créé en février dernier par des militantes initiatrices du mouvement #MeTooPolitique - a effectué un signalement lundi 16 mai, au moment où le témoignage de l'une des deux femmes a été porté à leur connaissance. Les partis politiques concernés, LR et LREM, affirment ne pas avoir pris connaissance avant ce week-end du signalement de l'Observatoire. Matignon n'a pas non plus donné suite aux questions envoyées par nos confrères.

Les commentaires sont fermés

Suivez-nous
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut