Accusés en fuite, le procès d’un braquage à 40 millions d’euros reporté à Lyon

Trois des six accusés ne s’étant pas présentés ce lundi matin à la cour d’assises de Lyon, le procès du juteux braquage d’un fourgon blindé en Suisse en 2017 est reporté pour la seconde fois. Un mandat d’arrêt a été émis contre les fuyards. 

Coup de théâtre ce lundi matin à la cour d’assises du Rhône. Le procès très attendu d’un braquage de fourgon blindé survenu en 2017 en Suisse a été suspendu et décalé à une date ultérieure. Cinq ans après les événements particulièrement spectaculaires, le procès est reporté pour la seconde fois après un premier report en 2021 en raison du covid. 

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Trois fuyards

Cette fois, le président de la cour, Eric Chalbos, a estimé que le renvoi sine die s'imposait "pour une bonne administration de la justice", rapporte l’AFP. Considérant que les absents sont "délibérément en fuite", la cour a émis un mandat d'arrêt contre les trois accusés, qui faisaient l'objet d'un contrôle judiciaire comme les autres accusés présents à l'audience.

Une décision que n’a que peu goûté le procureur général Eric Mazaud qui s'est opposé au renvoi, insistant sur le fait que les absents n'avaient "aucune excuse légitime". Et de poursuivre, "il faut que la justice passe, qu'elle commence à passer, pour des faits qui relèvent de la grande criminalité organisée", alors que les braqueurs avaient dérobé, le temps de quelques heures, 40 millions d’euros. Pour les avocats, le respect du contradictoire et l'impossibilité de disjoindre les cas des différents accusés devaient imposer le renvoi. 

Interpellés en flagrant délit

Pour mémoire, les six hommes arrêté en Haute-Savoie peu après le braquage, sont accusés d’avoir intercepté un fourgon de la société Loomis sur une bretelle d’autoroute entre Genève et Lausanne, à l’aide de fusils d’assaut et en utilisant pour certains des brassards de police et des véhicules équipés de gyrophares. Ils avaient ensuite ligoté et chargé les deux convoyeurs dans les coffres de leur voiture avant de prendre la fuite en France, via l’Ain. C’est là, près de Divonne-les-Bains, qu’ils avaient abandonné les convoyeurs et brûlé le fourgon avant de se réfugier près d’Annecy. 

Leur interpellation rapide et en flagrant délit par la brigade de recherche et d’intervention avait été rendue possible par de longs mois de surveillance qui avaient permis aux enquêteurs de repérer des véhicules volés et d’identifier une villa pouvant servir de base de repli près d’Annecy. C’est d’ailleurs là que la bande avait été épinglée.

Vol, enlèvement, séquestration 

La plupart des mis en examen avaient reconnu leur présence sur les lieux du braquage tout en cherchant à minimiser leur participation. Deux accusés ont effectué jusqu'à quatre ans de détention provisoire dans le cadre de ce dossier. Ils ont été libérés après l'expiration des délais maximaux de détention. 

Poursuivis pour "vol en bande organisée avec arme", "enlèvement et séquestration", certains accusés encourent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle, la peine maximale, quand d’autres, en état de récidive, font face à la réclusion criminelle à perpétuité.

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