Un an après la mise au jour de la porte antique de Lugdunum et d’une portion de voie romaine au cimetière de Loyasse, sur la colline de Fourvière (Lyon 5e), l'avenir du site reste flou.
En avril 2025, les archéologues de la Ville de Lyon annonçaient une découverte majeure. Une entrée de la cité antique de Lugdunum et une section de la "voie de l’Océan", qui reliait la capitale de la Gaule lyonnaise à la Manche durant l'antiquité.
Cette voie, longtemps connue par les chercheurs grâce à des textes antiques, n'avait jamais encore pu être admirée grace aux fouilles. Elle avait été construite pendant le règne d'Auguste, au 1er siècle avant J-C, pour faciliter les déplacements des troupes, le commerce et les échanges entre le centre de la Gaule et les régions du nord, mais aussi avec la Bretagne (l’actuelle Angleterre). Parce qu'il faut aussi souligner que Lyon n'a jamais été la "capitale des Gaules", mais plutôt une ville stratégique pour le commerce.

Les éléments découverts l'an passé avaient donc été renfouis afin d’en garantir la conservation, dans l’attente d’un éventuel projet de valorisation de la part des élus écologistes. "Ce sera aussi un choix financier que les élus devront faire, probablement au prochain mandat", nous avait confié Sophie François, directrice du service archéologique de la Ville de Lyon, le 16 avril 2025.
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Aucun projet acté à ce stade par la municipalité
Contacté par nos soins mardi 14 avril, le service archéologique de la Ville de Lyon indique qu’aucune avancée concrète n’est à signaler à ce jour. "S’il venait à y avoir un projet, ce ne serait pas avant quelques années", précise-t-il, soulignant que ce type d’aménagement nécessite un budget important. Pour l’heure, aucune orientation n’a été donnée par les élus concernant l’avenir du site.
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Un rapport toujours en cours de rédaction
Autre étape clé encore en suspens, la finalisation du rapport archéologique. Celui-ci est actuellement en cours de rédaction et n’a pas encore été transmis à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les équipes disposent d’un délai de deux ans après la découverte pour remettre ce document. Une étape obligatoire selon le Code du patrimoine.
La Ville de Lyon a tout à gagner
Un an après l’annonce de cette découverte exceptionnelle, l’entrée antique de Lugdunum devra donc encore patienter avant d’éventuellement se dévoiler au grand public, pour le plus grand regret des Rhodaniens et des touristes. Car il faut bien comprendre qu'il y a plusieurs enjeux derrière ce bijou patrimonial.
Outre les intérêts scientifiques et historiques, la Ville a tout a gagné en exposant au grand public cette découverte. Même si le budget devait être conséquent, les Lyonnais seraient certainement prêts à l’accepter, eux qui sont si attachés au patrimoine et à l'identité de la ville. En témoigne l'oeuvre Tissage urbain installée en 2025 de la place Bellecour, qui avait provoqué la colère de certains habitants attachés à ce lieu emblématique.

Liliane Daligand, professeure émérite de médecine légale
"S’il venait à y avoir un projet, ce ne serait pas avant quelques années" Il est vrai que les voies lyonnaises mêmes sans TDF, sont plus politiquement rentables que les voies gallo-romaines !