voeu des échevins
Le Voeu des Échevins de Lyon. Ici, le Cardinal Barbarin lors de la bénédiction de la ville.

Collomb défend le vœu des échevins comme “marque de l’esprit de Lyon”

Vertement critiqué par une association pour sa participation au vœu des échevins, le maire de Lyon a condamné “une conception étroite de la laïcité”, à l’issue d’une cérémonie où le tout-Lyon politique et entrepreneurial s’est pressé.

Il est un peu plus de 19h, ce jeudi 8 septembre, quand, du balcon de la basilique dominant la ville, le cardinal Barbarin bénit Lyon, avec les plus grands égards du clergé et des élus lyonnais.

Accusé par une association proche de la gauche de "remettre en cause la séparation des Eglises et de l'Etat" en participant à cette cérémonie, le maire de Lyon a tenu à répondre très solennellement, devant les préfets locaux, le gouverneur militaire, de nombreux élus lyonnais de tous bords et des chefs d'entreprise, à l'instar d'Olivier Ginon ou d'Alain Mérieux, à "un reproche qui revient de manière récurrente".

Alors, pas laïc, le vœu des échevins ? "J'invite tous ceux qui s'interrogent sur la place des religions et sur la laïcité dans la société à relire Aristide Briand. Cette loi [de 1905, dont le rapporteur a été le républicain-socialiste Aristide Briand, NdlR] n'est pas une loi contre les religions mais [une loi] qui doit permettre à chacune et à chacun d'exercer la religion de son choix, ou d'en exercer aucune."

Le maire de Lyon a "aggravé (son) cas" en citant plusieurs passages de l'homélie prononcée par l'archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, lors de l'hommage au père Jacques Hamel, égorgé par deux djihadistes en pleine messe en juillet dernier : "Quand une société est démunie d’un projet collectif, à la fois digne de mobiliser les énergies communes et capable de motiver des renoncements particuliers pour servir une cause et arracher chacun à ses intérêts propres, elle se réduit à un consortium d’intérêts dans lequel chaque faction vient faire prévaloir ses appétits et ses ambitions."

“Une conception très idéologique”

"Je vois bien tout ce qui peut diviser ou fragmenter une société, a repris Gérard Collomb. Ici, à Lyon, pour nous la confluence n'est pas ce lieu seulement géographique mais aussi symbolique : la confluence des cultures, des idées, des spiritualités. C'est cela que marque l'esprit de Lyon."

Et d'enfoncer le clou en accusant ses détracteurs d'entretenir "une conception étroite de la laïcité", un discours très applaudi aussi bien à gauche qu'à droite.

Pour David Kimelfeld, maire du 4e arrondissement et "dauphin" officiel de Collomb (si ce dernier remporte la métropole de Lyon), "avec ces gens, on n'a pas la même conception de la laïcité. Je ne suis pas catholique mais [le vœu des échevins] est une histoire forte dans la ville de Lyon. Pour autant, cela ne remet pas en question la laïcité. Ce n'est pas contradictoire." Et d'ajouter que "le maire de Lyon assiste aussi cette année à la rupture du jeûne chez les musulmans".

Même son de cloche du côté de Denis Broliquier, le maire du 2e arrondissement : "C'est extrêmement idéologique, c'est une vision étroite de la laïcité qui ne tient pas compte de la réalité de la société. Il ne s'agit pas de soumission du pouvoir politique au pouvoir religieux comme ils le soutiennent, c'est une co-construction du respect mutuel. Le vœu des échevins est plus qu'une tradition, cela a une signification profonde qui marque le respect dans cette ville faite de religions différentes et d'un humanisme laïc."

Croisé sur le parvis de la basilique de Fourvière, Me André Soulier, avocat du cardinal Barbarin : "Peut-on dire qu'Edouard Herriot (en envoyant son adjoint remettre l'écu d'or au clergé en échange de la bénédiction de la ville) était adversaire de la République ? C'est une querelle inutile. D'autant que le cardinal Barbarin est un tenant du dialogue interreligieux, en avertissant que ce qui est intransgressible c'est justement la séparation de l'Eglise et de l'Etat."

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