Pourtant diminué en défense, l'OL s'est imposé mardi soir à Liverpool 2 buts à 1.
Le défi s’annonçait immense. Après deux succès inauguraux contre la Fiorentina (1-0) et à Debrecen (4-0), l’OL avait rendez vous avec son histoire. En déplacement à Liverpool, et dans son mythique stade d’Anfield, c’est une toute autre tâche qui attendait les joueurs olympiens. Liverpool et ses cinq titres européens, Liverpool et son stade mythique, Liverpool et les chants de ses supporters, Liverpool et son capitaine emblématique Steven Gerrard. Une véritable montagne à soulever pour les Gones. Cependant, Liverpool reste sur trois défaites consécutives et semble moins performant que les années précédentes.
Au coup d’envoi, tous les espoirs sont donc permis pour les Lyonnais. Claude Puel a choisi de s’appuyer sur un système ayant fait toutes ses preuves en Coupe d’Europe : le 4-3-3. Ainsi, outre la défense habituelle utilisée lors des derniers matchs, le trio Makoun-Källström-Pjanic est aligné au milieu de terrain. En attaque, Govou et Ederson sur les ailes encadrent Lisandro seul en pointe. Dès les premières minutes, les Gones montrent de très bonnes dispositions et ne sont nullement impressionnés par la grandeur de l’équipe locale. Ainsi, sur un centre millimétré de Cissokho, Lisandro reprend le ballon de la tête au deuxième poteau. Le portier des Reds, Reina, effectue un bel arrêt. Liverpool revient dans la rencontre et un but de Kuyt est refusé aux Anglais pour une poussette sur Toulalan. Mais les Rhodaniens sont bien en place, se trouvent particulièrement facilement sur le terrain et opposent une résistance efficace aux Reds.
Surtout que les ennuis s’accumulent pour Liverpool. Après le forfait de Torres, le capitaine emblématique du club Steven Gerrard est contraint de quitter le terrain, blessé. Mais paradoxalement, l’entrée de Fabio Aurelio à sa place va changer la physionomie du match. De plus, quelques minutes plus tard, suite à un choc avec Kuyt, Cris est touché à la tête et semble avoir quelque peu perdu ses esprits. Il revient finalement sur la pelouse mais reste très diminué. Contre le cours du match, les hôtes ouvrent le score à la 40ème minute.
Gonalons, ce héros !
Sur un centre de Fabio Aurelio, Cris se mélange les pinceaux. Le ballon revient sur Benayoun. Ce dernier fusille Lloris à bout portant. S’en suit une période de grande domination des Reds. Les offensives se multiplient sur les buts lyonnais et Lloris sauve son équipe d’un arrêt magnifique sur une tête du fameux Fabio Aurelio. L’OL est passé près du K.O. Une nouvelle fois, Hugo Lloris est décisif. A la pause, l’OL est mené 1-0 et méritait sans doute mieux. Cris insuffisamment remis, doit laisser sa place. Et surprise, Claude Puel prend le pari de faire rentrer le jeune Maxime Gonalons en défense centrale aux côtés de Jérémy Toulalan. Et tous deux sont pourtant milieux défensifs. Liverpool revient sur le terrain avec les mêmes intentions qu’en fin de première période. L’OL recule et se montre très peu dangereux.
Progressivement, les rhodaniens reprennent du poil de la bête, sont plus percutants au milieu de terrain. Et comme un symbole, suite à un corner de Källström, le jeune Maxime Gonalons égalise d’un coup de tête salvateur. Suite à une multitude de frappes dans la surface, de Toulalan, puis de Makoun, Gonalons pousse le ballon au fond des filets à la 72ème minute. Les Lyonnais sont revenus de nulle part. Les Gones sont transfigurés et les Reds reculent progressivement. Et ce qui devait arriver arriva. A la 90ème minute, sur une action rondement menée par l’OL, Govou centre au cordeau à raz de terre. Gomis au premier poteau rate le ballon, mais pas Delgado qui tout fraichement rentré en jeu mystifie Reina. L’OL mène désormais 2-1 et ne sera pas rejoint.
Les 2600 supporters lyonnais qui ont fait le déplacement sont fous de joie, à juste titre. Le scénario est magnifique et l’exploit complètement mérité. Le coaching de Claude Puel, ayant fait le judicieux choix de faire rentrer le jeune Gonalons, puis Delgado, s’avère parfait. Malgré la relative faiblesse actuelle de l’équipe de Liverpool, il ne faut en aucun cas minimiser la victoire lyonnaise. Les Gones, ce mardi, sont allés chercher l’une de leurs plus belles victoires européennes, l’une des plus prestigieuses. Avec neuf points en trois matchs, ils sont désormais dans d’excellentes dispositions pour obtenir leur qualification. Cette équipe a de l’orgueil, du caractère, de l’avenir…
Anthony Faure
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