Place_peuple_Gambetta. Par Tramway et Bus Stephanois — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=55921593

Commerces : trois dimanches d’ouverture exceptionnelle à Saint-Étienne et Roanne

Par arrêté du 3 novembre, le préfet de la Loire autorise les commerces de détail des centres-villes de Saint-Étienne et de Roanne à ouvrir les dimanches 8, 15 et 22 novembre. Cette mesure d’urgence doit soulager des boutiques fragilisées par les semaines de mobilisation sociale, mais elle laisse certains commerçants sceptiques.

Le texte de la préfecture lève pour trois dimanches consécutifs l’obligation de repos dominical dans deux zones délimitées, sans distinction de secteur d’activité. À Saint-Étienne, le périmètre longe la voie ferrée à l’ouest et au nord, puis s’appuie à l’est sur les cours Fauriel et Gustave-Nadaud, la rue Pélissier et le boulevard Valbenoîte. Au sud, il suit les rues Alexandre-Pourcel et Rémy-Doutre. Il englobe Centre-Deux ainsi que la rue des Docteurs-Charcot, jusqu’à la place du Bicentenaire.

À Roanne, la zone part de la gare SNCF et rejoint la Loire par la levée du Renaison. Elle est bornée à l’est par la rue de Provence, au nord-ouest par les avenues Carnot et Gambetta. Seuls sont exclus les magasins soumis à un arrêté préfectoral de fermeture hebdomadaire le dimanche.

Une procédure d’urgence

En principe, une telle autorisation exige l’avis du conseil municipal, des chambres consulaires et des syndicats. Mais lorsque l’urgence est dûment justifiée et que la dérogation ne dépasse pas trois dimanches, ces consultations ne sont pas requises. C’est la voie retenue : l’arrêté juge les délais habituels incompatibles avec le "péril économique" invoqué.

Le texte fait suite à deux demandes déposées le 3 novembre, par la boutique Sucré salé à Saint-Étienne et par Jill MCB à Roanne. L’autorisation a ensuite été étendue à l’ensemble des commerces des zones concernées.

Le contexte est celui de la contestation contre la vie chère. Le 17 octobre, des pillages ont visé plusieurs enseignes du centre-ville stéphanois, dont SFR, Orange et Sephora. La Ville évoque près d’une centaine de commerces touchés. À Roanne, cinq cents personnes au moins avaient défilé ce jour-là. Le 31, la manifestation a été interdite dans l’hypercentre de Saint-Étienne, mais environ 2 000 personnes ont tout de même manifesté.

Volontariat et salaire doublé

Le travail dominical reposera exclusivement sur le volontariat. Chaque salarié devra donner son accord par écrit, et aucun refus ne peut entraîner sanction, licenciement ou mesure discriminatoire. Les volontaires auront droit, au minimum, à une rémunération doublée et à un repos compensateur équivalent au temps travaillé, sauf accord collectif plus favorable.

Côté commerçants, l’accueil est mitigé. Selon Tonic Radio, des professionnels stéphanois déplorent un manque de concertation et redoutent des frais supplémentaires sans garantie d’affluence.

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