Lycéens, étudiants, enseignants et membres de la fonction publique ont tenté de battre le pavé ce mardi 13 octobre à Lyon. Le cortège, parti de la place Guichard (3e arr.), a été dispersé par les forces de l’ordre avant son arrivée devant le CCVA de Villeurbanne après de nombreuses dégradations.
Ils étaient venus faire entendre leurs revendications. Ils n'auront finalement jamais atteint leur destination. Ce mardi 13 octobre, entre 11 000 et 15 000 manifestants ont défilé dans les rues de Lyon et de Villeurbanne, une semaine après une première mobilisation qui avait rassemblé 20 000 personnes.
Parti en fin de matinée, le cortège aura d’abord défilé dans une ambiance bon enfant, malgré de fortes revendications, mais n’aura finalement jamais atteint le CCVA de Villeurbanne. Les forces de l’ordre ont appelé à la dispersion peu après 13 h 30, après une série de dégradations, dont celle d'une station-service Esso sur le cours Tolstoï, rendant impossible l’avancée du cortège. Une décision exceptionnelle, mais rendue "nécessaire pour la protection des manifestants eux mêmes et la population" a justifié la préfecture du Rhône.
"On en a marre de ne pas être écouté"
Mais avant ces incidents, Juliette, lycéenne à Lyon, a d'abord crié sa colère : "On en a marre de ne pas être écoutés. Ça fait des mois que l’on dit qu'on n’a pas de moyens et on a l’impression que tout le monde s’en fiche sous prétexte qu’on est jeunes. La fin de l’année scolaire a été horrible, on mourait tous de chaud." Les étudiants étaient aussi présents en masse ce mardi matin, d’autant que trois établissements d'enseignement supérieur, l'ENS, l'INSA et l’IEP, étaient concernés par des rassemblements ou des blocages et que les universités Lyon 2 et Lyon 3 sont restées fermées.

Venue seule, une jeune femme explique se mobiliser pour dénoncer la suppression des APL pour les étudiants étrangers, mais aussi pour les plus jeunes. "Il y a un manque criant d’A.E.S.H. (accompagnant des élèves en situation de handicap) aujourd’hui. On ne peut pas prétendre défendre l’école pour tous alors que des élèves sont privés d’enseignement parce qu’on ne met pas assez d’argent. C’est un scandale", lance l’étudiante.

Premières tensions
Fanfare, slogans antifascistes, banderoles… Les manifestants ont progressé dans le calme jusqu’à l’intersection entre le cours Lafayette et la rue de la Villette. Aux alentours de 11 h 30, un premier groupe d’individus masqués et encagoulés a cassé la porte d’un immeuble, obligeant le service d’ordre à intervenir. Visées par des jets de projectiles, les forces de l’ordre ont ensuite fait usage de gaz lacrymogène, créant de légers mouvements de foule. La situation a ensuite dégénéré quelques centaines de mètres plus loin, après que la façade d’une Caisse d’Épargne et d’autres commerces ont été fracturés. Plusieurs feux de poubelles ont été allumés, mais rapidement éteints par les pompiers, chaleureusement applaudis par les autres manifestants pacifiques.
Plusieurs scènes de chaos ont suivi, le cortège étant obligé à plusieurs reprises de rebrousser chemin afin de se protéger des gaz lacrymogènes, utilisés à grand renfort. "Putain, mais c’est une manifestation pacifiste à la base. Ça va contredire nos revendications", a alors déploré un lycéen. Une grande partie des manifestants a finalement préféré quitter le cortège en cours de route. "Moi, j’ai dit : à la prochaine charge, je me casse. Je ne veux pas finir blessé", a-t-on pu encore entendre.
Grégory Doucet dénonce "des prises à partie intolérables"
Sur ses réseaux, le maire de Lyon Grégory Doucet a dénoncé "des prises à partie intolérables", après les dégradations survenues en marge de la manifestation, et remercie les policiers et pompiers "pour leur grande réactivité". Il ajoute : "Les manifestants ont le droit de s'exprimer sereinement sans craindre d'être associés à de quelques violences. J'appelle donc chacune et chacun à respecter cette mobilisation et ses revendications."
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Appel à la dispersion
Alors qu’ils progressaient de nouveau sur le cours Tolstoï, les manifestants ont été obligés de revenir sur leurs pas. Un groupe d'une centaine d'individus hostiles s'était attaqué à la station essence Esso, située juste après le Totem à Villeurbanne, nécessitant une nouvelle intervention des forces de l’ordre et l’usage de gaz lacrymogène. Toute avancée du cortège étant impossible en raison des "nombreuses dégradations", les services de l’État ont finalement ordonné la dispersion de la manifestation peu après 13 h 30. Si certains jeunes se sont d’abord montrés réticents à l’idée de quitter les lieux, ils n’ont opposé aucune résistance.
À l'issue de la journée, la préfecture du Rhône fait état de neuf interpellations, notamment pour "des tirs de mortiers, des incendies de poubelles, la détention de projectiles ou d’armes prohibées", ainsi que de cinq personnes blessées, dont quatre policiers et gendarmes. "Le préfet apporte son plein soutien aux blessés", indiquent les services de l'État. Au total, 7 caméras de la Ville de Lyon, six banques et deux commerces ont été dégradés.
Depuis le début du mouvement, le 29 septembre, 234 personnes ont été arrêtées dans le département. 66 individus ont été blessés, dont 7 personnels de l’éducation nationale et 54 membres des forces de l’ordre.

Cours Lafayette entre Thiers et Tolstoï, les banques ont "trinqués' : SG/Epargne/Mutuel/LCL Tout les DAB et vitres oint été fracturés !
Une belle démonstration que la violence ne mène nulle part.
Une manif formidable et joyeuse avant que certains agissent.