Une importante manifestation réunissant lycéens, étudiants et syndicats a rassemblé des dizaines de milliers de personnes ce mardi 6 octobre à Lyon. Partie de la place Bellecour, elle a rejoint la place Guichard, avant que des groupes encagoulés ne provoquent des affrontements avec les forces de l’ordre.
À l’appel de syndicats de l’Éducation nationale et d’organisations étudiantes et lycéennes, entre 20 000 personnes, selon la préfecture du Rhône, et 25 000 personnes se sont réunies ce mardi 6 octobre à Lyon dans le cadre de la grande mobilisation lycéenne partout en France. Parti aux alentours de 10h40 depuis la place Bellecour (2e arr.), le cortège a pris la direction de la place Guichard (3e arr.).
Dès le départ, les lycéens occupaient une place importante. Un groupe de jeunes musiciens a lancé les premiers chants depuis la place Bellecour, rapidement suivi par les étudiants et les représentants syndicaux.
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"On est à bout"
Dans les rangs du cortège, les revendications portaient sur les conditions de travail et d’étude ou encore l’orientation. "On est à bout. L’État ne nous considère pas. On veut avoir plus de moyens pour les lycées", témoigne Léna à Lyon Capitale. "On entend des camarades se plaindre de rats dans les salles de classe, c’est pas normal, on est en France." Ilyes, lui, dénonce les journées jugées trop longues, comme de nombreux autres lycéens de cette mobilisation. "On travaille trop. J’ai des amis qui se lèvent à 6h tous les matins, qui rentrent chez eux à 19h. C’est plus possible ça." Son ami Marwan ajoute : "On sait qu’on aura ces horaires dans le monde du travail, mais on sera payés au moins."

Autre sujet régulièrement revenu dans les échanges et sur les pancartes : Parcoursup. En terminale, Inès demande sa suppression. "Dès la seconde, on nous met une grosse pression sur notre orientation à cause de ça. Je suis en terminale et avec l’expérience qu’on a, on s’est bien rendu compte que Parcoursup était aléatoire et pouvait détruire notre avenir", explique-t-elle.

Les étudiants étaient également mobilisés. "On soutient les lycéens dans leur combat. Il y a plein de convergences entre ce qu’on défend à l’université et ce qu’ils défendent, notamment sur la question des postes. On est là aussi pour demander des moyens aux services publics", explique Hélène, membre de la CGT FERC Sup. Auriane, elle aussi membre de la CGT FERC Sup, réclame "des moyens à la hauteur des besoins dans l’enseignement supérieur". Les étudiants demandent également la suppression de Parcoursup et de Mon Master.
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Casseurs et manifestants se sont fait face
Alors que le cortège avançait dans Lyon, une autre ambiance s’est installée en tête de manifestation. Des groupes d’individus vêtus de noir et pour certains encagoulés se sont mêlés au cortège. Des banderoles portant les mentions "Moins de répression, plus de révolution" ou "autonomes antifa" ont été brandies, accompagnées de fumigènes noirs.

À plusieurs reprises, ces groupes ont tenté de provoquer des dégradations ou des affrontements. Arrivés place Gabriel-Péri, certains individus ont tenté de pénétrer dans un restaurant McDonald’s. Des habitants et des manifestants se sont interposés pour empêcher que la situation ne dégénère.
Plus loin, après le secteur Saxe-Gambetta, des individus se sont emparés de poubelles, de bouteilles en verre et d’autres projectiles avant de se diriger vers les forces de l’ordre. Là encore, certains manifestants se sont interposés pour leur faire comprendre qu’ils ne souhaitaient pas les voir provoquer des incidents au sein du cortège.
Malgré ces tensions, la manifestation a pu rejoindre la place Guichard un peu plus d’une heure après son départ. Plusieurs chants ont été entonnés et le cortège s’est dispersé dans une ambiance globalement plus calme.
Le rectorat visé par plusieurs individus
La situation s’est toutefois tendue après l’arrivée du cortège. Plusieurs centaines de personnes ont tenté de poursuivre la manifestation en direction du rectorat de l’académie de Lyon (7e arr.), alors que ce déplacement n’était pas autorisé. Des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre, qui ont utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les groupes. Des affrontements ont ensuite éclaté dans le 3e arrondissement, dans les secteurs Duguesclin et Mazenod.
Comme lors des mobilisations de la semaine précédente, plusieurs groupes ont tenté de contourner les forces de l’ordre pour les prendre à partie. Des feux sauvages ont également été allumés dans certaines rues. Le dispositif de sécurité a alors été renforcé, avec l’arrivée d’unités de gendarmerie en soutien des policiers déjà déployés. Au total, onze personnes ont été blessées, dont neuf policiers et gendarmes.

La journée aura ainsi donné lieu à deux séquences bien différentes : un important cortège lycéen, étudiant et syndical portant des revendications sur l’école et l’enseignement supérieur, puis des affrontements provoqués par des groupes extérieurs au cortège cherchant à s’en prendre aux forces de l’ordre.
Du jamais vu depuis 2023 ?
Selon la préfecture du Rhône, 20 000 personnes ont participé à la manifestation. Les syndicats avancent le chiffre de 25 000 participants, tandis que La France insoumise en revendique 30 000. Un tel cortège n’avait plus été observé à Lyon depuis le début de l’année 2023.

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